‹ Méningites: a pseudoméningocoques et a paraméningocoquesChapitre 21 sur 52 · RES · texte numérisé non relu

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Dans les cultures sur gélose ascite, on irouve des diplocoques en. grain de café; de place en place, on voit des formes un peu plus volumineuses. Mais l'aspect est très différent de celui des méningocoques, on ne voit ni les tétrades, ni les grandes formes hypercolorées.

Réactions colorantes. — Le microbe se décolore par la méthode de Gram; il est facile à colorer par les couleurs d’aniline: il n’est pas acido-résistant.

Caractères des cultures. — Le milieu de choix est la gélose ascite; les colonies arrondies, légèrement surélevées, grisâtres, rappellent celles du méningocoque.

Sur gélose ordinaire, pousse très mal.

Ne pousse pas sur gélatine.

Sur sérum de bœuf Coagulé, donne de petites colonies fines, rappelant celles du streptocoque. +

Dans le bouillon ascite, on note une culture assez abondante en vingt-quatre heures; le bouillon est trouble.

La culture est très faible sur bouillon ordinaire, sur eau peptonée glucosée.

Le lait n’est pas coagulé, même après ébullition.

Sur pomme de terre et pomme de terre glycérinée, culture à peu près nulle.

Les cultures se font seulement à la température de l’étuve et sur les tubes capuchonnés.

Sur milieu anaérobie (gélose glucosée de Veillon), la culture est peu abondante, mais nette; on n’a pas de colonies sans production de gaz.

Caractères histologiques.

l. Action sur les hydrates de carbone. — Un premier examen, pratiqué le 19 juin, avait montré l'absence complète de fermentation des difrérents sucres : glucose, maltose, lévulose, mannite, Saccharose. La recherche avait ‘été faite sur gélose ascite tournesolée en lubes et en plaques de Petri, ainsi que sur bouillon ascite tournesolé. Des témoins avaient montré qu'aucune cause d'erreur ne pouvait exister; en particulier, un méningocoque type faisant fermenter les milieux glucosés et maltosés.

Un deuxième examen, pratiqué le 25 octobre, a montré une fermentation nette de glucose et de maltose : cet examen répété à 3 reprises a donné les mêmes résultats. Par comparaison avec un méningo-

colonies du méningocoque étaient fortement rouges. Il semble donc que le germe, qui d'abord ne faisait fermenter aucun

er etes

sucre, à acquis, au bout de quelques mois, la propriété de faire fermenter le glucose et le maltose, mais d’une façon extrêmement lègère.

I. Action sur les albuminoïides. — Ne donne pas la réaction de Vindol sur les milieux peptonés.

II. Vitalité, — Le germe ne pousse qu’à 37 degrés. Ilne pousse pas à la température ordinaire. Les cullures ne résistent pas plus de trois à quatre jours, lorsquelles sont abandonnées à la température du laboratoire. A l'étuve, la vitalité sur les milieux ascite persiste pendant huit ou dix jours; mais le repiquage dans ces conditions ne réussit que si on ensemence largement les nouveaux tubes de culture.

Inoculations aux animaux. — Tous les animaux inoculés sont restés

*indemnes, quelle que soit la voie d’inoculation (sous-cutanée, intra-

- péritonéale, intraveineuse). Plusieurs tentatives d’inoculations dans le cul-de-sac sous-arachnoïdien chez des lapins n’ont donné aucun résultat; pas de méningite appréciable.

Réaction vis-à-vis du sérum antiméningococcique. — 1° Agglutination. — Agglutination légère à 1 p. 100 et à 1 p. 200, nulle à 1 p. 400, le sérum agglutinant Les races de méningocoques à 1 p. 1.000. Aucune agglutination avec le sérum de cheval normal non chauffé.

L'épreuve de la saturation des agglutinines montre qu'il s'agit d’une coagglutination : le sérum antiméningococcique saturé avec le méningocoque, n'agglutine plus le germe, pas même à 1 p. 10; au contraire, le sérum antiméningococcique saturé avec le microbe éludié, agglutine encore le méningocoque comme avant la saturation.

2° Réaction de précipitation. — L’extrait aqueux de ce coccus donne, en présence du sérum antiméningococcique, un précipité extrêmement

léger, alors que le méningocoque donne un précipité abondant. Il ne précipite pas au contact du sérum de cheval normal.

3° Epreuve du péritoine. — Chez le cobaye traité par le sérum antiméningococcique, on n’observe aucune trace de bactériolyse, alors que chez le témoin injecté avec des méningocoques, la bactériolyse est totale.

% Epreuve de la veine. — L’injection de 1 cent. cube de sérum antiméningococcique non chauffé et de 1 cent. cube d’une émulsion microbienne du coccus étudié dans la veine d’un cobaye de 250 grammes ne détermine aucun trouble chez l'animal, tandis qu’un animal témoin inoculé avec un mélange de sérum antiméningococcique et d'une émulsion intense par des méningocoques meurt foudroyé en trois minutes.

Réactions vis-à-vis du sérum antiparaméningococcique.

4° Agglulinalion négative;

2° Epreuve du péritoine. — Chez le cobaye traité la veille par le sérum

antiparaméningococcique, l'injection intrapéritonéale du coccus étudié

amène, en vingt minutes une bactériolyse incomplète, mais indiscu=. table. Chez le témoin injecté avec du méningocoque, on ne note.

aucune bactériolyse.

3° Epreuve de la veine. — Le cobaye inoculé avec le sérum antiparaméningocoque et l'émulsion de notre microbe présente après deux minutes une légère angoisse, quelques secousses: mais il se rétablit complètement au bout de dix minutes.

Réactions vis-à-vis du sérum d’un lapin immunisé spécifiquement.

Le lapin a reçu du 17 mai au 10 août des injections progressivement croissante sous-Cutanée et intraveineuse du coceus que nous étudions: Il a été saigné le 17 octobre et son sérum non chauffé a servi aux recherches suivantes :

1° Agglulination. — Ce sérum agglutine notre microbe à 1 p. 400, |

tandis qu’il n'agglutine pas le méningocoque à 1 p. 100.

2° Réaction de précipitation.

3° Epreuve du péritoine. — Chez le cobaye traité par le sérum, l'injection du méningocoque ne provoque aucune bactériolyse, tandis’ que l'injection de notre coccus amène en vingt-minutes une bactériolyse totale.

4° Epreuve de la veine. — Le cobaye inoculé avec un mélange.

de 1 cm° de ce sérum et de 1 cm° d’une émulsion épaisse de notre Coccus présente, après quelques secondes, de l'angoisse, des secousses, de la dyspnée : il est immobile, le poil hérissé, présente quelques mouvements réflexes (se gratte le cou et les oreilles), puis se déplace

avec une extrême difficulté, titubant. Cet état se prolonge pendant

deux heures, au bout desquelles l'animal succombe. En résumé, le microbe étudié n’est Pas un méningocoque, comme

le prouvent les réactions agglutinantes, l'épreuve du périloine et dela.

veine pratiquée respectivement avec les microbes et les immunisérums correspondants. Il se rapproche beaucoup du paraméningocoque,

comme le prouve les façons dont il réagit vis-à-vis du sérum anti- |

pParoméningococcique dans les épreuves du péritoine et de la veine. Toutefois, il se distingue du paraméningocoque type par quelques

caractères : la coagglutination assez élevée vis-à-vis du sérum ménin-

gococcique d’une part, et, d'autre part, le peu d'intensité des réactions vis-à-vis du sérum antiparaméningococcique en opposition avec l'intensité des réactions vis-à-vis de l'immuni-sérum spécifique obtenu chez le lapin.

Sur les conseils du professeur Lingelsheim, nous donnons

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l'observation suivante qu'il a bien voulu nous communiquer. Il ne s’agit pas d’une méningite cérébro-spinale, mais l'étude bac- - lériologique de cette observation présente un grand intérêt parce qu’elle montre quels caractères peuvent présenter cerlains cocci gram-négatifs et combien il est parfois difficile de les identifier d'une façon rigoureuse.

Ons. 12. — Pacensrecuer et R. Wissmanx (de Strasbourg) apportèrent dans le Ælinische monatsblatter für Augenheilkunde, en avril 14941, l'observation suivante:

Le 9 août 1910, une enfant de cinq mois, Anna H..., fut amenée de Lorraine à la clinique des maladies des yeux, à Strasbourg. Cette enfant était atteinte de panophtalmie ; mais elle présentait de plus une raideur de la nuque très marquée. Malheureusement, la mère ne permit pas que l'on fit la ponction lombaire. L'œil fut énucléé et il fut fait du pus un examen bactériologique complet.

Recherches bactériologiques.

Morphologie. — Dans les leucocytes, on trouve beaucoup depetits cocci de 0 x 5 à 04.6 de diamètre. Ces cocci sont intracellulaires et certaines cellules en sont bourrées. Ces microbes sont en diplocoques pour la plupart. Plus rarement, on trouve des cocci entre les cellules. Ces cocci sont toujours Gram-négatifs aussi bien dans les préparations que dans les cultures. Ils se colorent bien par les colorants ordinaires et particulièrement bien avec le bleu de Lœffler. Les cultures sur sérum de Lœffler montrent à la première génération de fins diplocoques ayant le même aspect que sur les préparalions directes. Dans les premières générations, les microbes sont de forme identique, mais ce caractère disparaît dans les généralions suivantes. Les préparations montrent rarement des tétrades.

Cultures. — Dans les premières générations, sur Sérum de Lœæffler et après vingt-quatre heures, on constate des colonies grisâtres, transparentes, nettement délimitées. Le microbe pousse mal en bouillon, et bien sur gélose glycérinée, Pour le différencier du méningocoque, on a étudié la culture sur gélose ascite.

Gélose ascite. — Croissance abondante après dix-huit, vingtquatre heures. Les colonies sont arrondies, transparentes et néttement délimitées. Leur diamètre est de 0,8 à 1 millimètre ; leur couleur est grisâtre. Au faible grossissement, la colonie apparaît nette, à surface légèrement granuleuse avec un centre plus sombre que la périphérie.

La couleur est gris jaunâtre avec un centre plus fortement teinté. Les vieilles colonies sont faiblement grises el à peine transparentes.

Gélose glycérinée. — Même résultat que sur la gélose ascite.

Gélose. — La calture, pour les premières générations, se fait plus tardivement sur ce milieu que sur les deux précédents, mais, plus tard, la culture se fait bien et y devient rapidement aussi abondante que sur gélose ascite. \

Gélatine. — La gélatine n’est pas liquéfiée, même après huit à dix jours. Le microbe y pousse extrêmement difficilement.

Bouillon. — Léger trouble.

Sérum de Lœffler. — La culture se fait bien. Les colonies sont semblables à celles que nous venons de décrire, mais, après trois ou quatre jours, la culture prend une teinte légèrement jaunätre.

Lait. — Le microbe pousse bien; pas de coagulation même après huit jours, réaction alcaline. |

Pomme de terre. — Après vingt-quatre heures, on ne constate pas de culture,

Indol. — Il n'y a pas de production d’indol.

En anaérobie. — Culture insignifiante.

Température. — Température mavima : le microbe meurt après cinq minutes à 50 degrés. Inversement, la culture est impossible après un séjour de quatre jours à la glacière. Ce germe ne pousse pas à la température de la chambre. Après six semaines de séjour à l’étuve, le repiquage est encore possible. Les cultures maintenues à la température de la chambre sont encore repiquables après six jours, mais ne le sont plus après quatorze jours.

Mouvement. — Pas de mouvement propre.

Les cocci sont souvent seuls, quelquefois en diplocoques, ils ne sont pas encapsulés.

Epreuve de fermentation des sucres. — À titre de contrôle, nous avons porté nos recherches en même temps sur un méningocoque, un M. catarrhalis et un D. crassus (Gâger). Ces germes provenaient du laboraloire de Kräl, à Prague.

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