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Examen bactériologique. — Dans les frottis du pus des vésicules séminales et des méninges, on colore par le bleu de méthylène des diplocoques intracellulaires qui ressemblent identiquement à ceux d'un frottis de pus urétral blennorragique. :
Décoloration par le Gram. :
Le pus méningé est ensemencé sur gélose-ascite et sur bouillonascite. |
Les cultures montrent au bout de deux jours de petites colonies gris bleuâtre avec état granuleux au centre, bords lobés et fissures | radiaires; les diplocoques, au microscope, sont identiques à ceux retirés du sang. Il ne pousse pas d’autres microbes.
Examen histologique. — Des morceaux de vésicule séminale et de moelle sont durcis au formol, à l'alcool et au liquide de Müller. Les coupes de vésicules montrent une accumulation de leucocytes, dont plusieurs contiennent des gonocoques décolorés par le Gram. De même, dans les dépôts purulents de la moelle, on voit par places des diplocoques intracellulaires, tantôt peu nombreux, tantôt très nombreux dans chaque cellule.
Dans certains endroits des préparations, les leucocytes chargés de 80nocoques sont les uns contre les autres; ailleurs, on ne trouve pas de diplocoques, les diplocoques libres sont très rares.
Les amas de leucocytes se voient particulièrement dans la région : des cornes postérieures et, entre celles-ci, séparent en partie les racines rachidiennes; çà et là, les noyaux des leucocytes sont mal colorables par l’'hématoxyline. Les vaisseaux Sanguins des méninges sont fortement remplis de sang. Dans la moelle même, les coupes faites à différentes hauteurs ne montrent pas de lésions; dans les coupes durcies au Müller, il n’y a pas de foyers myélitiques, seulement de légères lésions superficielles.
Oss. 8. — Un cas de méningite gonococcique, par le D'R. DE JossELIN | DE JONG, moniteur de bactériologie à l’hôpilal de Rotterdam, in Centralblatt für Bakt. und Parasitenhunde, Bd XLY, 1908, p. 501-
H... R..., âgé de dix-neuf ans, ouvrier, Célibataire, entre à l'hôpital le 30 mai 1907.
Le 17 mai, il rentrait chez lui après son travail, lorsqu'il se sentit malade, éprouvant déjà depuis plusieurs jours des maux de tête et de la lassitude, Il avait déjà remarqué qu’il ne pouvait ouvrir la bouche toute grande. Il n'avait éprouvé ce fait qu’un seul Jour. Il déclara avoir déliré un jour au début de sa maladie et Jamais depuis.
Maintenant il se plaint : de fièvre, d'une toux légère après laquelle
. il rejette quelques crachats blancs, de manque d’appétit, mais d’une
soif intense. Un peu de constipation. Miction normale.
Il a toujours été bien portant, iln'a jamais eu d'écoulement d'oreilles.
Il n’a souvenir d'aucun trauma et n’a jamais saigné du nez.
Pendant la nuit, il transpire abondamment. Il est très amaigri.
Père et sœur (une) bien portants. Mère morte d'influenza.
Etat actuel, 1° juin 4907. -- Le malade est dans le coma complet, il est très pâle, pas d’herpès labial. La langue est rouge, humide, un peu chargée. Les pupilles, d’égale grandeur, réagissent bien à la lumière. Les mouvements des yeux sont normaux.
Les fonctions du système nerveux ne dénotent aucun trouble.
Le pouls est à 68, non dicrote, régulier. Respiration régulière. Température élevée, au premier jour, 39°7.
Pas de dermatographisme.
La raideur de la nuque et le signe de Kernig sont constatés de facon certaine. Aucune douleur à la pression sur le crâne. Pas de vomissements.
Sauf une légère diminution d'intensité des bruits transmis par la percussion d’un sou au sommet de la partie gauche du thorax, les organes du thorax sont normaux.
De même, l'abdomen ne présente rien d’anormal,
Foie et rale non 'perceptibles; pas de météorisme. Pas d’ bu Pas d’œdème. Réflexes rotuliens normaux.
Les urines contiennent des traces d’albumine, pas de sucre. Dans les sédiments, une masse de corpuscules.
Diazoréaction négative.
Les crachats me parurent devoir être examinés : ni tuberculose ni pneumocoques.
Les recherches d'agglutination par le procédé de Widal furent négatives, Lyphus et paratyphus, toutes deux 1/2 6.
Le malade était à l'hôpital depuis quelques jours, lorsqu'on constata
à la pression de l’urètre un écoulement purulent; celui-ci contient du gonocoque en quantité énorme, presque à l'état de culture pure, intra et extra-cellulaire.
Un examen plus détaillé montre l'existence d’une urétrite gonococcique antérieure.
La fièvre est intermittente, le malade fait connaître alors que, le 9 mai, c’est-à-dire trois semaines avant son arrivée, il a pratiqué son dernier coït, et que, depuis, il n’a jamais éprouvé aucun écoulement u rétral ni aucune miction douloureuse.
Re PA
Le 18 juin, une ponction lombaire est pratiquée ; elle montre que la pression, dans le canal rachidien est élevée ; un liquide légèrement trouble sort par la canule. 40 cent. cubes de ce liquide de ponction me furentenvoyés ; je n’ai pu ytrouver ni méningocoques ni gonocoques.
Dans l'intervalle, le jeune homme présentait toujours les signes d'une méningite très évidente. La raideur de la nuque et le signe de Kernig sont manifestes le 27 juin. Les réflexes rotuliens sont exagérés des deux côtés. Le malade maigrit énormément.
Le dermatographisme est marqué.
Le 26 juin, une deuxième ponction lombaire est pratiquée. (Voir le résultat de l'examen bactériologique plus loin.)
Le jour suivant, la force musculaire des membres supérieurs est diminuée, les réflexes ne sont pas modifiés, la sensibilité est normale. La force des membres inférieurs est aussi un peu diminuée. Le malade se tient facilement debout, les réflexes rotuliens et achilléens sont normaux à gauche, mais disparus à droite. Les réflexes plantaires ne sont troublés d'aucun côté, peut-être un peu augmentés, pas de clonus. Aucun trouble de la sensibilité. Pas de troubles du côté des sphincters. Pas de décubitus acutus. L'abdomen est un peu affaissé.
Le 2 juillet, un léger degré de surdité et une diminution des mouvements des yeux du côté droit.
On observe un changement très rapide du teint. Le soir, délire très marqué. Le bras droit est raide, la jambe droite a des convulsions. Mictions involontaires.
Le jour suivant, 3 Juillet, il est très abattu, il a de l'incontinence d'urine. Les pupilles sont très dilatées, elles réagissent très peu à la lumière, sont également grandes. !
Une nouvelle ponction lombaire est faite : on prélève 95 cent. cubes d’un liquide légèrement trouble, dans un tube stérile avec toutes les précautions aseptiques possibles.
La tension du liquide dans le canal rachidien était très élevée. À Ja suile de cette ponction, on constate une amélioration {rès rapide.
Déjà, dès le lendemain de cette ponction, le patient fut beaucoup mieux ; les signes de compression cessèrent ; le malade est tranquille et a entière Connaissance. La Céphalée est très diminuée. L'incontinence d'urine est passée, La pâleur décroit. Les réflexes sont normaux, ainsi que la sensibilité.
Le 9 juillet, le malade se trouve beaucoup mieux ; tandis que, dans le cours des semaines précédentes, il voyait double, il voit maintenant de nouveau fort bien.
La raideur de la nuque est en grande partie disparue, le Signe de Kernig est encore perceptiblé, mais à un degré négligeable.
Ni
Aujourd'hui, le 5 août, le malade ne présente plus de signes de
. maladie quels qu'ils soient.
Il n'a pas de fièvre; il a un excellent appétit. Raideur de la nuque, signe de Kernig, et autres signes méningés sont disparus entièrement.
Ogs. 9. — I. D. Biek. Contribution à l'étude de la méningite aiguë gonococcique. Wratschebnaja gazeta, 1907, n° 46, analyse in Zentralblatt für innere Medizin, n° 6, p. 144, Bd 29°, 1908.
Observée sur un malade, qui contracta une gonorrhée en septembre 1905, soigné par le permanganate de potasse, vit son écoulement disparaître et se considéra comme guéri.
Environ un an après, il tomba malade et il mourut avec des signes incontestables de méningite.
L’autopsie confirma le diagnostic posé pendant la vie. Les méninges. molles étaient injectées et un peu troubles.
Entre l’arachnoïde et la méninge molle de la partie antérieure de la surface convexe des deux hémisphères, on vit aux parties correspondantes du lobe frontal et pariétal, un amas d’exsudat séro-purulent, sous forme de foyers purulents ou de plaques irrégulières, qui étaient silués particulièrement à droite et sur les bords du sillon longitudinal.
L'examen microscopique montra dans le pus prélevé sur la méninge molle, comme aussi dans le sang du ventricule droit et les sécrétions urélrales, des gonocoques caracléristiques, et cela ne souffre aucun doute, que les gonocoques pénétrés dans la circulation ont pu de là gagner les différents organes.
Ogs. 10. — Méningite gonococcique, par G. HENDERSON et RITCRIE (Edinburgh). Review of Neurology and Psychiatry, vol. VIT, n° 2, p. 75-87, février 1909, analyse de la /Æevue de Neurologie.
Un homme de vingt-trois ans, robuste, .et de santé parfaite jusqu’alors, est pris, le huitième jour d'une blennorragie, de fièvre, de céphalée intense avec rigidité de la nuque; quelques vomissements. Le lendemain, on fait une ponction lombaire, qui donne un liquide trouble s'écoulant sous forte pression; des polynucléaires, pas de microbes. La ponction lombaire procura un soulagementtrès marqué, mais qui ne se maintint pas; elle fut répétée cinq jours plus tard, et, dans les préparations, on constata un diplocoque ne prenant pas le Gram, libre ou inclus dans les polynucléaires.
Cependant, le genou droit du malade était devenu douloureux, il
élait tuméfié; l'articulation métatarso-phalangienne du gros orteil du côté droit était prise de même facon.
Ultérieurement, la maladie évolua avec des phases d’aggravation chaque fois jugulées par la ponction lombaire, dont l'effet fut toujours sédatif. Pas d’autres incidents qu'un hoquet qui dura huit jours et faillit compromettre {a vie du malade, alors que les dangers de la méningile étaient déjà atténués.
Pendant les cinq semaines de maladie, sept ponctions lombaires furent pratiquées. Ce fut le seul traitement actif. Les arthropathies guérirent, elles aussi, si bien qu'après une convalescence de quelques semaines, le sujet avait repris son état de santé antérieur sans être affligé de ces séquelles que laisse trop volontiers après elle la méringite méningococcique. 5 :
La vérification du diagnostic de l'agent pathogène de cette méningite aiguë avec arthrites, et consécutive à une urétrite gonococcique, concentre l'intérêt : un diplocoque avait été constaté dans le liquide Céphalo-rachidien ; mais il restait à savoir si une infection gonococcique générale s'était manifestée par une méningite et des arthrites, ou bien si l'infection avait été double : 8onococcique (urétrite) et méningococcique (méningite et arthrites) ; aucune tentative de culture ne réussit.
Du liquide céphalo-rachidien de la ponction du dixième jour fut inoculé dans le péritoine de trois souris et d’un jeune cochon d'Inde. Le bon état persistant de ces animaux ne S'accorde pas avec la nature méningococcique de l'infection.
L’agglutination fournit une preuve positive : le sérum du malade, recueilli au vingt-sixième Jour de sa maladie, agglutinait complètement les suspensions de &onocoque (1 p. 100) en trois heures, alors qu'il n'avait qu’une action agglutinative très faible sur le méningocoque.
Enfin, la fixation du complément a établi d’une façon indiscutable la nature de l'infection ; les auteurs mettaient en présence : 1 cent. cube d’une suspension de g0nocoque (antigène), du sérum de cobaye (complément), du sérum du malade inactivé (anticorps), des globules rouges de bœuf et l’anticorps hémolytique. Dans une autre série d'expériences, la suspension de sonocoque à été remplacée par la Suspension de méningocoque. Tandis que, dans les premières séries d'expériences, l'hémolyse se faisait mal ou ne se faisait pas, dans la deuxième série (Mméningocoque), cette hémolyse fut toujours complète. La conclusion s'impose : le sérum du malade contenait un anticorps gonococcique thermostable, mais pas d'anticorps méningococcique.
Voici maintenant des observations de méningite dues à des Cocci Gram négatifs, qui, incontestablement, ne sont pas des
SD
méningocoques, mais dont l'identificalion complète n’a pu ètre réalisée. S'agit-il de pseudoméningocoques ou de ces germes que nous étudierons sous le nom de paraméningocoques ?
Dans trois observations, il s'agit de pseudo, sans qu'il soit
possible de faire entrer ces germes dans une des races particulières que nous avons décrites.
Dans une autre observation, celle observée à l'hôpital Pasteur, il s’agit peut-être de para, mais les recherches bactériologiques sont poursuivies, et une détermination ‘exacte sera donc possible ; l'observation et l'étude bactériologique, seront, du reste, ultérieurement publiées.
Oss. 11, inédite des D'° Darré et Dumas (1). — Cas de méningite due à un germe voisin du méningocoque, observé à l'hôpital Pasteur.
Gabrielle G.…., vingt-neuf ans, entre le 23 avril 1912, à l'hôpital Pasteur.
Le début de sa maladie remonte au 17 mars 1912; ce jour-là, elle s’est sentie indisposée, se plaignant de fatigue, de malaise général, de courbature. Le lendemain, lundi 18 mars, est apparue une céphalée violente, qui a persisté le lendemain s’accompagnant de troubles de la vue (amblyopie). Les symptômes persistent sans amélioration, et le médecin appelé constate tous les signes d'une méningite cérébrospinale. Le 22 mars 4912, on pratique pour la première fois une injec-
tion intrarachidienne de 30 cent. cubes de sérum antiméningococcique |
de Dopter. La ponction est suivie d’une amélioration considérable qui se poursuit le lendemain samedi 23 mars. Mais, le soir, la céphalée reprend, elle s’accentue le lendemain 24 mars, et on doit pratiquer une seconde injection de sérum : cette fois, l'amélioration n’est pas aussi nette ; dès le soir, les douleurs ont réapparu, la contracture est intense et on a recours aux bains chauds à 38 degrés. À partir de ce moment, les symptômes méningés persistent sans s'amender malgré dix-sept ponctions suivies d'injection de sérum, pratiquées du 17 mars au 29 avril; malgré les bains chauds, les frictions de collargol, les injections d’électrargol, les badigeonnages de gaïacol, les phénomènes généraux (fièvre, accélération du pouls, état typhoïde) ne cessent de s'accentuer; des crises convulsives sont survenues à plusieurs reprises
(4) Nous remercions vivement les D's Darré et Dumas d'avoir bien voulu nous communiquer cette très intéressante observation.