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II a pour sujet dramatique la recherche, la poursuite, par l'amoureuse Hermia, de son Lysandre, qu'un charme a fait infidèle et fugitif. Ce sujet, on peut bien dire que la musique le remplit, que même elle le dépasse ou le délîorde. De la poursuite ardente, infatigable, elle figure d'abord le mouvement et la hâte. Mais elle ne traduit pas avec moins de force le sentiment qui l'anime et la précipite. Or, ce sentiment est l'amour, un amour dont certains aveux d'Hermia disent assez la violence. De là, dans la musique, cet élan, ce tumulte, ce transport. Mais cet amour est chaste, d'autres propos de la jeune fille l'attestent, et, pour cette raison, la musique n'a rien de sensuel. Ainsi la musique du Songe en cet entr'acte est à la fois celle du personnage ou de l'héroïne, et celle du musicien. Passionnée et sage, on ne saurait trop le répéter, Mendeissohn l'a faite à l'image de sa vie et à la ressemblance de son âme. Aussi bien c'est dans le même sentiment que finit son œuvre de prédilection. Le Songe cVune nuit d'été s'achève par la bénédiction nuptiale donnée à trois couples heureux. La musique de Mendeissohn était digne de s'y associer, et voilà pourquoi naguère un critique de nos amis n'a pas eu tort d'écrire : « Ecoutez la marche du Songe d'une nuit d'été', jeunes fiancés qu'elle conduit à
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Faulcl, et vous, (|irellcen ramène, jeunes iiiai'iés. Il sied à la musique de Mendelssohn d'accompagner les épousailles. Elle chante la passion, qui seule rend les amours parfaites, et la sagesse, qui fait seule durable l'amour ».
Plus encore, infiniment plus que la passion, la musique de Mendelssohn chante la joie. Elle ne la chante pas sans doute, comme fait la musique de Beethoven, en son mode profond, ou sublime, ou même un peu farouche, mais en ses modes légers et brillants. L'un des signes où se reconnaît le mieux le style, ou le discours, ou la langue musicale de Mendelssohn, c'est la volubilité. Une bonne partie — et non la moins bonne — de son œuvre, se (compose de mouvements vifs, de notes rapides et nombreuses. Ne les voyez-vous, ne les entendez-vous pas, cellesci, comme elles accourent par essaims, comme elles voltigent et bourdonnent, comme elles bondissent et rebondissent, comme elles dansent, comme elles pétillent et crépitent, au seul nom du musicien du So/tge (V une nuit (Vété.
Dans ce genre, dont Mendelssohn est le maître, que d'œuvres, autour de son chefd'œuvre, se pressent ! L'ouverture du Songe, on
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le sait, fat la fleur miraculeuse, ou magique, de ses dix-sept ans. Quelques mois auparavant, son Odette pour instruments à cordes venait de l'annoncer et de la promettre. Ecrite à l'occasion d'un anniversaire de famille, la composition avait pour sujet et pour épigraphe ces quatre vers de Goethe :
Wolkenflur und Xebelflor Erhellen sich von oben.
Luft ira Laub und Wind im Rohr Und ailes ist zerstoben ^
« Félix, dit Fanny dans son journal, m'a confié à moi seule ce qu'il a voulu exprimer dans cette dernière œuvre. Le morceau" se joue staccato et pianissimo. Les trémolos, les trilles, tout y est nouveau, étrange et néanmoins si élhéré, qu'il semble qu'un souffle léger vous élève dans le monde des esprits. On serait tenté soi-même d'enfourcher le manche à balai d'une sorcière, pour mieux suivre la troupe aérienne en son vol ».
Staccato, pianissimo ; sans nombre sont les pages de Mendelssohn qui pourraient porter cette double indication technique et qui, pour la
1. « Le vol des nuages et les brouillards de gaze s'éclairent d eu haut. Un souille à travers le ieuillage, un zéphir daas les roseaux et tout s évanouit. »