CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Nul ne songe plus à contester la spécificité du méningocoque, décrit en 1887, par Weichselbaum, sous le nom de « Diplococcus intracellularis meningitidis », comme agent pathogène de Ja méningite cérébro-spinale épidémique. Sur ce sujet, toutes les discussions sont closes. Cependant, elles ne furent pas stériles.
Les recherches entreprises dès lors ne restèrent pas limitées à l'examen du liquide céphalo-rachidien. Déjà l’oa savait que le rhino-pharynx est « le repaire du méningocoque » et [a notion des « porteurs du germes » conduisit à une analÿse méthodique ; des microbes du rhino-pharynx chezles malades et leur entourage. ps
Ainsi, on découvrit dans le rhino-pharynx un certain nombre
de germes voisins du méningocoque, et des observations cliniques 4 montrèrent qu'un certain nombre de méningites reconnaissaient ces germes pour agents pathogènes.
D'autre part, des recherches de sérothérapie antimicrobienne, pratiquées en vue du traitement de la méningite cérébro-spinale, avaient provoqué la découverte de différents sérums spécifiques antiméningococciques : sérum de Dopter en France, sérum de Flexner en Amérique, sérum de Koll en Allemagne. Tous donnaient un nombre assez considérable de guérisons.
Cependant, dans certains cas, la clinique prouva a complète inefficacité du sérum.
Parmi les causes d'échec de la sérothérapie, on en découvrit
une importante : c'est que dans cérlains cas il s'agissait de ménin-
gites qui, avec une allure clinique ordinairement identique à celle de la méningite cérébro-spinale épidémique, étaient causéess non par le méningocoque spécifique, mais par les divers agents: pathogènes voisins de lui, quoique s’en différenciant par un cer-: tain nombre de caractères. d |
On fut ainsi conduit à une analyse minutieuse de la morpho- | logie et des propriétés de ces germes qu'on nomma « pseudo. méningocoques » et « paraméningocoques ». On fut amené à les : séparer, parce que, tandis que les premiers diffèrent nettement du méningocoque vrai, tant par les caractères morphologiques et biologiques que par les procédés de culture, les seconds, eux, ne sen différencient que par un certain nombre de réactions humorales. =]
Ces dénominations, « pseudoméningocoques et paraméningocoques », ne sont peut-être ni très heureuses ni très rigoureuse- | ment exactes. Cependant, elles sont acceptables, à la condition que l'entente soit faite sur leur valeur stricte.
Nous nous efforcerons dans notre chapitre de bactériologie de les définir aussi rigoureusement que possible au moyen de leurs caractères et de leurs réactions. |
Nous étudierons tout d'abord, dans un premier chapitre, les pseudoméningocoques. Après avoir fait une étude détaillée de chacun de ces germes, nous apporterons un certain nombre de. faits cliniques de méningites où ils ont été retrouvés ; nous indiquerons ensuite les recherches bactériologiques nécessaires pour identifier le pseudoméningocoque: et, pour cela, nous étudierons, d’une part, les caractères morphologiques, culturaux, les réactions biologiques, et, d'autre part, les réactions humorales qui présentent un intérèt primordial.
Dans un deuxième chapitre, nous étudierons les paraménin- 80coques et nous adopterons le même plan de description.
Nous essayerons ensuite de synthétiser les caractères principaux de ces méningites et nous tirerons les conclusions.