III. — Méningites foudroyantes post-opératoires
Le traitement chirurgical de l’otorrhée chronique n'est pas toujours inoffensif. Dans un assez grand nombre de cas, il a été indubitablement une cause indirecte de méningites.
Une femme à qui Lermoyez avait pratiqué un évidemment pétro-mastoïdien correct, se réveilla du chloroforme en poussant des cris hydro-encéphaliques, et en hurlant des douleurs de tête. Le coma survint le soir et la mort le lendemain.
Les cas analogues ne sont pas très rares. Zeroni a réuni 4o observations, dont 5 personnelles, de méningites consécutives à une intervention pratiquée dans le cours d’une otorrhée chronique, alors que le sujet n'avait manifesté aucune.réaction méningée. Les accidents ont éclaté parfois très rapidement.
er EC Dix-huit fois sur quarante, ils sont survenus dans les 48 heures. Parfois aussi, ils ont suivi une marche très aiguë : cinq fois leur durée n’a pas dépassé un jour.
Presque toujours, il y avait une labyrinthite suppurée ou une collection purulente extra-durale communiquant, par un trajet fistuleux, avec le foyer opératoire, conune le révéla l’autopsie. Peut-être, dit Zeroni, que le gonflement des tissus consécutifs à l'intervention, ou même le tamponnement de la plaie obstruèrent le canal de sûreté formé par la fistule, et obligèrent le pus à refluer vers les méninges. Pour les cas où l’on ne rencontra ni labyrinthite suppurée, ni collection purulente extra-durale, l’auteur incrimine le traumatisme instrumental. Récemment Texier et Levesque ont aussi publié des observations analogues à celles de Zeroni.