I. M. Romain Rolland
LE GÉNIE ET L'ŒUVRE i83
chefs d'oeuvre même contredisent, ou plutôt réduisent à néant. « Un des musiciens les plus descriptifs de TAUemagne », il ne « semble »
pas que Mendelssohn le soit; il Test en réalité, sans conteste. Wagner lui-même, injuste, injurieux à tant d'autres égards pour Mendelssohn, ne se contenta pas d'épargner en lui le musicien pittoresque : il Thonora. Il admirait, nous rapporte encore un de nos confrères, « le premier allegro et le scherzo de la symphonie Ecossaise^ « où les thèmes populaires employés par Tauteur sont développés de merveilleuse façon ». Le maître de Bayreuth, dans ses entretiens intimes, conservés par MM. Dannreuther et de Wolzogen, désigna maintes fois Mendelssohn comme « un paysagiste de premier ordre ». « Il déclarait la Grotte de Fingal un chef-d'œuvre. L'opinion qu'il avait de Mendelssohn s'appuyait principalement sur les œuvres dont l'Ecosse avait fourni le sujet* ».
Pour inspirer le musicien descriptif, il n'était pas besoin d'un paysage extraordinaire : un détail pittoresque, et le plus humble, y pouvait suffire. En revenant d'Ecosse, à vingt ans, Men-^ delssohn s'arrêta quelques semaines à la campagne, près de Holywell, chez un riche proprié-