XXII SEPTEMBRE
Le vingt-deuxième jour de septembre de l'an 1639, mourut dans la maison professe de Pragaie le P. Ferdinand Kolowrat, descendant d'une des plus anciennes et illustres familles de la Bohême, et allié par sa mère au sang des empereurs. Pour briser les liens qui l'enchaînaient si étroitement au monde, il s'enfuit à l'âge de dix-neuf ans de la maison paternelle, à l'exemple de saint Stanislas, et alla demander à Rome au P. Claude Aquaviva de le recevoir dans la Compagnie. Dès les premiers jours de son noviciat, il mit à embrasser la croix et la pauvreté de Jésus-Christ, la généreuse ardeur et l'indomptable fermeté qu'il tenait de ses ancêtres. Puis après quelques années de préparation dans la carrière de l'enseignement et des études, il fut envoyé en Bohême pour y combattre l'hérésie.
On peut voir dans le récit de la lutte publique contre le redoutable prédicant Helvic Garth, un exemple des victoires que remporta le P. Kolowrat sur les ennemis de la foi. Deux ans avant sa mort, il fut frappé de paralysie, mais il n'en persévéra pas moins jusqu'à son dernier soupir, à se traîner chaque jour au confessionnal. Ce fut vraisemblablement dans l'exercice de ce saint ministère, qu'il fut atteint de la peste, dont une grande partie du
peuple de Prague était alors attaquée. Le P. Kolowrat était âgé de cinquante-lîuit ans, et en avait passé trente-huit dans la Compagnie.
ScHMiDL, Hislor. Proi'inc. Boheni., t. 3, lib. i, n. 101, p. 99; t. 4, lib. 3, n. 65, p. 618. — Sommervogel, Bibliolh.^ t. k, p. 1186. — Pelzel, Boemische Gelehrte, p. 14.