‹ Méningite otogène: à forme foudroyanteChapitre 26 sur 33 · OBSERVATION XVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVI

(Lannors et GIGNOUx)

Malade âgé de soixante ans, sans antécédents du côté

de l'oreille, qui, le 27 juin, au retour d’un voyage, est Ê 3 8

pris de frissons, de céphalée avec quelques douleurs dans

266 == l'oreille gauche. L'un de nous, avec le D' P. Bonnet, voit alors ce malade, qui paraît présenter surtout un état grippal avec de la toux et de la fièvre, 38°5.

On constate la présence d’un bouchon de cérumen dans l'oreille gauche. Après l’ablation du bouchon, le tympan apparaît un peu rouge, mais ne bombe pas. L’audition est peu abaissée. Ù

Le surlendemain les douleurs d’oreille s’accusent davantage. Il y à de la douleur à la pression, de l’apophyse mastoïde, de la rougeur du pavillon. Large paracentèse qui donne un écoulement séreux abondant.

Les jours suivants, l'écoulement se fait bien, d’abord séreux, puis purulent. La perforation reste très perméable. La température baisse progessivement et arrive à ne pas dépasser 37°5. La douleur à la pression de l’apophyse diminue. La malade se lève et quitte même sa chambre, lorsque, brusquement, le 5 juillet, éclatent les accidents méningés.

La veille, le malade avait accusé des douleurs névralgiques dans la région frontale, mais sans élévation de la température. |

Le 5, le malade se lève le matin comme à l’ordinaire, commence même à s'occuper de ses affaires, lorsque, brusquement, vers 10 heures du matin, il se plaint de céphalée très violente et entre dans un état d’agitation incessante. Puis, il est pris de vomissements, la céphalée devient plus violente, la température s'élève, progressivement. Deux à trois heures après le début des accidents, le malade ne répond plus que par signes aux questions. qu'on lui pose et entre bientôt dans un état de demiinconscience. Le diagnostic de méningite est alors confirmé à l'examen par un Kernig très net.

Cet état d'agitation persiste jusque dans la soirée où une ‘intervention est décidée.

Trépanation mastoïdienne. On trouve du pus dans l’antre et dans quelques cellules mastoïdiennes. La duremère, mise à nu au-dessus de l’antre paraît saine ; de même le sinus latéral, qui est également mis à nu.

A la fin de l’opération, on pratique une ponction lombaire qui donne issue à du liquide trouble dont l’examen n'a pas été pratiqué. On n'a donc pas pu se rendre compte au cours de l'intervention par quelle voie s'était faite l’infection méningée.

Après l'opération, le malade entre dans le coma et meurt le lendemain scir, 36 heures après le début des accidents.

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