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opalescent et qui jaillit avec force ; le culot de centrifugation montre une quantité considérable de polynucléaires et des cocci groupés en diplocoques extracellulaires.
Etat général très mauvais. Température 41 degrés. Pouls
27 août. — On constate des mouvements convulsifs du membre supérieur gauche. Il existe sur les membres supérieurs et inférieurs, surtout à gauche, une éruption à contours géographiques, formés de placards à centre café au lait, bordés d’un liséré rose,
Mort le même jour,
Autopsie (partielle). — Traînées purülentes le long des vaisseaux à la surface du lobe pariétal de l'hémisphère gauche. Foyers de ramollissement le long de la pariétale ascendante gauche, dans le lobe occipital droit et dans la corne frontale droite. Légère hémorragie pie-mérienne au niveau du lobe pariétal droit. Moelle épinière un peu congestionnée.
Utérus ne renfermant aucun débris, mais on trouve un peu de pus jaunâtre, crémeux dans son intérieur.
Examen bactériologique. — Les cultures du liquide céphalo-rachidien et du pus méningé donnent uniquement du staphycoloque qui a causé à la fois la méningite et Le processus d’artérite auxquels sont dus les trois foyers de ramollis-
sement cérébral.
OBSERVATION XVII (Inédite) (M. Chirié)
Méningite suppurée de la base. — Femme de trente ans,
enceinte de quatre mois. — Mort. — Autopsie.
Femme de trente ans, enceinte de quatre mois, primipare, sans maladie antérieure, entre à la Maternité de l'hôpital Beaujon le 22 janvier, envoyée par son médecin pour fièvre.
Du 22 au 26 janvier,la malade reste à l'isolement de l'hôpital Beaujon,où on lui faitdes injections. La température est à grandes oscillations :le22 au matin 37 degrés, le soir 4o degrés ; le 24, 33 degrés ; le 25,40 degrés; le 26 au matin, 4r degrés.
On transporte alors la malade à l'hôpital Broca, où on ne la reçoit pas, et de là à la Maternité, où elle entre à l’infirmerie le 26 au soir. Température : 37°2.
Dans la soirée, quelques contractions utérines se font sentir ; la malade, examinée, est trouvée en travail d’avortement et transportée à l'isolement de la Maternité,
Le lendemain 27, à 5 heures du matin, les contractions deviennent plus violentes. Température : 38°6 ; pouls, 104 ; respiration : 40. Etat général bon ; urines claires, pas d’albumine. L'utérus remonte jusqu'à deux travers de doigt sous l’ombilic ; le col est perméable, l'œuf intact. A 3 heures du soir, rupture spontanée des membranes, à 10 heures expulsion de j’œuf en deux temps. Il ne présente absolument aucune odeur. Il y a rétention partielle de la caduque : on fait un curage digital, un écouvillonnage, un lavage utérin et un badigeonnage à la glycérine créosotée. Température ;
39°8, pouls 136.
Le 28 et le 29 la température oscille autour de 38 degrés ; on continue les injections.
Le 30 température 386 le matin, 40 degrés le soir. On ordonne des bains, à 28 degrés d'abord, puis à 29 degrés, à 20 degrés, enfin à 18 degrés. Pas de réaction. La température reste à 40 degrés toute la nuit.
31 janvier. — La malade est prise de vomissements à 5 heures du matin, puis à 7 heures. Ces vomissements, d’abord alimentaires, deviennent ensuite liquides, jaunâtres.
À l'examen, le ventre n’est ni douloureux ni ballonné : température : 40 degrés, on donne des baïns a 16 degrés, auxquels la malade réagit. Le soir on fait une injection intra-veineuse de 10 centimètres cubes d'argent colloïdal électrique.
Le lendemain, 1+ février, la malade se plaint pour la première fois de céphalée. Température 39°3 le matin, 3893 le soir. Argent colloïdal : 30 centimètres cubes le matin, 20 centimètres cubes le soir.
Pendant la nuit, la température reste entre 3703 et 36%. La céphalée devient violente, persistante, au matin la malade
se plaint d’en souffrir beaucoup.
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A la visite, elle est en état de somnolence; pour avoir une réponse, il faut crier fort, et interroger à plusieurs reprises. Les réponses sont lentes mais correctes et conscientes. Les pupilles sont égales des deux côtés, et dans un état de contraction assez prononcée. Elles ne réagissent pas à la lumière ;
en fermant les yeux, elles ne se dilatent pas et restent telles quand on ouvreles paupières. On constate un peu de raideur de la nuque et un ébauche de Kernig.
Le signe de Babinski est négatif. Les réflexes n’ont pas été recherchés.
Pensant à une infection méningée, on décide une ponction lombaire. Au moment où on allait la pratiquer, la malade, qui buvait toute seule (avec peine d’ailleurs) présenta une série de troubles : cyanose, gêne respiratoire, qui firent penser à une légère paralysie glosso-labio-laryngée, ayant fait que dans la déglutition quelques gouttes de liquide étaient passées dans la trachée.
Ces troubles cessèrent rapidement, et un mieux apparut, au moment où mise enposition inclinée, on allait pratiquer la respiration artificielle.
La ponction, faite la malade assise, fut très bien supportée et donna 5o centimètres cnbes de liquide purulent, verdâtre, très fibrineux.
À midi 45, la malade, de nouveau, se cyanose, ne peut plus parler; et malgré tous les moyens employés: respiration artificielle, huile camphrée, caféine, elle succombe à r-heure du soir.
Examen histologique du liquide. — 11 y a un dépôt de 1 centimètre de hauteur de pus dans le tube à essai sans
centrifuger.
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L'examen montre des leucocytes entièrement dégénérés et une grande quantité de diplocoques intra et extracellulaires, encapsulés, prenant le Gram. Ce semble être des pneumocoques, les cultures n’ont pas été faites.
Autopsie, par M. Durante, chef de laboratoire à la Maternité.
Le cœur est normal, sauf environ 100 grammes de liquide citrin. Myocarde très épais et dense. Pas d’endocardite.
Poumons. — Pas de pleurésie ; congestion et fort œdème diffus, comme dans la grippe.
Foie normal, sauf une ou deux petites ecchymoses sousglissoniennes discrètes.
Reins très gros, très épais, très lourds, rouges, décortiquant bien ; dans le droit, plusieurs petits points jaunes : abcès miliaires.
A l'examen histologique il existe des lésions épithéliales très accusées : Le rein présente en effet les caractères ordinaires des néphrites infectieuses. Il y avait aussi une énorme infiltration leucocitaire et une multitude de petits abcès miliaires.
Rate petite, mais molle.
Pas de péritonite.
Utérus bien revenu, contenant de légers paquets de fibrine ; enduit jaunâtre sur le col, qui présente un petit noyau saillant.
Cerveau : convexité normale.
Méningite suppurée de la base.
ETIOLOGIE
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La lecture de ces observations nous montre que l’étiologie des méningites au cours de la puerpéralité est la même que celle des méningites rencontrées en dehors de cet état.
L'infeclion des méninges est primitive ou secondaire. Sur 17 cas que comportent nos observations, nous en trouvons 8 (obs. I, IV, V, VI, VII, IX, X, XII) qui sont nettement primitifs.
Dans 5 autres cas nous voyons la méningite se déclarer au cours d’une maladie infectieuse : pneumonie (obs. XIV, XV) pleurésie purulente (obs. XI) infection puerpérale (obs. XIT et XVI).
Dans 3 cas enfin, malgré l'examen, on n’est pas parvenu à démontrer si la méningite était primitive ou secondaire.
Dans l'observation II, l'ensemencement du pus prélevé à l’autopsie est resté stérile, la malade (une syphilitique) est en pleine période secondaire. La syphilis at-elle favorisé l’évolution de la méningite? Voilà ce qu'il est impossible de préciser.
La malade de l'observation IT était atteinte de grippe compliquée d'une otite gauche suppurée.
L’autopsie n’a montré aucune lésion du côté du rocher; on est en droit cependant de soupçonner l’otite d’être la cause de la méningite. La malade de l'observation VIT a vécu dans un milieu grippal, soignant son mari et son fils atteints de grippe. Dans ces deux cas l'examen a montré que l'infection était due au pneumocoque. Consalvi a, en effet, signalé la méningite cérébro-spinale suppurée, comme complication de la grippe. Bar et Boullé ont constaté que l'infection à pneumocoque s’observait souvent au cours de la grippe pendant la puerpéralité.
On est ainsi amené à penser que, dans ces deux derniers cas, la grippe fut la cause initiale de l’infection méningée.
La malade de l’observation XVII expulse un œuf intact et sans odeur, l’autopsie montre les organes génitaux absolument sains, l’utérus ferme et bien revenu ; dans ce cas nous sommes en droit de conclure à une méningite primitive.
La recherche de l’agent pathogène a été faite 13 fois dans le pus méningé, dans le liquide des ventricules et dans le liquide céphalo-rachidien retiré par ponction lombaire.
Le pus méuingé a été examiné dans 10 cas; on a trouvé du pneumocoque dans 5 cas (obs. I, IE, VI, XI, XIV), 2 fois da pneumocoque associé avec du tétragène dans l'observation V, avec du staphylocoque dans l'observation VII, une fois du staphylocoque pur (obs. XVI), une fois du coli-bacille pur (obs.
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XI), une fois enfin les ensemencements sont restés stériles.
Dans le liquide des ventricules on rencontre 2 fois du pneumocoque pur (obs. V, VII), dans ce cas on trouva dans le pus méningé du staphylocoque associé au pneumocoque.
Le liquide retiré par ponction lombaire a été examiné 6 fois. Dans 2 cas, où l'examen portait en même temps sur le pus méningé et le liquide céphalo-rachidien, on trouva les mêmes agents pathogènes c’est-à-dire du staphylocoque (obs. XVI), du pneumocoque (obs. XI).
Dans les {4 autres cas, l'examen bactériologique porta seulement sur le liquide céphalo-rachidien. On a trouvé 1 fois du pneumozoque pur (obs.
XVII), 1 fois du streptocoque probable avec du pneumocoque (obs. X), 1 fois du streptocoque pur (obs. XIII).
Dans quelques formes secondaires, on a procédé à l'examen des autres organes. Ainsi, observation XIV, le pneumocoque a été trouvé en même temps que dans les méninges, dans le liquide pleural, dans le pus de l’abcès du poumon, et jusque dans le sang. Dans l'observation XV, le pus de la pleurésie diaphragmatique contenait du pneumocoque comme le liquide céphalo-rachidien et le pus méningé.
Maintenant que nous connaissons les micro-organismes de la méningite cérébro-spinale suppurée de la puerpéralité, étudions les causes étiologiques