ACTE TROISIEME i
MARIA
Je veux dire que chaque trimestre est pour moi un remords.
PONT-GAUDIN
Voulez-vous toucher la pension en une seule fois'' Ce sera trois remords de gagnés.
MARIA
Je ne veux rien ! Je me dis : c'est l'argent d'un homme que j'ai trompé; c'est bien assez ((ue le divorce ait été prononcé contre lui, sans encore qull soit obligé de me donner des rentes.
PONT-GAUDIN
Mais ça ne me prive pas. J'ai cent cinquante mille francs de revenus et Je ne sais qu'en faire... depuis que nous sommes séparés.
MARIA
FiJdédc''^'''^ ^^"' ^°'''^^' '^"^ pension, mon cher
POXT-GAUDIN.
De quoi vivrez-vous?
MARIA
Je vendrai mes diamants.
PONT-GAUDIN
Soixante-mille francs.
MARIA
Cent cinquante mille.
POXT-GAUDIN.
fraict'°"'^'^''"^"^'' *"^ '^'"''^'■^ P°^' cent, six raille
MARIA
Cela me suffira.
PONT-GAUDIN
C'est la misère.
îil A R I A .
Dites l'expiation!... Adieu, mon cher Frédéric. Permettez-moi de vous donner ce nom une dernière fois.
PONT-GAUDIN
Mais une dernière, une avant-dernière, tant que vous voudrez.
MARIA
Je ne voudrais pas mourir sans avoir votre pardon.
PONT-GAUDIN
Vous voulez mourir?
MARIA
Pas tout de suite. Je dis que le jour où je mourrai, je serais heureuse d'avoir votre pardon.
PONT-GAUDIN
Pardon de quoi? Vous avez eu tort envers moi. Nous avons divorcé... nous sommes quittes.
MARIA
Merci, vous êtes bon.
PONT-GAUDIK.
Non! Je suis logique. Je regrette que deux personnes d'esin-it comme nous n'aient pas pu s'entendre mieux.
C'est que j'ai eu trop d'esprit.
PONT-GAUDIN
Et moi, pas assez peut-être 1
Allons, adieu!