‹ Méningite otogène: à forme foudroyanteChapitre 3 sur 33 · INTRODUCTION ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION ET HISTORIQUE

Les méningites otogènes, restées pendant longtemps peu connues, ont suscité depuis une quinzaine d'années un très grand nombre de travaux. A la lumière de moyens d'investigation nouveaux et grâce, en particulier, à la ponction lombaire, on peut maintenant affirmer un diagnostic de méningite en présence de manifestations morbides dont la nature véritable serait restée autrefois plus ou moins obscure. De ce fait, les observations de méningites otogènes se sont multipliées, et ont permis d’individualiser les principales formes de cette redoutable complication des otites.

Parmi les formes cliniques récemment dégagées, il faut faire une place spéciale aux méningites qui évoluent avec une rapidité véritablement surprenante, à tel point qu’elles paraissent mériter le nom de foudroyantes. On sait déjà que, dans la méningite cérébro-spinale épidémique à méningocoques,

il existe une forme foudroyante dont la principale caractéristique est d'évoluer vers la mort en moins

de quarante-huit heures. Il en est encore ainsi pour.

certaines méningites traumatiques. Le même fait se produit pour les méningites otogènes.

Les livres classiques ne s'arrêtent pas à la forme qui nous occupe. Il n'existait que des observations éparses dans la littérature médicale avant le travail de Zeroni, sur les méningites post-opératoires (1905), les thèses de Deshayes (1905), de Blanluei (1908), et le rapport de Lermoyez sur le diagnostic de la méningite aiguë otogène, où il consacre un court chapitre à la forme foudroyante, sans avoir lui-même observé de cas comparables aux nôtres. Le travail le plus complet sur ce sujet est celui de MM. Lannois et Gignoux, présenté à la Société d'Otologie, en mai 1914, et qui n'a pas encore paru in eætenso, mais dont ces auteurs ont eu l’obligeance de nous communiquer les épreuves, lorsque notre maître, M. le professeur Lannois, ayant observé de nouveaux cas, voulut bien nous les confier pour en faire le sujet de notre thèse inaugurale (7).

Nous trouvons, dans ce travail, des résumés d’observations publiées par Zaalberg, Stanculeanu et Depoutre (1901) ; — Leuret et Laffite-Dupont (1905); — Furet, — Roberts (1906) ; Wicart, — Nelson- Spratt, — Deshayes (1907) ; — Blanluet (1908) ; —

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(1) Ce mémoire vient d’être publié, pendant l'impression de notre thèse, dans les Annales des Maladies de l'oreille et du larynx (tome XL, 7e livraison, 1914),

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Nepveu, — Labarrière (1911) ; — Lôwy (912), et deux observations nouvelles. Nous apportons nousmême cinq observations inédites que nous devons à l’obligeance de MM. Lannois, Albertin, Sargnon et Chavanne.

Ces documents nous permettront d'individualiser mieux qu'on ne l’a fait jusqu’à présent là méningite otogène à évolution clinique foudroyante. Sans vouloir l’élever au rang d'une entité morbide faisant partie du type de méningite cérébro-spinale otogène que Royet et, après lui, Deshayes ont essayé de fixer, il est cependant utile d'attirer l’attention sur elle. Elle a un intérêt pathologique et, en outre, sa connaissance peut quelquefois être utile au point de vue médico-légal.

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