XV SEPTEMBRE
Le quinzième jour de septembre nous rappelle la mémoire du Frère Scolastique Léopold Frey, de la Province d'Autriche, mort à Vienne en 1644, après environ ving-t mois de noviciat. Il trouvait surtout dans son amour de la sainte Vierge le courage de ne reculer devant aucun sacrifice. Cette tendre Mère ne lui avait jamais rien refusé, disait-il; à son tour il ne voulait rien refuser de ce qu'il croyait pouvoir lui plaire. Aussi était-il parvenu à un degré d'abnégation, d'amour du mépris et de sainte haine de son corps, que l'on eût admiré dans les serviteurs de Dieu les plus consommés. Le démon cherchant à le distraire dans ses derniers moments par quelques pensées inutiles : « Jamais, ô mon Jésus, s'écria le saint jeune homme ; plutôt mourir mille fois ! Je suis tout à vous, ô Jésus ! » Le F. Frey n'était âgé que de dix-huit ans.
Summar. vitas defuncl. Provinc. Austr. (Archiv. Rom.). — Nadasi, Annus dier. menior., 15^ sept.., p. 168. — Patrignani, Menolog., 15 sett., p. 120.
* Le quinzième jour de septembre de l'an 1678, mourut à Goritz avec la réputation d'un saint le P. François Baselli, né dans le
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Frioul. Il avait longtemps demandé, sans pouvoir les obtenir, les missions de la Dalmatie. Ses rares qualités le firent appliquer au gouvernement des Nôtres. Il fut tour à tour Recteur des collèges de Goritz et de Trieste, Maître des novices à Vienne, Instructeur des Pères de troisième probation à Judenburg. Dans ces charges diverses, son principal souci, remarque l'auteur de sa notice, fut toujours de former les siens à la mortification intérieure, bien persuadé qu'en dehors de cette base nécessaire, il n'est point de perfection, ni même de vertu solide et durable. Aussi disait-on que de tous les novices instruits à son école, on n'en avait pas vu un seul, pendant un grand nombre d'années, sortir de la Compagnie, ni même vaciller dans sa vocation.
Le P. Baselli était lui-môme entièrement mort aux recherches de la nature; il ne vivait et respirait que pour Dieu. Son oraison était continuelle, son abstinence rigoureuse, ses flagellations souvent sanglantes. Les âmes les plus saintes, comme les plus chargées de crimes, recouraient avec la même confiance à ses lumières et à sa charité ; il les accueillait avec un empressement égal pour les conduire toutes à Jésus-Christ. Le P. Baselli expira pieusement à l'âge de soixante-quatorze ans, dont il avait passé cinquante-six dans la Compagnie.
Summar. viue defunctor. Provinc. Austr. (Archîv. Rom.). — Sotuellus, Biblioth., p. 215. — Sommervogel, Biblioth., t. i, p. 999.
Le quinzième jour de septembre de l'an 1679, mourut à Dillingen le P. Ernric Pirhing, dont le grand ouvrage sur le droit canon
est encore oujourd'liui classique aux yeux des savants ; mais le P. Pirhing n'est pas moins digne d'éloges pour l'éminence de ses vertus. L'auteur de sa courte notice en relève deux qui jetèrent un plus vif éclat et méritent à bon droit d'être glorifiées. La première, c'est la générosité d'âme avec laquelle il brisa les liens qui l'attachaient au monde et renonça, pour l'amour de Jésus-Christ, au brillant avenir qui l'attendait comme unique rejeton d'une noble et opulente famille, dont le nom allait s'éteindre avec lui. La seconde, c'est son union à Dieu ; elle était, on peut dire, intime et continuelle ; en toute chose, le P. Pirhing n'avait en vue que Dieu et ne prenait conseil que de lui. Quand il sortait de l'oraison, il paraissait transfiguré; ses yeux, les traits de son visage, ses discours ne respiraient que Dieu.
Dans les derniers mois de sa vie, sa raison subit quelque défaillance ; mais son délire même révélait les pensées habituelles de son âme ; il ne parlait que d'aimer Dieu, de convertir les pécheurs, de les arracher à l'enfer. Quelques heures avant d'expirer, le P. Pirhing recouvra la plénitude de ses facultés; il reçut avec une grande piété les sacrements de l'Eglise, et s'endormit plein de confiance dans la paix du Seigneur, à l'âge de soixante-treize ans, dont il avait passé cinquante-et-un dans la Compagnie.
Summar. i'itœ defunctor. Proviiic. German. Super. (Arc/iiv. Rom.). — SoTUELLUs, Biblioth., p. 196. — Sommervogel, Biblioth.., t. 6, p. 851. — Feller, Dictionn. histor., t. 5, p. 63.