TABLEAU I
EN MALTOSE |DEXTROSE|LÉVULOSE] LAGTOSE | GALACTOSE ee 2e
Méningocoque. + +- 0 0 0 (l M. calarrhalis 0 0 0 0 0 0 DACTISSUS RE EIRE + + + + +. +
Microbe étudié
PDC jee
TABLEAU Il. — Récherche de l'agglutination, faite à 1/250e.
1/10° 1/95e 1/50 1/100 1/950 Méningocoque . . . .. + ee + + + Germe étudient en. + + + » 0 0 Mcatarrhalis 20e. —- 0 0 0 Expérimentation sur les animaux. — Souris blanche. L’injection
intrapéritonéale d’une émulsion de culture dans l’eau physiologique tue la souris après deux jours. Du sang du cœur et du péritoine, on put relirer des cocci, Gram négatifs. Dans le péritoine, il y avait un léger exsudat séreux et les anses intestinales étaient accolées.
Lapin n° 1. — L'injection intrapéritonéale de 2 cent. cubes d'une dilution d’une culture de vingt-quatre heures dans l’eau physiologique tue l'animal en sept jours. A l’autopsie : pneumonie diffuse. Rien dans le sang du cœur et dans le liquide péritonéal.
Expérimentation sur l'œil des animaux. — Dans ces quatre expériences, une culture de vingt-quatre heures fut aussi inoculée dans le corps vitré d'un lapin. Dans un seul cas, il y eut seulement de l'exsudation ; dans les autres, il y eut une infiltration purulente du corps vitré. Dans un cas, on put retrouver après deux jours nos cocci dans le corps vitré. Dans un deuxième cas, on retrouva aussi des cocci après quinze jours, mais ils étaient mélés de staphylocoques. Une nouvelle inoculation au lapin resta négative.
Ogs. 13. — Deux cas mortels de méningite cérébro-spinale non méningococcique causés par un coccus polymorphe, présentés par M.F.
CaevreL et M. J. BoURDINIÈRE, à la Société médicale des hôpitaux, le
18 octobre 1912.
Cas I. — Br... (Lucien), trente-huit ans, peintre. Ses parents sont morts de tuberculose pulmonaire. Il a dix-huit frères et sœurs vivants et bien portants. Il a eu une crise de coliques saturnines à l'âge de vingt ans, puis une pleurésie gauche, avec épanchement, à vingttrois ans. Pas de syphilis (Wassermann négatif). Ethylisme net.
La maladie débuta brusquement le 20 novembre 1911. Br.…., ayant couché en plein air la nuit précédente, il ressentit au matin des frissons, de vagues malaises, de la céphalée, des éblouisséments et quelques nausées. Malgré ces symptômes, il continua son travail pendant quelques jours et put faire plusieurs lieues à pied pour venir à la consultation de l’Hôtel-Dieu de Rennes, le 28 novembre.
Le 29 novembre, le malade accuse une céphalée très vive. Al’examen, raideur de la nuque et du rachis, ventre en bateau, signe de Kernig, position en chien de fusil. Réflexes cutanés et réflexes tendineux
SSD
diminués. La langue est saburrale. Il n'y a pas de vomissements, mais une constipation opiniâtre. Le pouls est rapide (120 pulsations), mais régulier. Les urines sont normales, sans sucre ni albumine. Il ya quelques râles de bronchite, sans localisations. La température est de . 37°5 le matin et de 38°7 le soir.
30 novembre. La température monte à 39 degrés et le malade délire. Une ponction lombaire fournit du liquide clair, sous faible pression.
Les trois premiers jours de décembre, la température s’abaisse, le délire disparaît, les troubles nerveux s’amendent. Les raideurs sont moins marquées, mais la céphalée persiste. Le pouls bat à 95 pulsations. Une ponction, pratiquée le 3 décembre, ramène un liquide légèrement trouble qui sort sous pression.
Le 4 décembre, la céphalée disparaît et tous les symptômes s'’amendent. La température est à 36°2.
Les 5, 6 et 7 décembre, l'état reste bon. Quelques vestiges d'hypertonie musculaire persistent avec un peu de céphalée intermittente et peu vive.
Le malade commence à se lever le 8 décembre. Il reste apyrétique et son élat général va s’améliorant progressivemént jusqu'au 17 décembre, jour où quelques douleurs articulaires apparaissent.
Le 20 décembre, le malade éprouve un peu de céphalée, et sa température monte à 37°5. Les jours suivants, tout va bien et il se décide à sortir de l'hôpital le 28 décembre, lorsque, le jour même, la céphalée redouble.
Le 29 décembre, tous les signes de méningite ont fait leur réapparition : raideur de la nuque, signe de Kernig, position en chien de fusil, etc. La température est de 37°7, le pouls bat à 95 pulsations. Une ponction lombaire ramène un liquide à peu près clair et ne soulage pas le malade. |
Le 30, l’état est le même. On fait une hémoculture.
Le 1 janvier, injection de 20 cent. cubes de sérum antiméningococcique, à 10 heures du matin. Quelques instants après, le malade est pris d'angoisse, de sensation d’étouffement et de douleurs dans la région épigastrique. Au bout de quelques heures, surviennent des convulsions, puis le coma. Le malade succombe à 7 heures du soir.
Autopsie le 3 janvier. — La surface du cerveau montre des traînées purulentes qui s'insinuent entre les scissures. Il yaen certains points de véritables amas de pus jaune verdâtre, notamment au niveau de la face antérieure du bulbe et de la protubérance. Les coupes microscopiques ont montré une pie-mérite aiguë intense,
Il existe des adhérences pleurales au sommet et à la base du poumon gauche, reliquat de la pleurésie ancienne. On ne découvre à l'œil nu
eb au microscope aucune lésion tuberculeuse, mais de l’œdème pulmonaire. Les autres viscères sont normaux, sauf le foie, qui présente un léger degré de dégénérescence graisseuse.
Recherches de laboratoire.
…. Examen du liquide rachidien extrait le 1% décembre, 19 Jour de la . maladie :
Lymphocytose très abondante, presque exclusive. Ensemencements négatifs sur milieux ordinaires et au sérum d'ascite.
Précipito-réaction nulle à cause de la précipitation Spontanée dans les tubes témoins.
- L’inoculation de 5 cent. cubes du liquide dans la cavité péritonéale du cobaye ne détermine aucune lésion.
Examen du liquide rachidien extrait le 3 décembre : Résultats identiques aux précédents. Examen du sang le 3 décembre : Hémoculture etréaction de Wassermann négatives.
. Formule leucocytaire :
POÉSIES SE RENTAL LEE NS 12 p. 100 MORGQUCIÉAires EE EE RTE hr 22 — Gros lymphocytes. . PS Mn PS OS 5 — Pers mp eyes Te Es pou Mir. 1 — POS RONA NC EU. Re Ars D 0 —
Une troisième précipito-réaction est faite le 4 décembre 1911 sans résultat. |
On a cherché vainement le méningocoque à deux reprises dans les fosses nasales.
L'amélioration de l’état du malade fait suspendre les recherches jusqu’au 30 décembre.
Examen du liquide rachidien retiré le 30 décembre :
La formule leucocytaire est encore caractérisée par de la lymphocytose. On aperçoit dans la préparation des diplocoques qui sont, suivant les points, isolés ou en amas et de fins bacilles. Ces microbes ne prennent pas le Gram. La culture du liquide est fertile.
La précipito-réaction donne les mêmes résultats inutilisables que précédemment.
Formule leucocytaire sanguine :
BOLYTAUCICRITES ES em ete nr Lure 59 p. 100 MOTONUCIÉMITES TE PLAT TERRE ee 0e NU Us 294 LYIHIPROGY (CS ee en. Er LUE ie EE 5 —
Éosinophiles EN. LE. Sep. Pet COQ ERES
LRO
Hémoculture le 31 décembre 1911.
Cette hémoculture donne un résultat positif. 20 cent. cubes de sang sont ensemencés sur des ballons de bouillon de 100 cent. cubes. On obtient au bout de quarante-huit heures deux sortes de germes : 1° un diplocoque semblable à celui qui a été aperçu la veille dans Je liquide rachidien ; 2% un bacille se présentant sous la forme de filaments de longueur et d'épaisseur très variables, reclilignes ou contournés en divers sens. Ces deux éléments se décolorent par la méthodé de Gram.
Examen microscopique des frottis prélevés pendant l'autopsie à la sur face du cerveau.
Au point de vue cytologique, l’exsudat est constilué surtout par des lymphocytes. 11 existe cependant quelques polynucléaires.
Parmi ces éléments, on retrouve le diplocoque et le bacille précédem-. ment décrits et dont les caractères seront donnés plus loin.
Cas. II. — Vel... (Marguerite), âgée de quatre mois, née à terme, de parents bien portants, nourrie au biberon, s’est développée sans incidents notables jusqu'à la fin du troisième mois. Elle entre à l'Hôtel- Dieu de Rennes, salle Sainte-Eugénie, le 3 novembre 1911, avec le diagnostic d’athrepsie. se
L'enfant a dépéri depuis un mois et pèse 3 kil. 280. Le début des. accidents à été brusque : convulsions et vomissements sont les symptômes apparus les premiers au commencement d'octobre 1914. Depuis, elle n’a cessé de vomir et de présenter des crises convulsives. La dernière a eu lieu le 31 octobre. En outre, l'enfant tousse depuis quinze jours.
À l'examen, on est frappé par l'état de cachexie de la pelite malade, dont la faiblesse est telle qu'elle n'arrive pas à pousser des cris. Le corps est raide, la tête en hyperextension très marquée. Les yeux sont convulsés en haut. On note de temps à autre du nystagmus. Les membres sont fléchis et raides. Le ventre est plat et sa paroi est contractée.
L'enfant vomit tout ce qu'on essaie de lui faire ingérer. Elle présente de la diarrhée. Dans toute la poitrine, on entend des râles de bronchite.
La malade est réchauffée et enveloppée dans l’ouate recouverte de taffetas gommé. On fait, malin et soir, une injection sous-cutanée de 20 cent. cubes de sérum artificiel, additionné de 5 centigrammes de citrate de caféine.
Le 7 novembre, une ponction lombaire donne issue à une petite quantité de liquide trouble, jaunâtre, très épais. Ce liquide contient des
lymphocytes surtout et quelques polynucléaires. On n ‘aperçoit aucun microbe à l'examen direct, mais les cultures sont fertiles et permettent d'isoler un diplocoque associé à un bacille très polymorphe. Les deux organismes se décolorent par la méthode dé Gram.
L'enfant reste dans un état stationnaire jusqu’au 15 novembre, bien que le dépérissement s'accentue encore chaque jour. Les germes rencontrés dans le liquide rachidien étant très différents du méningocoque de Weichselbaum, on ne pratique pas d'injection de sérum antiméningococcique.
Le 16 novembre, apparaissent des convulsions généralisées, la température s'élève progressivement jusqu’à 39 degrés.
- Le 17, la température atteint 415 et l'enfant succombe.
AUTOPSIE le 18 novembre, vingt-deux heures après la mort.
A l'ouverture du crâne, les hémisphères cérébraux apparaissent très volumineux. Pas de congestion des méninges molles, dont l'aspect extérieur est normal au niveau de la convexité. En extrayant les hémisphères, on détermine l'issue d'une grande quantité de liquide trouble, environ 300 cent. cubes. Les hémisphères s'affaissent aussitôt, leur surface devient concave et l'écorce cérébrale présente de véritables rides.
Au niveau de la base, on constate l’existence d’un exsudat très épais, visqueux, très adhérent, de couleur jaune verdâtre, surtout abondant à la partie antérieure du bulbe et de la protubérance, remplissant toute la cavité sous-arachnoïdienne au niveau du confluent inférieur et du lac cérébelleux inférieur. A la coupe des hémisphères cérébraux, les ventricules latéraux sont extrêmement dilatés. Leurs prolongements occipital et sphénoïdal sont remplis du même pus concret, visqueux et adhérent.
La coupe du cervelet révèle l'existence d’un abcès du volume de 9 cent. cubes environ, occupant la partie inférieure et externe du lobule digastrique et rempli de pus semblable au précédent. Cet exsudat se retrouve au niveau de la moelle, dont les enveloppes sont légèrement congestionnées, sous forme de trainées longitudinales surtout abondantes à la partie inférieure.
L’autopsie des poumons met en évidence des noyaux de bronchopneumonie occupant tout le lobe inférieur gauche.
L'examen microscopique et les cultures de l’exsudat purulent prélevé à l’autopsie révèlent les mêmes germes que précédemment.
L'inoculation du liquide céphalo-rachidien prélevé pendant la vie ou sur le cadavre dans la cavité péritonéale,du cobaye n’a produitaucune
lésion.
Caractères fournis par l'étude des germes isolés (4).
Le coccus isolé par nous du liquide céphalo-rachidien, du sang ou des exsudats de nos malades est un diplocoque présentant l'aspect du méningocoque, mais de dimensions moindres (1 4'8 environ de diamètre). Dans les cultures sur milieux liquides, il est le plus souvent isolé, mais forme aussi des tétrades. Il prend aisément les couleurs: d’aniline et se décolore par le Gram. Strictement aérobie, il se déve-. loppe aisément sur tous les milieux. Sa température optima est de 37 degrés. |
Polymorphisme. — Nous n’avons jamais réussi à le séparer d'un. bacille extrêmement polymorphe que nous avons toujours retrouvé, : même dans les colonies les mieux isolées. Ce bacille est relativement abondant dans les cultures récentes, il se raréfie ensuite dès le trois Sième jour, mais persiste encore au quinzième jour.
Dans les cultures jeunes, ce bacille est court et trapu (44 de longueur Sur 0 y 8 de largeur). Il y a d’ailleurs des éléments beaucoup plus fins, d’autres beaucoup plus gros. L'épaisseur varie de 0 u 4 à 1 1. Certains paraissent granuleux et ressemblent à des petits cocci mis bout à bout. À mesure que les cultures vieillissent, ce bacille s’allonge, forme des filaments plus ou moins flexueux, quelquefois même en vrille. Il peut atteindre de 9 à 20 æ et plus de longueur. Puis il devient très fin et se raréfie. Si, partant de ces vieilles cultures, on pratique des isolements sur gélose, le bacille ne forme jamais de colonies séparées, mais on le trouve avec ses formes jeunes dans les colonies formées par les cocci. Ces deux éléments sont inséparables et nous ne pouvons dire d’une façon absolue s’il s'agit d’une symbiose de deux germes différents ou d’une seule bactérie polymorphe.
Cultures.
Bouillon simple. — Trouble très abondant surmonté d’un voile. Il se forme vite un précipité au fond du tube. Ce précipité est constitué par une masse visqueuse qui, si l'on agite le tube, se transforme en une colonne spiralée que les secousses ne peuvent fragmenter. Ces cullures dégagent une odeur fétide très désagréable.
Gélose. — Strie épaisse, blanche, sans caractères spéciaux.
Gélatine. — Même aspect. Liquéfaction très tardive (trois à quatre semaines).
(4) Étude faite au laboratoire de M. le professeur Bodin.
Pomme de terre. — Culture abondante sous forme d’un enduit blanc grisâtre épais et humide.
Lait. — Coagulé vers le cinquième jour.
Caractères biologiques.
Réaction de l’indol. — Négative.
Fermentation des sucres. — L'expérience a été faite avec le glucose, le lactose, le lévulose et le maltose. Le glucose seul est fermenté (sur plaques de gélose touruesolée).
Vitalité. — La vitalité de ce germe est difficile à préciser. Le fail que nous avons pu repiquer avec succès des cultures âgées de plus de quatre mois indique qu'il est très résistant.
Virulence. — Sa virulence pour les animaux de laboratoire est très forte. Les cultures en bouillon de vingt-quatre heures tuent le cobaye et le lapin en injections sous-cutanées à la dose de 1 cent. cube. Injecté dans le péritoine à la même dose, il tue les animaux en moins de dix-sept heures. Cette virulence est très stable. Au bout de sept mois, elle ne paraît pas avoir fléchi. Les cultures filtrées déterminent : des malaises, mais non la mort chez le lapin et le cobaye. Les cultures chauffées à 60 degrés sont inoffensives.
Nous avons cherché en vain dans lé sérum du malade de l’observation 1 des agglutinines et des sensibilisatrices actives à l'égard de ce germe.