‹ Mendiants et vagabonds (volume 2)Chapitre 16 sur 30 · MESURES PRÉVENTIVES · texte numérisé non relu

MESURES PRÉVENTIVES

dont le type le plus connu nous est fourni par l'atelier de l'Union d'assistance par le travail du VI° arrondissement, fondé en mai 1892. La société poursuit un but de relèvement et de placement et conserve ses assistés aussi longtemps qu'il est nécessaire pour arriver à les caser. Elle rémunère leur travail en bons de nourriture et de couchage qui doivent être utilisés dans des auberges avec lesquelles le gérant entretient des relations fréquentes. On assure ainsi un régime qui laisse aux assistés leur indépendance tout en permettant un contrôle discret de leur conduite ; on évite en même temps les dépenses considérables qu'entraîne à Paris la création d'un établissement complet.

Sur ces trois types principaux se sont créées des œuvres nombreuses, aussi bien à Paris qu'en province. Toutes sont reliées par un Comité central de propagande et d'action qui a son siège à Paris, 14, place Dauphine, et a puissamment contribué à la diffusion du mouvement que nous venons d'indiquer*. Chaque œuvre ayant son autonomie complète a pu modifier plus ou moins profondément les traits essentiels que nous avons indiqués. A côté de l'externat donnant du travail à domicile, comme M, Mamoz, M. Eugène Rostand a créé en 1891 à Marseille l'externat avec atelier, accueillant pour un nombre d'heures déterminé le porteur de bons remis par les adhérents*. Ce type est le plus répandu, parce qu'il est le plus facile à organiser et entraine le moins de risques pécuniaires. Il 'remplit

i. Le tableau d'ensemble exposé en 1900 par le Comité ceutral à la classe IIS de l'Eiposition Universelle contient l'énumêratlon de 61 œu- (res d'assiBlutce par le travail, dont S9 à Piiris el 33 dans tes départements. 11 reieie, en oaire, el groupes de jardins ouvriers qui conetltueut une Tormo spéciale d'asalslancepar le travail de ta terre. (Cf. Louis Rivière, lei Jardini auBriert en France et à rélranger, paris, 1890.)

3. Cf. DE Pdlligny, Aaiialaitce par le travail di Marseille. {Rélorme lociate, iS9i, tome I, p. 1T3 et 36S.)

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d'une manière efBcacele rôle de « pierre de touche d dont nous avons parlé, sans entraîner une assistance prolongée. Nous le trouvons à Paris dans les ateliers des II", YIII', XVI' et XVII' arrondissements, en province à Bordeaux, Rouen, le Havre, Amiens, Cannes, etc.

On trouve réunis les trois types de l'assistance par le travail dans l'Œuvre de l'Hospitalité du travail, avenue de Versailles. Nous avons déjà signalé le régime de l'internat, appliqué aux femmes sans asile qoi trouvent un emploi dans une blanchisserie modèle, en attendant le moment où elles pourront s'assurer une place au dehors. Depuis sept ans, la sœur Saint- Antoine a adjoint à cet atelier une œuvre de travail à domicile pour les mères de famille qu'on ne pourrait sans inconvénient éloigner de leur intérieur et séparer du mari et des enfants. C'est donc l'externat, type fondation Mamoz. Enfin l'externat contrôlé est appliqué à l'atelier de menuiserie constitué pour les hommes à l'aide d'un don généreux de M. le comte de Laubespin. Les salaires sont payés en argent; mais les ouvriers peuvent acheter des bons leur donnant droit soit à des repas pris au réfectoire, soit à une chambre dans l'hôtellerie ouverte pour eux, 7, rue Virginie, à quelques minutes de l'atelier. Le prix de la chambre est de Ofr. 35 par jour. On projette de compléter ce Home par la construction d'une salle où les pensionnaires pourront passer leurs soirées en commun, fumer, lire et écrire sans être obligés d'aller au cabaret.

Presque au même moment que l'œuvre privée de Lyon , la Ville de Paris organisait une entente entra l'hospitalité de nuit et l'assistance par le travail à bob' asile Nicolas-Flamel, rue du Château-des-Rentiers. Les deux tiers environ des hospitalisés sont oo( dans l'établissement et peuvent y séjourner ]

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d'août 1894, le conseil général décida de transformerle dépdt en une Maison départementale d'Assistance, et d'y rendre pratiques les distinctions prévues par les art. 270 et suivants du code pénal par la création de spéciaux pour les diverses catégories. La 1 retraite destinée aux vieillards contient nt 54 pour hommes et 28 poar femmes, diss deux quartiers entièrement séparés. Le uartier d'assistance par le travail a été ou- )7 avec 64 lits, 53 d'hommes et 8 de femmes, oyait, au début, tous les condamnés pour à l'expiration de leur peine. Après avoir ue les résultats obtenus étaient nuls pour le 1 nombre, le préfet a adopté le parti de ne Ire d'arrêté que pour les individus qui en demande, dans le but de se constituer un le trouver ensuite du travail. Comme preuve rolonté, on exige d'eux l'engagement de séndant un temps déterminé, sous peine de r pécule. En même temps qu'on restreignait )ntingent des libérés aux seuls dignes d'inaugmentait d'autant la place accordée aux s qui se présentent volontairement. Leur été de 179 en 1897, dont 128,, soit 71 p. 100, ibi une ou plusieurs condamnations. La les journées de présence a été de 84, et celle de sortie de 16 fr. 55. Eu 1901, le nombre : volontaires s'est élevé à 305, la moyenne ies de présence a été de 65 et celle du partie de 28 fr. 93. Le travail est surtout agri- ' les ouvriers des villes qui n'y sont pas a organisé deux ateliers restreints de pailchaussous. Des plact

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tion â ia sortie pour les inaiviaus qui donnent faction au directeur; c'est aussi un moyen d'augn le pécule , les journées au dehors étant mieux rétri que le travail intérieur. Un bureau de placemen tuit est annexé au dépôt. Les résultats obtenu! très satisfaisants et on ne peut que recommander organisation comme modèle aux départements reux d'organiser sérieusement chez eux la répn de la mendicité*.

V. — Le nombre relativement important dei Tailleurs admis à Courville sur leur demande, m bien quelle précieuse ressource des établissemei ce genre, s'ils étaient généralisés, offriraient an vriers sans travail et sans ressources, désireux pas encourir une condamnation. Ils seraient pa lièrement utiles à une catégorie de gens plus ex que d'autres à glisser du vagabondage dans di lits plus graves, nous voulons parler des déten bérés à l'expiration de leur peine. On ne saurait ' quelles sont les difficultés que présente la reeh d'un emploi pour ceux de ces malheureux qu désireux de se relever. Dans toutes les classes société s'élèvent les plus graves préventions ( les individus qui ont eu affaire à la justice. Ce m pas seulement les patrons qui repoussent les lil l'ostracisme vient autant et plus de l'ouvrier lui-E Celui qui a toujours marché droit dans la vie rep tout contact avec l'homme flétri par le séjour

1. Le prii d'acquisition de ia propriété » été de 36.B:» frani compris, et le monlanl des dépenses pour constructloDS, mobi terie, vêtements, elc, de 1E6.S(H Francs. Le pari mutuel a accoi Babveatloa de TD.OOO [rsncs au dpparlement pour celle créatloi

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rils au liudgei départemental pour 1901 ir la Réfonae tociale, 18B9, tome I*', p.

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iireusement à tout prisonnier libéré non urs >rangs, mais aussi, bien souvent, la liers.

de prison, le libéré emporte généraleiile, léger si la détention a été courte, and une peine plus grave a motivé l'enmaison centrale. Ce pécule devrait servir, e du législateur, à assurer des ressources iriode de recherche du travail ; mais trop lomme, privé de tout plaisir depuis des nées peut-être, est entraîné par des amis rs des lieux de débauche où tout est bien ; le lendemain, l'homme dégrisé se repavé, sans ressources, exposé aux tenrovoque la faim.

)S de patronage des libérés ont été créées e remédier à cette situation. Elles se prént tout du placement à la sortie et le I la prison, par les visites faites au déteur s'efforce de réunir tous les renseiitifs au métier, aux connaissances et aux chaque patronné, de manière à être à iseigner exactement ceux qui sont susi'employer; il fait comprendre à l'intéîsité du travail pour le mettre à l'abri de : lui indique les divers moyens de se pro- )loi

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de M. le docteur de U discussion q Id du *• Congre»

li p^ if «1 (l'aire, 1S9S, p. 1004.)

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toujours donner à l'alelier unique le caractè tance par le travail.

Nous retrouvons les mêmes préoccupalioi pays étrangers qui pratiquent le patronage magne, les libérés sont admis dans les ce vrières, nous l'avons vu. II en est de même où des colonies ont été fondées sur le mén et en Belgique, à la colonie ouvrière de He Bruxelles.

L'Union des bureaux de placement badois montré une très grande bienveillance à 1' sociétés de patronage des libérés, grâce personnelle de M. le conseiller supérieur préside les deux associations. Les sociétés l invitées à signaler aux bureaux les plus v les libérés à placer, quatre semaines au moin! sortie de prison, en fournissant une note I sur leurs profession, capacité, application au I Les bureaux de placement se réservent la les occuper pendant quelque temps à un tr tente, comme épreuve, avant de leur pr emploi de leur spécialité. Ce placement consiste, le plus souvent, en travail agricoU reste, actuellement une tendance générale i gne, de s'efforcer de rendre à la terre les gi à une extrême misère.

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Î98, l'atelier a débité 17.392 quintaux de

ordé 10.803 bons pour un lit et 38.652 re-

cements oDt été effectués.

jes institutions analogues à Hambourg

1, Essen, Goerlitz, Neisse,

Te, nous trouvons également un certain

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le font en Bel p. 100.)

Si nous paE nent la répres en présence à tives. Ici, la p< établissement mendicité ; si mendiant d'ha infirmes, incu d'existence e1 charité de leu poursuite. Pai diants valides du canton de nent « mendia

Si, au contr créé, la mend isolé, doit êtr six mois d'em] 463. EUe est

pour un tem[ glera d'après à remarquer c bien de l'oppo I.a loi n'a pas avait eu soin d

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firmes et vieillards, i administration l'or^ des maisons de travt sans occupation et ii Conseil supérieur d les conclusions du C ce qui touche la troi corrigibles. Pour eu constitue seule un i qu'il convient de leu gime de la séparatii du 5 juin 1875. '

La commission ini 26 mars 1887 en vue lation pénale s'occup du vagabondage. La prévoit, dans son art son de travail au noi berté. Une sous-coi laportionduprojetr* La sous-commissioD cette matière l'assis semblait difficile de tance dans un proje traiter simultanéme dans un projet de loi fiée à M. le professe

Ce projet très coi articles ; il est confo à celui de M. le prol analysé plus haut. I important : le nouve tion la faculté de su) temement dans une

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nement, mais il n'impose pas l'obligation de créer des établissements de ce genre.

Le 5' congrès pénitentiaire international, réuni à Paria en 1895, confirmait, après une discussion sérieuse, les principes désormais acquis, en adoptant, à une grande majorité, la résolution suivante :

1° La société a le droit de prendre dea mesures de préservation sociale, même coei'Cicivea, contre les mendiants et vagabonds. A ce droit correspond le devoir d'organiser, suivant une méthode rationnelle, l'assistance publii^iie, les secours privés et le patro-

2° Il y a lieu de traiter dilTéremmcnt les mendiants et vagabonds, suivant qu'il s'agit :

(a) d'indigents invalides ou infirmes;

(A) de mendiants ou vagabonds accidentels;

(c) de mendiants ou vagabonds professionilels.

Les premiers doivent être assistés tani qu'ils n'ont pas recouvréla force nécessaire pour retrouver des moyens d'existence.

Les seconds relèvent de l'assistance publique ou privée, et doivent être recueillis dans des refuges ou stations de secours, méthodiquement organisés, où le travail sera obligatoire.

Les derniers doivent Hre l'objet d'une répression sévère, de nature à empêcher la récidive.

3° La mesure la plus efficace contre les professionnels est l'internement prolongé, en vertu d'une décision judiciaire, dans des colonies spéciales de travail. Les internés devront être libérés dès que, soit par suite de leur amendement, soit par suite de chances de reclassement, leur détention ne paraîtra plus néces-

Le travail dans ces colonies doit être envisagé, non seulement comme moyen de répression, mais encore et surtout comme facteur de l'eclassement.

Comme ceux qui sont relatifs à l'assistance des vieillards, les divers projets que noua venons d'examiner attendent, depuis de longues années, leur tour de discussion devant les Chambres. A défaut de dîspoatives, il était naturel de se demander si

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