MONO
vigoureux : le regard est vague, sans expression, les membres inertes, la tête retombe en arrière, ‘
La température est de 38°2, les différents organes paraissent normaux, l'appétit est conservé; l'enfant, élevée au sein, boit réguliè= rement, gloutonnement. Les signes méningés sont minimes; il n'existe pas de Kernig, pas de raideur de la nuque, mais seulement une distension marquée des fontanelles. Les vomissements ont cessé, mais ” dans l'après-midi surviennent de nouvelles convulsions; une ponction lombaire est pratiquée.
Elle donne un liquide hypertendu, albumineux, renfermant de nombreux diplocoques et, dès le lendemain, on institue un traitement par le sérum antiméningococcique de l'Institut Pasteur. |
Après évacuation d’une quantité correspondante de liquide céphalorachidien, on injecte :
10 ‘cent. cubes le 15, 10 cent. cubes le 16; le 17, 10 cent. cubes; + 5 cent. cubes, le 20 ; 10 cent. cubes le 21.
L'état, au lieu de s'améliorer, s'aggrave.
Les signes méningés s'accentuent; la distension des fontanelles, les convulsions, les vomissements persistent et, en outre, apparaissent du id Kernig et de la raideur de la nuque.
L'étude de la courbe thermique et les résultats fournis par la ponction lombaire montrent en outre l'inefficacité absolue du sérum employé.
Après chaque injection, la température, loin de s’abaisser, s'élève, et cette élévation persiste encore pendant plusieurs heures, ainsi qu'en témoigne la courbe prise toutes les trois heures: il ne s'agit donc pas là d'une simple hyperthermie vespérale, mais bien d’une hyperthermie provoquée, et l'abaissement de la courbe après la suppression du traitement est venue confirmer cette interprétation.
Le culot provenant de chaque ponction lombaire montre un très grand nombre de microbes, tant intra qu'extracellulaires ; ce nombre reste toujours aussi considérable et sensiblement le même qu'à la première ponction; le sérum est donc sans action sur les éléments microbiens.
Devant l'insuccès de la sérothérapie, les injections de sérum sont abandonnées; la malade est traitée par des bains chauds toutes les trois heures et des ponctions décompressives. |
La température, qui, pendant l'emploi du Sérum, avait atteint el dépassé 40, retombe alors et se maintient entre 38 et 39 degrés.
Le tableau clinique se complète. Aux symptômes antérieurement AE s'ajoutent des troubles respiratoires et des troubles oCu-
alres,
L'enfant est pâle, abattue, s’alimentant difficilement, ne réagissant que faiblement aux excitations; de temps à autre reparaissent les vomissements et les convulsions; celles-ci ne sont plus seulement limitées au côté droit et consistent maintenant en contractions toniques plutôt que cloniques.
…. La respiration est rapide, pénible, irrégulière, avec pauses de durée variable ; le pouls est irrégulier.
On note de l'irrégularité pupillaire, du strabisme convergent, du
. ptosis de la paupière gauche. Les selles sont diarrhéiques et verdätres.
L'état reste ainsi stationnaire, avec alternatives d'amélioration et d'aggravation, jusqu'à la fin d'octobre.
A partir de cette époque, rapidement les symptômes s’amendent : la température redevient normale, les convulsions et les vomissements cessent, le strabisme et l'inégalité pupillaire disparaissent, la respiration redevient régulière ainsi que le pouls; l'entant recommence à prendre le sein.
La mère s'aperçoit alors que sa petite fille a perdu la vue.
Un examen méthodique montre une cécité en apparence complète.
Pendant toute la durée de novembre, l'amélioration persiste; la guérison paraît assurée, lorsque, brusquement, sans cause, le 29, à 3 heures de l'après-midi, l'enfant est reprise de convulsions.
Les convulsions siègent surtout dans la face.et les membres supérieurs ; elles sont violentes, extrêmement fréquentes, s'accompagnent
de cris au moment des paroxysmes.
La température s'élève rapidement et atteint 41; la respiration s’accélère, le facies s’altère, les yeux s’excavent, du nystagmus apparaît, la mort survient le lendemain, 30 novembre, à 8 heures du soir.
Opposition à l'autopsie.
Une série de ponctions lombaires ont élé pratiquées pendant l’évalution de la maladie.
Au début, le liquide était clair, hypertendu, albumineux.
Le culot renfermait peu d'éléments constitués surtout par des poly-
nucléaires altérés, mais un très grand nombre de microbes, en diplocoques pour la plupart, quelques-uns en tétrades; un petit nombre intracellulaires, la plupart libres.
Les jours suivants, le liquide est devenu légèrement jaunâtre, mais n’a jamais été franchement purulent.
Le culot plus abondant renfermait des éléments en beaucoup plus grand nombre, la plupart altérés et à forte prédominance polynucléaire; les microbes étaient toujours en grand nombre.
A partir de la sédation des symptômes cliniques, le culotest devenu
MNT
moins abondant, les microbes ont diminué de nombre, les lympho-. cytes ont au contraire augmenté.
Les dernières ponctions ne renfermaient plus de microbes, peu de polynucléaires, mais de nombreux lymphocytes.
Le microbe ensemencé donne sur gélose, et sur gélose-ascite, des colonies isolées dont l'aspect rappelle celui des cultures de méningocoque.
L'examen microscopique montre qu'il s’agit d’un coccus en grain de café ne prenant pas le Gram.
D'après l'examen pratiqué par M. Dopter, ses caractères de différenciation sont les suivants :
Le germe fait fermenter le sucre comme le méningocoque (lévulose, maltose, glucose), mais il en diffère nettement par Jes réactions d’'agglutination et de précipitation.
Agglutiné par le sérum du malade à 4 p- 80, il ne l’est pas par un sérum antiméningococcique agglutinant le vrai méningocoque à L p. 800. $
Inversement, le sérum agglutine les paraméningocoques provenant d’autres sujets, mais est sans action sur le méningocoque. ”
L’extrait autolytique de ce germe est légèrement précipité par l’addition de quelques gouttes d'antisérum, mais des recherches plus complètes ont permis à M. Dopter de constater qu'il s'agissait non de précipitines spécifiques, mais dé précipitines de groupe.
La réaction de fixation du complément est positive comme avec le méningocoque quand on emploie le sérum antiméningococcique.
Ces différentes constatations montrent en résumé que ce germe se rapproche du méningocoque par ses caractères morphologiques et culturaux et par la réaction de fixation, mais qu'il s’en écarte par les épreuves de l’agglutination et de la précipitation.
Seules les épreuves. d'agglutination et de précipitation permettent donc de caractériser le germe et de reconnaitre une affection de tous points comparable à la méningite cérébro-spinale à Mméningocoques et pourtant de cause pathogène différente.
Si nous reprenons en effet l'évolution de notre CaS, NOUS voyons que rien ne permet de le différencier de la forme généralement observée chez le nourrisson. Même début insidieux par un malaise général, des troubles digestifs et des convulsions ; même apparition tardive des symptômes méningés dont deux prennent une grande importance : la raideur de la nuque, la distension des fontanelles; même absence d'herpès, même fréquence des complications oculaires.
La réapparition brusque des Symptômes alors que la guérison semblait assurée, ne constitue même pas une anomalie, étant donnée la
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