‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 112 sur 322 · VII SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

VII SEPTEMBRE

* Le septième jour de septembre Je l'an 1655, mourut au collè- ■ge d'OImutz, en se dévouant au service des Nôtres décimés par une maladie pestilentielle, le Frère Goadjuteur Melchior Robelius, ■que l'auteur de sa notice appelle l'unique espérance humaine du collège dans cette grande calamité, et la suprême consolation des malades. Les plus belles vertus brillaient en lui ; il était sobre de paroles, mais d'une ardeur infatigable au travail ; il mettait à toute chose un soin et une application admirables, et ne pouvait souffrir ni négligence, ni laisser-aller.

C'est dans l'emploi d'infirmier surtout qu'il se signala ; on peut <lire qu'il y fut un modèle accompli de patience, de délicatesse et <Ie charité. Son dévouement lui mérita dans la Province le beau nom d'Aureus Frater. En 1645, un mal contagieux s'était déclaré au collège de la Compagnie à Brûnn ; le F. Robelius était alors à Kuttenberg; il écrivit aussitôt aux supérieurs pour solliciter la faveur de se dévouer : depuis bien des années, disait-il, sa résolution était prise de donner sa vie et mille vies, s'il les avait, pour la gloire de Dieu ; il offrait donc ses forces, ses fatigues et toute sa personne pour les consacrer au service de ses frères. Sa généreuse demande fut agréée ; mais le temps du mart3Te n'était

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pas encore venu : le F. Robelius sortit sain et sauf de cette épreuve.

Dix années plus tard, à Olmutz, il renouvela les mêmes prodig-es de charité. Quatre religieux du collège étaient en proie au redoutable mal; il en arracha deux à la mort; mais en soignant les autres, dit l'annaliste, avec la sollicitude d'une mère pour ses enfants, il fut lui-même frappé, et six jours après il expira pleuré de tous; il était àg-é de quarante ans, et en avait passé vingt dans la Compagnie.

Summar. vitiv defunct. Provinc. Bohein. (Archù>. Rom.).

* Le septième jour de septembre de l'an 1669, mourut à Prague le P. Jean Possmurnius, d'Oppeln en Silésie. Dès le début de sa vie religieuse, il avait pris cette triple résolution, à laquelle il demeura fidèle jusqu'à son dernier soupir : « Oratio sine ijitermissione, fervor sine remissione, anior Del sine divisione ; prière sans interruption, ferveur sans relâche, amour de Dieu sans partage. » On le vit un jour, dans l'église du Saint-Sacrement à Prague, élevé de terre et ravi en extase. Sa dévotion envers la très sainte Vierge, honorée dans les m3'stères de ses douleurs, était très ardente et toute filiale ; il reçut en récompense de cette Mère de miséricorde plus d'une faveur extraordinaire.

A cette tendresse de piété le P. Possmurnius joignait le zèle d'un apôtre. Il établit à Olmutz, sous le patronage de saint Isidore, une congrégation de laboureurs qui devint bientôt florissante et produisit de grands fruits de sanctification et de salut. Les jours

de fête solennelle, les congréganistes accouraient de plus de quarante villages et se pressaient à la table sainte pour recevoir des mains de leur Père le pain eucharistique. Non moins actif était le zèle de Thomme de Dieu envers les prisonniers et les condamnés à mort. Il préparait avec un tel dévouement ces derniers à subir leur peine et à paraître devant le souverain Juge, qu'on entendit une pauvre femme s'écrier dans l'excès de sa joie en montant sur l'échafaud : « 0 mon Père, ce n'est pas à la mort, c'est à une fête que je vais ».

La peste s'étant déclarée à Prague, le P. Possmurnius se consacra sans ménagement au service des malades, dans l'espérance de remporter la palme du martyre de la charité. Mais bien que le fléau ne l'eût pas épargné, ses désirs ne furent pas pleinement comblés. Il plut à Notre-Seigneur de le conserver pour travailler plus longtemps à sa gloire et au salut des âmes. L'heure de la récompense arriva enfin. Gomme le lui avait annoncé le saint et célèbre P. Martin Stredonius, le P. Possmurnius expira dans la pleine possession de lui-même, en répétant ces paroles : O niisericordissime Jesu ! O Jesii, libéra me. 11 était âgé de soixante-seize ans et en avait passé quarante-cinq dans la Compagnie.

ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohern., t. 4, lib. 1, n. 155, p. 228; lib. 2, n. 123, p. 426; /. 5, lib. 5, n. 1, p. 305. — Patrignani, Menol., 7 sett., p. 45. — Summnr. vitœ dejuncl. Provinc. Bohem. {Archiv. Rom.). — SoMMERVOGEL, BibUotli., t. 6, p. 1093,

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