‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 114 sur 322 · VIII SEPTEMBRE. P. JEAN MAGIRUS · texte numérisé non relu

VIII SEPTEMBRE. P. JEAN MAGIRUS

plaies du Sauveur, il les lui jeta au visage: « Prends garde, lui ditil d'un ton sévère, que ce sang n'ait été répandu sans fruit pour ton àme ».^ Jean jMagirus ne résista pas à ce grave avertissement; il se défit aussitôt de son opulent patrimoine et embrassa l'humilité et la pauvreté de Jésus-Christ dans la Compagnie.

Il y remplit avec un grand zèle et une haute réputation de science et de vertu les différents ministères de notre vocation, l'enseignement, la prédication, la direction des âmes, et gouverna le séminaire des clercs à Spire. Une précieuse faveur couronna sa sainte vie. Notre-Seigneur, accompagné de saint Ignace, se fit voir à lui sur son lit de mort et inonda son àme d'une très douce consolation. Avant d'expirer, l'heureux moribond eut encore la force d'adresser à ses frères une véhémente exhortation, dit le P. Nadasi, pour leur recommander la sainte obéissance ; et après avoir collé ses lèvres avec amour sur les plaies de son crucifix, il rendit le dernier soupir à l'âge de cinquante-et-un ans, dont il avait passé vingt-huit dans la Compagnie.

Litterx ann. Soc. Jesu, anno 1609, p. 381. — Nadasi, Aniius clier. memor., 8^ sept., p. 152. — Drews, Fasti 8» sept., p. 350. — Sotuel- Lus, Biblioth., p. 473. — Sommehvogel, Diblioth., t. o, p. 313.

Page 1