‹ Mendelssohn & ses quatuors à cordesChapitre 3 sur 5 · Le Choléra · texte numérisé non relu

Le Choléra

éveillera toujours en moi ces tristes souvenirs que ne pourront effacer ni le bruit, ni l’agitation, ni les plaisirs de la grande ville, ni la bienveillance que l’on m’y témoigne. Dieu veuille me préserver d’en recevoir de [tires encore et m’accorder la joie de me retrouver bientôt parmi vous! C’est là le principal. Plusieurs motifs m’ayant déterminé à prolonger mon séjour ici jusqu’à la mi-avril, j’ai repris l’idée de mon concert; je la mettrai à exécution si le choléra n'empêche pas toutes les réunions musicales ou autres. Je serai fixé à cet égard d’ici huit jours. Je crois cependant que tout ne tardera pas à reprendre son train accoutumé et que le Figaro aura eu raison. Dans un article intitulé: Enfoncé le choléra, ce journal prétend que Paris est le tombeau de toutes les réputations; que l’on y fait attention à rien; que l'on y baille devant Paganini (Il a cette fois très peu de succès); qu’on ne se détourne même pas dans la rue pour voir un Empereur ou un dey, et que le fléau y perdra ainsi sa mauvaise réputation >.»

En attribuant cette boutade à Mendelssohn, — qui Pavait tout simplement rapportée, — le biographe belge s’est, on le voit, sensiblement écarté de la vérité. . .

Voilà comme souvent les plus fausses légendes se créent, s’installent dans l’Histoire, s’implantent indestructiblement dans l’opinion !

Heureusement qu’à tout ce qui a été dit et écrit par les détracteurs de Mendelssohn pour abaisser son noble caractère, pour amoindrir,pour ternir sa gloire, on peut opposer les opinions émises à son sujet, — et c’est ce que nous allons faire,— par les hommes de haute valeur morale et artistique avec lesquels il fut intimement lié. — opinions citées dans maints et consciencieux travaux publiés sur le Maître, notamment dans ceux,— excellents entre tous, — dus à la plume d’un écrivain de grand talent: M. Félix Grenier.

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