‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 127 sur 322 · XVI SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

XVI SEPTEMBRE

* Vers l'année 1684, on ignore la date précise, le P. Charles BoRANGO fut massacré en haine de la foi par les barbares de Zarpane, une des Iles Mariannes. « Je l'ai connu dès son enfance, écrivait de son vivant le P. Nicolas Avancin. C'est un homme d'un génie élevé, propre à former de grands desseins, et plus propre encore à les exécuter. Sa confiance en Dieu est sans bornes. Rien n'est capable de lui inspirer de la crainte... » Cet éloge est largement justifié par ce que nous savons du P. Borango. Né à Vienne d'une illustre famille, il entra dans la Compagnie à seize ans, attiré par le bruit des miracles que saint François Xavier opérait alors dans le ro3aume de Naples, et bientôt après il sollicita avec de vives instances la faveur d'être envoyé aux missions les plus pénibles et les plus abandonnées. Des obstacles de toute nature arrêtèrent longtemps la réalisation de ses désirs. Quand ils eurent été levés, il dut attendre encore deux années en Espagne le départ de la flotte des Indes ; mais ni ces obstacles, ni les souffrances et les ennuis d'une interminable traversée de Cadix au Mexique et du Mexique aux Iles Mariannes, ne purent refroidir son ardeur.

C'est l'île de Guan qui lui fut d'abord confiée. 11 y recueillit en

peu de temps de grands fruits ; les barbares ne purent résister à A. G. I. — T. II. — 28.

son zèle et à sa charité, et courbèrent docilement leurs têtes sous le joug' (le Jésus-Christ. Le P. Borango cultivait avec amour cette terre qu'il était venu chercher si loin et s'appliquait à la rendre de plus en plus fertile par le travail, la prière, le jeune et d'autres austérités très rigoureuses, quand il reçut l'ordre de la quitter, pour aller porter la bonne nouvelle aux habitants de l'île Zarpane, population grossière et sauvage, plongée encore en grande partie dans les ténèbres de l'idolâtrie. Véritable fds d'obéissance, il partit aussitôt: il allait au martyre. En effet, peu de mois après, éclatait une conjuration contre les missionnaires et les Espagnols. Le Père Supérieur lui fît offrir un refuge dans un lieu moins exposé ; mais l'homme de Dieu refusa d'abandonner les chrétiens qu'il avait déjà réunis ; et c'est au milieu d'eux qu'il fut frappé et donna généreusement son sang pour le nom de Jésus-Christ. Ses glorieux restes furent transportés quelques années plus tard en Autriche et placés avec honneur comme ceux d'un martyr dans l'église de la maison professe à Vienne. 11 était âgé de quarante-quatre ans et en avait passé vingt-huit dans la Compagnie.

BoNBARDi, Undeni Grsecenses academici suo sanguine purpurati, p. 137. — Le GoBiEN, Histoire des Isles Marianes, liv. 9, p. 343. — Avancin, apud Le Gobien, Op. cit., p. 349. — Patiugnani, Menai., 24 agost.., p^ 194. Stocklein, Der neue Welt-Bott, l^'^ part., n. 8, p. 23, Leben des ehrwiirdigen P. Caroli Borango... — Platzweg, Lebensbilder dentscher Jesuiten, p. 117. — Stôger, Scriplores Propinc. Austr., p. 34. — SoMMERVOGEL, BibUot/i., t. 1, p. 1783. — Elogium V. P. Caroli Boranga in insiila Rota a rebellibus Marianis occisi in augnsto vel sept, anno 1681 [Archiv. Rom.).

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