XX SEPTEMBRE. P. FRANÇOIS WINSAUER
un aimant avec une puissance irrésistible. Uniquement désireux de se sacrifier, il avait demandé avec instance les missions des Indes. Les supérieurs n'ayant pas accédé à ses désirs, il se dédommagea de leur refus, en se consacrant sans réserve aux ministères de zèle et de charité sur les champs de bataille et dans les hôpitaux, au chevet des malades.
Pendant qu'il enseignait la philosophie à Tyrnau, ayant trouvé un jour un soldat dont la chair s'en allait en pourriture, et dont personne n'osait approcher, il courut à lui ; mais telle était l'horreur de ce spectacle, qu'il ne put le supporter d'abord et tomba en défaillance. Revenu à lui, il reprit son œuvre avec un courag-e héroïque, se chargea du pauvre malade et ne cessa de le soigner, de le préparer à la mort et de le consoler jusqu'à ce qu'il l'eût vu rendre pieusement son âme à Dieu. Le P. Winsauer mourut à l'âge de quarante ans, dont il avait passé vingt-cinq dans la Compagnie.
Summar. vitœ defunctor. Provinc. Austr. (Archù>. Rom.). — Stôger, Scriptor. Proviiic. Austr., p. 397. — Sommervogel, Biblioth., t. 8, p. 1164.
XXI septembre;
* Le vingt-et-uniènie jour de septembre de l'an 1723, mourut dans la résidence de Lieheschitz en Bohême le P. Jean ^Iillek, religieux d'une sainteté éminente, d'une ardeur infatigable au travail. 11 fut tour à tour Recteur, Instructeur des Pères de troisième probation, Père spirituel et Provincial. La règle onzième du sommaire des Constitutions était le sujet préféré de ses exhortations ; il en était lui-même une expression vivante. A force de se vaincre, le P. Miller s'était rendu tellement maître de tous les mouvements de la nature, que rien d'humain ne semblait capable de le troubler. Il accueillait les croix et les épreuves comme les meilleurs présents de Dieu. « Bénies soient les heures, répétait-il souvent, où il m'a été donné de souffrir pour Dieu ! Bénies soient les créatures qui m'ont aidé à souffrir » !
A l'âge de soixante-dix ans, délivré du souci des affaires, le P. Miller recueillit avec une pieuse diligence et ordonna les matériaux d'une histoire de la Province de Bohème, que le P. SchmidI mit en œuvre plus tard. Ce fidèle serviteur de Dieu expira très saintement à l'âge de soixante-treize ans, dont il avait passé cinquante-quatre dans la Compagnie.
Litter. ann. coUeg. Progensis ad ann. 1723 (Notes du P. de Guil- HERMYJ. — SoMMERvoGEL, BibUoth. , t. 5, j). 1095. — Pelzel, Boeniïsche Gelehrte, p. 117. — Schmidl, Histor. Proviiic. Boheni., t. 1, Prœfatio.