IV SEPTEMBRE. P, AUGUSTIN BORLER
* Le quatrième jour de septembre de Tan 1698, le P. Augustin BoRLER, du diocèse de Trêves, mourut à Mayence, pendant qu'il gouvernait pour la troisième fois la Province du Haut-Rhin. A part les années consacrées à l'enseig-nement des belles-lettres, de la philosophie et de la théologie dans les collèges de Bamberg, de Haguenau, de Molsheim, de Ma3ence et de Wurtzbourg, le P. Borler consuma sa vie religieuse dans les charges de Recteur et de Provincial au milieu des temps les plus difficiles. Entre les qualités éminentes dont il était doué, l'auteur de sa notice relève surtout son incomparable charité. Il faisait siennes, dit-il, les épreuves et les souffrances de tous ses inférieurs, et ne supportait pas qu'un seul d'entr'eux se retirtit d'auprès de lui le cœur serré ou mécontent.
Cette tendresse pourtant n'était rien moins que molle ou indulgente à l'excès. Il ne cessait d'exhorter les siens aux vertus fondamentales de l'Institut, l'obéissance, le renoncement, l'humilité, et aux pratiques de la pénitence extérieure, sans lesquelles, répétaitil, il n'est point de progrès dans la perfection et point de sécurité pour la persévérance dans la Compagnie. Le P. Borler donnait lui-même l'exemple de la mortification et de l'attachement à sa vocation qu'il estimait, disait-il, autant que son propre salut. Aussi quand le devoir de sa charge l'obligeait à se défaire de quelque sujet, il en ressentait une peine profonde ; il multipliait ses pénitences pour essayer de sauver le coupable ; il le recommandait aux prières de la communauté, et ce n'est qu'après avoir épuisé sans fruit tous les moyens, qu'il se résignait à le renvoyer dans le
monde. Ce fidèle serviteur de Dieu et de la Compagnie mourut à l'âge de soixante-dix ans, dont il avait passé cinquante en religion.
Siimmor, vitee defunctor. Provinc. Rheni Super. {Archiv. Rom.}.
Le quatrième jour de septembre de l'an 1735, mourut à Prague, sa patrie, au collège Saint-Clément, le P. Adalbert Schrôïter, célèbre par sa dévotion à la sainte agonie. En l'honneur de ce mystère, il s'était engagé par vœu à suivre Notre-Seigneur dans le troisième degré d'humilité comme le dernier des esclaves, à ne laisser passer aucun jour sans accomplir quelque acte de renoncement et de mortification, comme de porter le cilice pendant une heure au moins, ou de prendre trente-trois coups de discipline, à ne goûter jamais de fruits nouveaux.
Le P. Schrutter reconnaissait devoir à ces pratiques des grâces de choix très précieuses. Quelques semaines après sa mort, il apparut tout brillant de gloire à un religieux de l'Ordre de saint Dominique qui avait été autrefois son fils spirituel et le laissa rempli de la plus douce consolation. C'est le Père dominicain luimême qui raconta cette vision, se déclarant prêt à en attester la vérité sous la foi du serment. Le P. Schrotter était mort à l'âge de cinquante-six ans, dont il avait passé trente-neuf dans la Compagnie.
Litterœ ann. colleg. S. J. Prcigœ ad S.-Clementem, ann. 1735 {Archiv. Rom.}.