‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 137 sur 322 · XXIII SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

XXIII SEPTEMBRE

Le vingt-troisième jour de septembre de l'an 1634, le F. Daniel EcKSTEiN, Coadjuteur temporel, mourut très saintement au collège de Straubingen, en assistant les pestiférés. Il était né à Strasbourg dans l'hérésie. Pour témoigner sa reconnaissance à Notre-Seigneur du don inestimable de la foi, il se dépensait tout entier, dans la mesure de ses forces et de son degré, à la conversion des hérétiques, ne perdant aucune occasion de les éclairer et offrant à Dieu pour leurs âmes, son travail, ses prières et son sang. Non content de se traiter lui-même avec une rigueur extrême, il persuada à un jeune homme qui l'aidait dans son office de linger au collège d'Ingolstadt, de se faire son auxiliaire et de le flageller sans miséricorde. Une défense expresse de ses supérieurs put seule arrêter ces pieux excès.

Mais ce qui est plus admirable encore, c'est son invincible patience à servir, durant deux années entières, une sorte de maniaque insupportable dont il avait été chargé, sans donner le plus léger signe de mécontentement ou d'ennui. Le F. Eckstein puisait cette force d'àme dans une étroite et continuelle union de cœur avec Jésus crucifié. Les grâces qui sont le privilège des intimes amis de Dieu, semblent ne lui avoir pas été refusées \ plusieurs fois,' il

annonça d'avance les événements à venir, et les faits justifièrent ses prédictions. Le F. Eckstein mourut à l'âge de trente-trois ans; il en avait passé quatorze dans la Compagnie.

Kropf, Histor. Provinc. German. Superior., t. 5, n. 558, p. 288. Alegambe, Heroes et Vicdm., p. 368.

* Le vingt-troisième jour de septembre de l'an 1610, mourut à Braunsberg le P. Ambroise Welther, né à Eisenach. Quelques années après son noviciat, il était passé dans la Province de Lithuanie, et l'Esthonie lui avait été assignée pour champ d'apostolat. Il travaillait depuis dix-huit ans dans cette rude mission, lorsqu'il fut fait prisonnier à Dorpat avec plusieurs autres religieux par le duc Charles de Sudermanie et livré par ce prince aux caprices d'un de ses officiers, homme brutal, ennemi juré de l'Eglise romaine et de la Compagnie. Nous dirons dans la biographie du P. Christophe Spotec à quels indignes et cruels traitements ils furent soumis par ce barbare, et ensuite par le duc lui-même. Quatre perdirent la vie dans ce martyre, qui se prolongea plusieurs années.

Le P. Welther se prodigua de toute manière pour alléger les souffrances de ses compagnons de captivité. Il raccommodait luimême leurs chaussures et leurs vêtements, ou bien il fabriquait des cadrans solaires qu'il distribuait ensuite aux geôliers, dont il gagnait ainsi les bonnes grâces et dont il obtenait quelques adoucissements pour ses frères et pour lui. Rendu à la liberté après cinq anpées de cet horrible emprisonnement, l'intrépide confesseur de

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