ACTE PREMIER
Depuis deux ans que nous avons divorcé, elle vit ians la retraite la plus complète.
Vous étiez ce que l'on appelle familièrement un viveur ! Il n'était bruit dans Paris que de vos liaisons! En avez-vous fait des conquêtes! Mais les conquérants, ça finit toujours mal.
PAUL, se lère.
Et vous... vous ne finissez pas du tout.
MARIA, à part.
Comment avoir ce journal ? Oh ! quelle idée! (Haut.) Allons, venez me demander pardon, méchant I
PAUL
A la bonne heure !
Il s'approche d'elle pour l'embrassir. Il met les bras autour de soa cou. Elle pa^se vivement la main dans sa redingote et elle en tire le journal qu'elle voulait avoir.
MARIA, victorieuse.
Je le tiens !
PAUL
Maria! Maria!... Tant pis pour toi !
MARIA
Voyons ce que monsieur lisait avec tant d'intérêt.
(Elle ouvre le journal et cherche.) Boîte auX lettres. Paris, le 18 mars 1886. (Reparda la date du journal.) 19 mars
1886. (Avec déception.) C'est un vieux numéro.
PAUL
Oui, te voilà attrapée !
MARIA, continuant à chercher.
Tribunaux — Divorce Pont-Gandin. (Très naturelle.) Comment, c'est cel.j que tu me cachais? Pourquoi? Tu connais bien mon divorce ! Je te l'ai assez raconté! Pourquoi me cachais-tu ce journal?
iO MÉNAGES PARISIENS
PAUL
Par délicatesse !
MARIA
Non !... Tu as voulu savoir si je t'avais dit la vérité I Tu te méfiais !... La voilà, ta confiance !
PAUL
Je t'assure...
MARIA, lui donnant le journal.
Continuez votre enquête, continuez, je vous en prie.
PAUL
Merci, je ne veux pas lire!
MARIA
Et moi, j'exige que vous lisiez I
PAUL
Puisque vous l'exigez !...
Il s'assied et lit.
MARIA, à part.
Lis, mou bonhomme, ce n'e-jt pas là-dedans que tu trouveras ce que tu cherches, (oe la porte.) La voilà, ta confiance...
Elle sort. — Pont-Gaudin et Auguste entrent du fond.