‹ Méningite otogène: à forme foudroyanteChapitre 11 sur 33 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(Inédite, due à l’obligeance de MM. ALBERTIN, Lannors et SARGNON).

B... J., 45 ans, militaire, entre le 19 avril 1915 à Desgenettes, pour fracture du crâne. Pendant une semaine environ, le blessé a une fièvre légère : @ = 38°. Ensuite, il redevient apyrétique et va très bien, mais il est totalement sourd des deux oreilles. Cependant, les tympans sont normaux : ni otite, ni rupture.

Le 17 mai, l’état général continue à être excellent.

Le 18, angine herpétique. Le soir, @ = 38°. Le len-

demain, plus de fièvre.

Le 0, au matin, @ = 37°6. Mais peu de temps après la malade vomit, le thermomètre monte à 4o°, la nuque devient raide, douloureuse, il y à du kernig et de la céphalée. Le tympan droit est normal et on fait une paracen-

tèse négative. Le tympan gauche est bombé : la paracen-

LU RACE tèse donne issue à une grande quantité de pus. Le soir, dehre 05978

Le 21, l’état s'aggrave : coma, nystagmius incessant, pupiles dilatées, @ = 40°5. MM. Albertin et Sargnon pratiquent une trépanation mastoïdienne et crânienne à gauche. Mastoïdite totale, en gâteau de miel. Très nombreuses cellules postérieures. Tout est plein de pus. Sinus superficiel très antérieur et très dilaté, qu'on ouvre au cours de l'intervention. Tamponnement qui permet d'achever l'opération. La dure-mère est tendue, sans battements. Une ponction lombaire pratiquée au début de l’opération avait fait sourdre un liquide jaunâtre, demi-louche, sans hypertension.

Le malade meurt dans l'après-midi.

Autopsie. — À l'ouverture du crâne, vascularisation veineuse très marquée de la dure-mère, au niveau de la fosse temporale, des deux côtés. Dure-mère du côté droit très adhérente à la pie-mère, avec plaques purulentes. Congestion veineuse du cerveau. Méningite purulente très intense le long des vaisseaux du lobe gauche, surtout au niveau de la région temporale. L'espace arachnoïdien droit est rempli d’un liquide ressemblant tout à fait à un hématome suppuré. Au niveau du bulbe, liquide purulent et hématique. Après décollement des méninges, on découvre la fracture. Celle-ci intéresse non seulement le rocher, mais encore l’étage postérieur, où elle revêt la forme d’une courbe sigmoïde convexe en dehors dans son segment antérieur, concave dans son segment postérieur. Elle parcourt ainsi tout le fond de la fosse cérébelleuse, depuis le bord postérieur du rocher, jusque vers le milieu de la face latérale gauche de l’oecipital. La fracture du rocher comporte un trait de fracture principal

longitudinal, au niveau de la scissure de Glaser, d’où se détache une fissure qui se branche obliquement sur lui, suivant un axe sagittal. Elle se perd en avant du trou auditif interne. À 3 ou 4 centimètres en dehors et en arrière du point d’origine de cette fissure, on voit sur l'os une coloration violacée : c’est un foyer d'ostéite.

La pyramide pétreuse est mobilisable dans son entier comme un large séquestre. La pointe est disjointe, et on retrouve à son niveau le raccordement entre le trait de fracture de l'étage postérieur et celui de l'étage moyen. Les coupes cérébrales et cérébelleuses ne présentent qu’un état congestif diffus.

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