‹ Méningites: a pseudoméningocoques et a paraméningocoquesChapitre 13 sur 52 · ME CN TRE · texte numérisé non relu

ME CN TRE

La malade se sent mieux et n’a pas déliré dans la nuit.

IL persiste encore au niveau des articulations radiocarpiennes et métacarpophalangiennes un peu de douleur et d'œdème.

Le genou droit est douloureux, tuméfié et contient un léger épanchement.

Névralgie sciatique gauche très amendée. Albumine persistante.

16 mars. — La raideur de la nuque a disparu. Il ne persiste plus que les manifestalions articulaires.

Le taux de l’albumine est tombé à 6 grammes par litre. Dans l'aprèsmidi, la température monte à 39 degrés et la malade a deux vomissements.

17 mars. — Les phénomènes méningés, céphalée, raideur de la nuque, Kernig, ont réapparu.

Les réflexes rotuliens sont de nouveau exagérés.

La langue est sèche, les vomissements fréquents. La température est à 3998.

Une troisième ponction lombaire ne retire qu'une très petite quantité de liquide trouble. Néanmoins, on injecte 10 cent. cubes de sérum.

18 mars. — La température est descendue à 38 degrés, et les phénomènes méningés s’amendent.

L'état général est meilleur, les vomissements ont disparu, il n'y a plus que deux grammes d’albumine.

Le 19 mars, même état. Les signes méningés ont disparu.

L'arthrite des poignets diminue, mais il persiste à ce niveau un léger æœdème ainsi qu'au niveau des articulations métacarpo-phalangiennes et du genou droit. L’albuminurie persiste : 2 grammes.

La malade vomit depuis hier soir tous les aliments liquides qu’on essaye de lui faire ingérer.

20 mars. — La malade n’a plus ni céphalée, ni raideur de la nuque, ni Kernig; la température est à 37 degrés. Mais elle a une intolérance gastrique absolue et ne supporte aucun aliment.

Le 21 mars, la température remonte, la malade est abaltue, mais ne se plaint pas de la tête. Elle présente au niveau du sommet droit un peu de matité et de gros râles humides. Il existe un léger æœdème au niveau de la face latérale gauche du nez, au pourtour d’une des croûtes d’impétigo qui semblait sèche.

Une ponction lombaire ee 10 cent. cubes d’un liquide clair à peine louche.

Le 22 mars, plaque érysipélateuse caractéristique, avec œdème considérable au pourtour du nez et de la paupière gauche. La malade ne présente plus de symptômes méningés, elle est très abattue, prostrée et

vomit tout ce qu'elle prend. Les urines ne contiennent plus qu’un gramme d’albumine. L’œdème des poignets a presque disparu.

Dans la nuit du 22 au 23 mars, la malade a deux vomissements dans lesquels on trouve quelques filets de sang.

Le 23 mars, température à 40 degrés. La malade est faible et répond mal aux questions. La plaque érysipélateuse est moins étendue.

Dans l’après-midi, la malade est agitée, mais ne délire pas; elle a dans la journée trois vomissements aussitôt après ingestion de liquide.

Elle meurt dans la nuit très brusquement, car elle cause à l'infirmière de veille à 41 heures, et vers 1 heure on la trouve morte dans son lit.

AUTOPSIE. — Méninges craniennes peu congestionnées dans leur ensemble. Il ne persiste qu’à un certain point de la convexité (scissure de Rolando dans sa partie supérieure, sillons pariétaux), un léger exsudat de pus verdâtre. Il n y a pas de liquide louche dans les ventricules.

La substance corticale est peu congestionnée. Il n’y a pas d’exsudat purulent à la base, ni dans la scissure de Sylvius, ni au pourtour des nerfs optiques.

Les méninges spinales Sont congestionnées et ne présentent en aucun point d'exsudat purulent. ;

Poumons. — Un peu de congestion du sommet droit. Ganglions du hile intacts, sauf l’un d’entre eux qui est caséeux.

Cœur. — Les deux valves de la mitrale sont un peu épaissies au niveau de leur bord libre.

Reins. — Augmentés de volume, pâles, décolorés. A la coupe, les pyramides congestionnées contrastent avec le parenchyme décoloré.

Foïe, rien. — Æate, rien.

Bésullat des ponctions lombaires. — Première ponction, du 12 mars. Polynucléaires très altérés, très nombreux : quelques très rares lymphocytes, macrophages et cellules endothéliales.

Nombreux cocci en grains de café, extra et intra-cellulaires : quelques-uns ne prennent pas le Gram, mais la plupart d’entre eux sont volumineux, en grain de café et prennent le Gram.

Cultures sur gélose et gélose ascite donnent le lendemain des colonies abondantes, petites et blanches, fournies par un diplocoque en grain de café prenant le Gram.

Deuxième ponction, 14 mars. Polynucléaires très altérés. Nombreux diplocoques prenant le Gram.

Troisième ponction, 45 mars. Polynucléaires moins nombreux et moins altérés, quelques lymphocytes. Cocci moins nombreux.

Quatrième ponction, 21 mars. Liquide presque clair, contenant très peu d'éléments cellulaires. Quelques polynucléaires.

Ensemencement du sang, pratiqué le 16 mars. Huit cent. cubes de sang sont ensemencés dans un tube de gélose ascite fondue et coulée en boites de Petri. Au bout de quarante-huit heures, apparaissent deux petites colonies blanches, du volume d’une tête d'épingle.

Ces colonies sont formées d’un diplocoque en grain de café prenant le Gram, et présentant les mêmes caractères que celui trouvé dans le liquide céphalo-rachidien; le lendemain apparaissent de nouvelles colonies blanches qui, repiquées sur gélose simple, donnent des colonies larges, translucides au début, mais s'épaississant ensuite et formant en se réunisaant une large traînée visqueuse, blanchâtre. L'ensemencement de l'urine sur gélose ascite a été négatif.

M. Dopter a bien voulu identifier l'agent que nous avons trouvé dans le liquide céphalo-rachidien etle sang de notre malade. Il a constaté que le microbe trouvé était un diplocoque en grain de café prenant le Gram. La majorité des cocci sont plus gros que ceux du méningocoque de Weichselbaum, quelques-uns sont de très gros cocci géants, ayant un volume triple ou quadruple des autres. Dans les premières colonies obtenues, la plupart des cocci prenaient le Gram, mais beaucoup se décoloraient. Par contre, après quelques repiquages, presque tous les cocci prenaient le Gram.

Le sérum antiméningococcique n’agglutine pas le germe trouvé.

Le diplocoque fait fermenter le lévulose, le dextrose, le maltose. Il présente donc les caractères du diplococeus crassus ou pseudoméningocoque de Jæger. |

On peut se demander pourquoi le sérum antiméningococeique à donné des résultats favorables dans ce cas, car ce sérum n'a pas d’action curative sur les méningites à pseudo-méningocoques. M. Dopter a constaté quele sérum de la malade agglutinait un échantillon connu de méningocoque de Weichselbaum, au taux de 1/50. Ce résultat l’a amené à penser qu’il s’agit, dans notre cas, d'une méningite à méningocoques de Weïchselbaum, où l'agent causal a disparu très rapidement du liquide céphalo-rachidien, tandis que le diplococcus crassus, hôte fréquent dé la cavité nasale, est venu infecter secondairement le liquide céphalo-rachidien et s'est diffusé dans le sang.

Il est vrai que la présence du méningocoque de Weichselbaum n'a pas été constatée dans le liquide céphalo-rachidien, mais, lors de la première ponction, nous avons été frappés de la présence simultanée dans le liquide, de nombreux diplocoques prenant le Gram, et de diplocoques, moins nombreux, plus petits, ne prenant pas le Gram. La culture du liquide céphalo-rachidien de la première ponction était

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une Culture pure de crassus, mais l'abondance des colonies a peut-être masqué de petites colonies de vrai Méningocoque.

En résumé :

1° Le sérum antiméningococcique n'agglutine pas le microbe trouvé dans le liquide Céphalo-rachidien et dans le sang ;

2° Le sérum de la malade agglutine le vrai méningocoque au taux de 1/50. -

3° Le sérum antiméningococcique à EU une action favorable et l’on peut penser qu'il s'agit bien d’une méningite Cérébro-spinale à ménin- BOCOques, mais infectée Secondairement par le Diplococcus CTASSUS.

M. Dopter (Soc. méd. hôp., décembre 1907) a signalé l'existence de méningites méningococciques vraies où le méningocoque a disparu du liquide etoù persiste un Pseudo-méningocoque associé. Le Diplococcus ‘Tassus est, du reste, un habitant normal des cavités respiratoires et

Ogs. 4. — Méningite à Diplococcus crassus, présentée par M. P. Harvier, à la Société de Biologie, Le 29 juillet 1914.

Nous avons observé, chez un nourrisson, une Méningite cérébro- Spinale ‘rapidement mortelle, due au Diplococcus crassus. Ce

intraveineuse, nous avons pu, par une inoculation intracérébrale secondaire, réaliser avec ce microbe une Méningite expérimentale.

Le liquide céphalo-rachidien du malade renfermait, avec de nombreux polynucléaires, des diplocoques Prenant le Gram. L'ensementement de ce liquide, sur les différents milieux solides, donnait, en vingt-quatre heures, des colonies arrondies, opaques, d'un blanc éclatant, constituées par des diplocoques groupés en amas pour la plupart. Chacun d'eux était constitué par deux éléments de forme

d'identifier ce germe au méningocoque de Jæger-Heubner. La fermentation était positive avec les sucres Suivants : glucose, lévulose, galactose, saCCcharose, maltose, lactose, et négative avec la mannite, la dulcite, l'inuline, l'arabinose et la raffinoëe. Ce germe n'était pas agglutiné par le sérum antiméningococcique. Sa résistance est très

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