I. M. Scrgy, op. cit
et la Vérité. Nous avons une conscience qui nou« rappelle au devoir chaque fois que nous sommes tentés de nous en écarter. Cette assurance, je la tiens ferme, et c'est elle qui constitue ma religion, mais telle que je Téprouve, je ne pouvais te l'inculquer.
<c Ce sont là les seuls enseignements que je puis te donner, mais leur vérité est démontrée depuis. que le monde existe. La forme sous laquelle a été présentée la religion est historique, sujette à des modifications comme Test toute formule humaine. Le judaïsme triomphait il y a quelques siècles. Plus tard, ce fut le paganisme. Aujourd'hui le christianisme est victorieux. Nous, tes parents, nous sommes nés et nous avons grandi dans la religion juive, et nous avons su rendre hommage à Dieu dans nos consciences en suivant les pratiques de nos pères. Nous vous avons élevés, toi, tes frères et ta sœur, dans la religion chrétienne, parce qu'elle répond aux besoins de la majorité des hommes et qu'elle renferme des préceptes d'obéissance, de charité, de résignation et d'amour. Jésus- Christ, son fondateur, dont trop peu de fidèles suivent l'exemple, les a tous mis en pratique. Tu as, par la profession de foi faite aujourd'hui, rempli l'obligation que la société chrétienne exige de toi pour t'accueillir comme l'un de ses
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membres. Écoute la voix de ta conscience, sois vraie et bonne, soumise à tes parents jusqu'à la mort, et tu goûteras la paix de Tâme, le meilleur bonheur qu'il nous soit donné de connaître ici-bas *. »
On ne saurait guère à quelle confession rapporter cette profession, dont la noblesse et Télévation morale n'ont d'égale que l'incertitude et l'imprécision religieuse. Une seule chose est hors de doute, c'est que le demi-chrétien qu'était cet honnête homme, fit de son fils bien-aimé, de Tauteiir de Paulus et d'Elie^ du Lauda Sion et du Lobgesang^ non seulement un honnête homme comme lui-même, mais un chrétien accompli.
Enfant presque aussi merveilleux qu'avait jadis été le petit Mozart, le petit Mendelssohn fut confié de bonne heure à des maîtres de tout genre, et choisis. Pour les lettres, c'était Heyse, le fameux philologue. Plus tard, Félix écouta les leçons de Hegel, peut-être sans beaucoup d'admiration, car il en garda surtout l'habitude, quand il voulait parler de sornettes ou de sottises, d'employer le mot hégéleries. Pour la musique, il fut l'élève de Klein, de Berger et de Zelter. C'est du second apparemment qu'il apprit le mieux ce que les Mendelssohn ou les