V SEPTEMBRE
* Le cinquième jour de septembre de l'an 1680, mourut au collège de Vienne le P. Ladislas Vid, hongrois, très digne, au jugement de ses contemporains, d'être comparé aux premiers Pères de la Compagnie. Il remplit successivement presque toutes les charges de sa Province ; il fut professeur de mathématiques, de philosophie, de théologie, directeur de congrégation, compagnon du Père Provincial, Maître des novices. Instructeur des Pères du troisième an, Recteur de plusieurs collèges et deux fois Vice-Provincial de Hongrie; partout il donna l'exemple des plus belles vertus. Avant même son élévation au sacerdoce, il avait accompagné pendant trois ans les Pères qui donnaient des missions dans les pays soumis à la domination turque, et leur avait servi de catéchiste. Il garda toute sa vie un attrait spécial pour cet humble et fructueux ministère. Plus tard, quand ses occupations ne lui permirent plu& de l'exercer par lui-même, il recommandait instamment aux jeunes religieux dans les collèges de le remplir avec la plus grande diligence ; il les animait à ne rien négliger pour inspirer h leurs élèves une horreur profonde et comme instinctive du péché, fondée sur la crainte et l'amour de Dieu.
La vertu d'humilité ne lui était pas moins chère. Son biographe
raconte qu'il devançait les plus fervents de ses novices dans les travaux les plus bas et les plus pénibles. Il usait de l'autorité que lui conféraient ses charges, pour se faire donner par le Frère ling-er ce qu'il y avait de moins ]>on, de plus grossier dans les vêtements, et se livrer presque sans mesure à son amour de la mortification. Sa conformité à la très sainte volonté de Dieu rappelait celle de notre Bienheureux Père. Rien ne pouvait l'altérer. Il disait un jour à un de ses confidents que si, par un juste jugement du ciel, la Hongrie venait à tomber sous la domination des Turcs ou des hérétiques, il n'en serait presque pas ému, sachant très bien que Dieu peut tirer le bien du mal. Le P. Vid mourut très saintement à l'âge de soixante-sept ans, dont il avait passé cinquante dans la Compagnie.
Lîtterœ ann. Provinc. Aiistr.^ ann. 1686 {Archw. Rom.). — Ka.zy, Histor. unwersit. Tyrnaviens., p. 292. — Stoger, Scriptor. Provinc. Aiistr.,
p. Zll . SOMMEUYOGEL, BlhUotll., t. 8, J). 645.