‹ Méningites cérébrales et cérébro-spinales au cours de la puerpéralitéChapitre 6 sur 32 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(Crouzat. Société Obstétricale de France, 1897.)

Méningite aiguë suppurée à preumocoques ; début le lende-

main de l'accouchement. — Mort. — Autopsie

Femme de quarante ans, XIl-pare, accouchée à terme, sans incident. Pas de fièvre ni d’albuminuerie. Le lendemain de l’accouchement, le matin, elle se plaint de la tête. Après midi, elle donne à téter ; à 3 heures elle prend une crise violente avec quelques mouvements convulsifs peu étendus ; elle tombe dans le coma absolu avec des vomissements abondants.

Raideur de la nuque, attitude en chien de fusil ; dilatation et inégalité pupillaire ; elle se mord la langue et les lèvres. Un peu de contracture des membres, température 39°1.

Mort, vingt-quatre heures après. On a discuté successivement le diagnostic d’éclampsie, de méningite tuberculeuse,

d'hémorragie méningée.

Autopsie. — Traînées de pus jaunâtre le long des vaisseaux pie-mériens de la base, de la convexité du cerveau et du cervelet. Pas de tubercule. Les cultures donnent du pneu-

mocoque pur.

OBSERVATION II (Bar et Dubrisay, 1898.)

Grippe. — Otite gauche suppurée. — Méningite purulente à pneumocoques. — Grossesse à terme. — Accouchement spontané d'un enfant vivant. — Mort de la mère. — Autopsie.

Femme de trente ans, primipare, vue pour la première fois le 13 janvier 1898, par M. Dubrisay, enceinte et à terme. Elle a eu les jours précédents un peu de céphalée et de toux ; depuis deux ou trois jours, elle accuse un peu de douleur dans l'oreille gauche. Rien d’apparent du côté de celle-ci ; rien aux poumons. Enfant vivant en O I D P. Tête engagée.

Les 15 et 16 janvier il s’est écoulé une certaine quantité de pus par l'oreille gauche, l'écoulement s’est tari spontanément le 16 au soir.

Peu après, la femme a ressenti des douleurs de tête assez vives et a eu, la nuit, des vomissements alimentaires, puis bilieux, assez abondants.

Du 17 au 18, amélioration. Le 19, dans la matinée, les douleurs de tête reparaissent, la malade est dans un état de torpeur continuelle dont on a peine à la tirer, elle se plaint de souffrir continuellement de la tête. À ce moment on constate qu'elle est en travail, bien qu’elle n’accuse pas de contrac-

tions utérines douloureuses. On la transporte à la clinique,

eme

« où elie entre à 8 heures du soir ; à ce moment, malgré sa torpeur, elle répond encore sans difficulté aux questions qu'on lui pose. Une demi-heure après son entrée, elle accouche spontanément d’un enfant vivant de 3.300 grammes, parti trois jours après en nourrice en bon état. La température au moment de l'accouchement était de 37°4.

La malade reste assoupie pendant une heure environ après | son accouchement. Vers 10 heures du soir elle commence à s'agiter dans son lit. Cette agitation va croissante, si bien que trois personnes ne peuvent la maintenir dans son lit, d’où elle essaie constamment de sortir. Elle ne répond pas aux questions qu'on lui pose et repousse violemment les infirmières.

Vers 7 heures du matin elle semble se calmer un peu. Tem-

pérature 3804 ; mais elle est toujours sans connaissance.

+ À 10 heures, M. Bar voit la malade, et pense soit à de la manie aiguë, soit à des accidents d'hystérie.

A 11 heures, après une injection de 1 centigramme de chlorhydrate de morphine, elle semble s’endormir d’un sommeil très calme.

À 1 h. 30, elle fait deux grandes inspirations et succombe. À aucun moment elle n’a présenté de phénomènes de contracture.

Autopsie par M. le D: Planchon.

Pas de lésion viscérale digne d’être notée. A l’ouverture du crâne, on ne constate d'abord rien d'anormal du côté des sinus, de la dure-mère, ni du rocher gauche. Les méninges se détachent avec la plus grande facilité. En soulevant le cer-

veau, on aperçoit au niveau du bulbe un liquide franchement

purulent. Les lésions sont limitées à la base du cerveau et à

ses parties latérales. La pie-mère est recouverte d’un exsu-

Ra) 19 — dat franchement purulent, plus abondant au niveau de la scissure de Sylvius des deux côtés. Il y a du pus crémeux dans le quatrième ventricule ; les deux ventricules latéraux sont remplis de pus franc.

Sur des préparations extemporanées faites avec Le pus pris

dans les ventricules, on trouve des pneumocoques.

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