OBSERVATIONS
Os. 1. — OBsERvaTION de MÉRry, in Z'hèse de Gurenarn.
M... (Jean), âgé de quatre mois, est amené à l'hôpital des Enfants- Malades le 15 mai 1911. II entre dans le service du D' Méry.
L'enfant était en nourrice, élevé d'abord au sein, puis au biberon.
Le 26 avril dernier, l'enfant s’est réveillé brusquement en criant : la nourrice dit s'être aperçue à ce moment que la tête était renversée en arrière.
Depuis cette date, l'enfant a de la fièvre, de la diarrhée, des troubles digestifs, il crie souvent.
Trois médecins voient l'enfant depuis le 26 avril et font le diagnostic de méningite.
L'enfant entre à l'hôpital des Enfants-Malades le 15 mai. À ce moment, il est en opisthotonos accentué, la tête renversée en arrière, fortement rétractée, le tronc incurvé, les jambes aussi incurvées en arrière.
La raideur est très accentuée. La fontanelle est tendue.
Fièvre à 38% le soir de l'entrée.
Diarrhée. Ponction lombaire. Liquide tout à fait trouble, 45 cent. cubes sont retirés, nombreux polynucléaires, avec nombreux diplocoques, intra et extracellulaires, ne prenant pas le Gram.
Injection intrarachidienne de 10,3 cent. cubes de sérum antiméningococcique.
16 mai. — Le signe de Kernig, la raideur du corps, de la colonne vertébrale persistent un peu moins märqués. Raie méningitique peu nette, regard fixe.
Une ponction lombaire donne 20 cent. cubes de liquide trouble et est suivie d'injection de 10 cent. cubes de sérum A. M.
Pour combattre l’état de cachexie et de maigreur de l'enfant, on lui fait 20 cent. cubes de sérum artificiel sous-cutané. Température, 38°2.
17 mai. — Etat stationnaire, 30 cent. cubes de sérum artificiel, 10 cent. cubes de sérum A. M.
18 mai. — Meilleur état, la température est tombée à 37 degrés, la
raideur de la nuque est moins accentuée.
Ponction lombaire, 20 cent. cubes polynucléaires et méningocoques. Injection 10 cent. cubes de sérum A. M.
19 mai. — Etat grave, la raideur est plus marquée, généralisée à tout le corps. Depuis le début, l'enfant boit très peu et très difficilement. On lui fait prendre son lait par petites cuillerées, le biberon étant refusé.
Température, 37°6, mais qui est montée la veille au soir à 3906.
Il y a du mâchonnement, des convulsions oculaires.
Ponction lombaire, 20 cent. cubes; injection, 10 cent. cubes sérum À. M.
20 mai. — La température est redescendue à 37 degrés. L'état général est un peu meilleur, le pouls est faible, la langue moins sèche.
21 mai. — Le petit malade paraît plus affamé, il avale mieux son lait, la raideur pourtant est toujours aussi généralisée, la tête est complètement rétractée en arrière, touchant presque le plan du dos, les yeux sont toujours fixes. Température, 37 degrés.
Set da
22 mai. — Etat paraissant sensiblement le même, le malade pour-
- tant, malgré sa raideur, S’alimente; il y a toujours de la diarrhée, la - Lête est impossible à mobiliser sans arracher des cris au malade. Tem-
- pérature, 3704.
23 mai. — La raideur persiste toujours, la tête est toujours aussi renversée en arrière, l'enfant parait complètement inconscient, on a
. beaucoup de mal à l'alimenter.
24 mai. — Température, 37°6. L'enfant paraît être dans le coma, Mou-
vemenis incoordonnés des membres supérieurs. Ponction lombaire. Liquide trouble, albumineux.
LE
Polynucléose abondante. «
Quelques microbes sur les lames.
On refait une injection de 10 cent. cubes de sérum A. M.
Mort. Température, 39°4.
L'autopsie révèle la présence d’exsudats purulents donnant bien l'aspect de méningite à méningocoque.
Le liquide de ponction lombaire porté à M. Dopter a permis d'identifier un paraméningocoque.
O8s. 2. — Observation de méningite à paraméningocoque chez un
nourrisson, présentée par MM. P. MENETRIER et P. BroDin, à la Société médicale des Hôpitaux, le 7 juin 1912.
W... (Raymonde), six mois et demi, est amenée à l'hôpital Tenon, salle Valleix, le 43 octobre 1910, pour des convulsions accompagnées de vomissements. |
Le début de la maladie remonte à la fin de septembre.
Le 29 septembre au matin, la mère s'aperçoit que tout le corps de l'enfant est couvert de petites taches rouges qui bientôt se réunissent et confluent, sans cependant intéresser la face. En même temps existe un malaise général; l'enfant, jusque-là toujours très bien portante, pleure au moindre contact.
L'éruption dure deux jours et demi, puis disparaît, mais l'enfant reste mal en train. Ils’agissait sans doute d’un rash rubéolique.
Le T7 octobre, elle a un vomissement bilieux; le 9, elle présente à plusieurs reprises des convulsions localisées au côté droit avecrotation des yeux du même côté. Les jours suivants, ces convulsions se reproduisent, des vomissements surviennent après chaque tétée et, en présence de la répétition de ces symptômes alarmants, la mère l'amène à l'hôpital le 13 octobre.
A l'examen, ce qui frappe immédiatement, c'est l'abattement de l'enfant, abattement qui contraste avec l'aspect général robuste et