‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 14 sur 322 · IX JUILLET. P. LAURENT FLUCKE · texte numérisé non relu

IX JUILLET. P. LAURENT FLUCKE

té. La recommandation du saint Provincial s'imprima si profondément dans son âme, qu'il ne la perdit jamais de vue et y demeura fidèle jusqu'à son dernier soupir.

Au reste, il ne négligeait rien pour mériter cette grâce souveraine de la persévérance. Il gardait si fidèlement toutes ses règles qu'il méritait d'être proposé comme modèle aux Frères coadjuteurs. Il faisait chaque jour deux heures d'oraison à genoux, crucifiait sa chair par de sanglantes disciplines, jeûnait tous les samedis en l'honneur de la sainte Vierge et la veille de toutes ses fêtes, et méditait souvent sur la mort pour s'animer au mépris des choses périssables. Dans un sentiment de reconnaissance autant que de réparation, il avait souvent demandé la grâce de vivre dans la communion de l'Eglise catholique autant d'années au moins qu'il en avait passé dans l'hérésie. II fut libéralement exaucé ; car il mourut à l'âge de soixante-six ans, quarante ans après sa conversion et trente-sept après son entrée au noviciat.

Summar. vitœ defunct. Provinc. Bohem. (Archiv. Rom.}.

* Le neuvième jour de juillet de l'an 1708, mourut à Ettlingen, dans la soixante-dixième année de son âge et la cinquante-et-unième depuis son entrée dans la Compagnie, le P. Laurent Flucke, appelé par l'auteur de sa notice Fulcrimx Provincix. Sa science théologique, sa rare connaissance de l'Institut et de toutes les ordonnances des Pères Généraux et des Pères Provinciaux, son union à Dieu, son zèle pour la discipline religieuse, sa prudence dans

MENOLOGE S. J.

le gouveiMiement des Nôtres, lui avaient mérité ce glorieux titre. Le P. Flucke avait une dévotion particulière aux mystères du Verbe incarné. Le seul souvenir de ces témoignages ineffables de l'amour du Sauveur pour les hommes, lui faisait souvent verser des larmes abondantes. Après sa mort, on trouva teint de son sang un horrible ciliée, dont il avait coutume d'afïliger sa chair innocente. C'est en effet sous la garde d'une mortification rigoureuse qu'il avait mis de bonne heure la pureté de son âme et de son corps ; il ne se relâcha jamais de cette sévérité ; « car, disait-il, l'ennemi domestique est toujours à craindre, même dans la vieillesse et sous les cheveux blancs ».

Summar. vitœ defunctor. Provinc. Rheni Super. (Archiv. Rom.). — Som- MERVOGEL, RihUotli., t. 3, p. 819.

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