‹ MéningitesChapitre 15 sur 58 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBs. 1. — Méningite à D. crassus. Bacinsky. Ueber meningitis cere bro-spinalis pseudo-epidemica, in Berliner klinische Wochenschrifi, 1907, p. 387. Observation 3 de Baginsky.

Le début de la maladie de cet enfant fut marqué par de la fièvre, de l'agitation, et tout de suite par une remarquable raideur de la nuque. Il semblait aussi que l'oreille droite était douloureuse.

Etat actuel. — Garçon vigoureux, d'aspect gravement malade. Parole confuse. Sensibilité intacte.

A l'examen : si on veut mettre l'enfant deboui, il présente une telle douleur et une telle contracture au niveau de la colonne vertébrale que le redressement n’est possible qu'à demi-hauteur, La tête paraît fortement renversée en arrière, comme fixée. Les cuisses sont en demiflexion sur le bassin, et les jambes en demi-flexion sur les cuisses.

LME

Pas de dermographie; pas de raie méningitique. Réflexes persistants non exagérés. Pupilles égales, réagissant normalement. Rien au cœur ni au poumons. Foie et rate ne sont pas hypertrophiés. Dans les urines, des traces d’albumine, pas de sucre, pas de diazoréaction. Pouls à 130, irrégulier, discontinu. Température 38°8. L'oreille gauche présente un léger écoulement séro-purulent. La mastoïde n’est pas douloureuse au toucher.

Traitement. — Vessie de glace, pommade iodoformée à 10 p.100; à l'intérieur, calomel trois fois par jour, 0,03. Bains.

Au bout de deux jours : grande agitation, loquacité, opisthotonos et raideur de la nuque très marqués. La ponction lombaire montre un liquide louche contenant des leucocytes et des microbes groupés en diplocoques ou en tétrades. Rien aux oreilles; pas d'écoulement.

Le jour suivant, l’état du malade est très inégal; la raideur de la nuque est tantôt plus et tantôt moins marquée; le signe de Kernig est net, le pouls et la température sont extrêmement changeants, avec des poussées subfébriles. C’est la raideur de la nuque qui disparut tout d'abord; la sensibilité se maintint plus longtemps normale, le signe de Kernig diminua peu à peu, puis disparut. L'enfant eut de la fièvre après une nouvelle ponction lombaire le 16 mai. Mais à partir de ce moment la fièvre tomba définitivement, peu à peu tous les symptômes disparurent et le malade était guéri le 25 mai.

Le liquide (un demi-verre à réaction) retiré à la deuxième ponction lombaire était quelque peu hémorragique, contenant des globules, des leucocytes. Les préparations directes montrèrent des microbes ayant la forme de grains, groupés par deux ou par quatre, et par endroits contenus dans les leucocytes polynucléaires.

Les cocci semblent un peu plus gros que les méningocoques. Ils sont Gram positifs.

Sur agar, ils poussent en petites colonies isolées, semblables à des colonies de streptocoques."

Le bouillon est troublé, faiblement acide après deux jours.

À la température de la chambre (18 degrés), croissance très minime.

Les préparations provenant des cultures sur agar montrent des cocei, en groupements plus ou moins importants. Ils sont aussi Gram positifs.

Ils ne sont pas pathogènes pour la souris ni pour le chien.

Ces cocci poussent aussi en anaérobie facultatif.

En résumé, ces cocei ne sont sûrement pas les méningocoques de la méningite cérébrospinale épidémique et, d'après nos recherches à l'Institut pour maladies infectieuses, ils doivent être considérés avec vraisemblance comme des . crassus. |

Dre Méningite à D. crassus, survenue à la suite d'un traumatisme. W. von Livcezsurim. Recherches sur l'étiologie de la méningite cérébro-spinale. Zeitschrift für Hygiene, 1908, Bd LIX, p. 467.

Il s'agissait d'un cycliste, qui avait fait une chute sur la tête contre un arbre. Le lendemain de cet accident, il eut de la fièvre, des vomissements et des symptômes méningés qui engagèrent le médecin à pratiquer une ponction lombaire, Le liquide de ponction, abondant, contenait de nombreux D. crassus, en culture pure.

Oss. 3, présentée, par MM. Parier et VAUCRÉ, à la Société médicale des hôpitaux, le 14 mai 1909. — Méningite cérébro-spinale. Albuminunie. Arthrite des poignets et du genou droit. Amélioration sous l'influence du sérum. Mort pendant la convalescence d'un érysipèle. Présence dans le liquide céphalo-rachidien et dans le sang du Diplo- COCCUS crassus.

Jeanne S..., cinq ans et demi, entre à l'hôpital Hérold le 40 mars

Depuis le 8 mars, elle se plaint d’une céphalée tenace ayant débuté brusquement dans la matinée; elle a vomi à plusieurs reprises et à présenté dans la journée du 9 un peu de délire.

C'est une enfant bien portante habituellement. Elle était en bon état dans les jours qui ont précédé la maladie actuelle, elle ne maigrissait pas et avait bon appétit.

A son entrée, la malade est très abattue ; elle se plaint d’une céphalée frontale tenace et geint quand on la remue.

Il existe un peu de raideur de la nuque, mais pas de rachialgie ni de Kernig. Les réflexes rotuliens sont normaux; on note également une légère hyperesthésie ‘cutanée et un peu de fixité du regard; la malade répond bien aux questions.

Il existe de la matité au sommet droit, dans la fosse sus-épineuse et sous la clavicule ; la respiration est légèrement soufflante à ce niveau. Au niveau du hile, on note un soufffe ganglionnaire assez prononcé.

Le cœur est normal.

Les urines sont troubles, peu abondantes, très albumineuses (15 grammes).

La rate est augmentée de volume, mesurant quatre travers de doigt.

Il existe quelques taches purpuriques disséminées sur les membres inférieurs, et, sur la face, quelques croûtes d’impétigo. La gorge est rouge, et, au pourtour des lèvres et du nez et par l’orifice postérieur

des fosses nasales, s'écoule un mucopus abondant. La température est de 38°2.

A1 mars. — La nuit a été très agilée, la malade a déliré et a peu dormi.

Les symptômes ne sont pas modifiés, mais l'hyperesthésie généralisée est plus marquée, et la malade vomit dès qu'elle ingurgite un peu de lait; elle est constipée.

Les réflexes rotuliens sont brusques et exagérés.

Les réflexes cutanés abdominaux sont normaux. Pas de troubles pupillaires.

La température est peu élevée, 37°6.

L'albuminurie toujours très abondante (15 grammes).

12 mars. — Nuit très agitée.

Vomissemènts fréquents. Langue sèche.

La malade a eu spontanément une selle normale. Céphalée persistante. Un peu de raideur de la nuque, mais pas le moindre Kernig; pas de signes oculo-pupillaires; la température est toujours peu élevée, 38°2. Une ponction lombaire retire 40 cent. cubes d'un liquide très louche presque purulent, et l’on injecte par l'aiguille 20 cent. cubes de sérum de Dopter.

13 mars. — Nuit mauvaise. Grande agitation et délire. Vomissements très fréquents.

La céphalée persiste, ainsi que la raideur de la nuque, mais elle est moins prononcée. La malade se plaint de souffrir des poignets et on constate au niveau des articulations radiocarpiennes, des deux côtés, de la douleur, un peu de rougeur et d'æœdème; cet œdème s'étend également sur le dos de la main, et 1l existe de la douleur à la pression au niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne du quatrième doigt.

On note encore un peu de névralgie sciatique gauche caractérisée par de la douleur au niveau des points fessiers, trochantériens, fémoraux et péroniers.

1% mars. — Nuit très agitée. La raideur de la nuque est de nouveau plus prononcée; pour la première fois apparaît un léger Kernig.

Les vomissements ont disparu; la constipation persiste ; la langue est toujours sèche, et le pharynx infecté.

Les urines sont toujours peu abondantes et contiennent 15 grammes d’albumine.

La ponction lombaire ne retire que 10 cent. cubes d'un liquide moins louche.

Injection de 20 cent. cubes de sérum.

15 mars, — Grande amélioration. La céphalée a disparu ainsi que le Kernig ; la raideur de la nuque est peu prononcée.

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