‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 13 sur 322 · IX JUILLET · texte numérisé non relu

IX JUILLET

* Le neuvième jour de juillet de l'an 1666, moururent à Mayence, victimes de leur dévouement au service des pestiférés, le P. Valen- TiN Walter et son compagnon le Frère Coadjuteur Georges Betzoldt.

Le P. Walter avait enseigné la philosophie et la théologie morale et occupait avec éclat la chaire de l'église métropolitaine de Mayence. A la première apparition du fléau, il courut s'offrir aux supérieurs, et « avec une singulière joie de son âme », dit l'auteur de sa notice, il se fit le consolateur et l'ami des malades et des moribonds, jusqu'à ce qu'il fût lui-même emporté par le mal, à l'âge de trente-neuf ans, dont il avait passé vingt dans la Compagnie.

Le F. Georges Betzoldt ne comptait que trente -et-un ans, dont treize de Compagnie. Il avait fait depuis longtemps l'apprentissage du dévouement, en recherchant les occupations les plus basses et les plus pénibles. Choisi pour servir de compagnon au P. Walter, il versa des larmes de joie et promit de lutter dans cette glorieuse arène comme un vaillant fils de saint Ignace, jusqu'au dernier soupir. •

Summar. vitse defunclor. Provinc. Rheni Super. (Archiv. Rom.}.

Le neuvième jour de juillet de l'an 1684, mourut dans la résidence de Grupna, non loin de Prague, le F. Mathieu Hantsch, Coadjuteur temporel, né à Dresde de parents hérétiques. A l'âge de quinze ans, il avait perdu tous les siens dans la terrible contagion qui, en 1633, moissonna jusqu'à seize mille personnes dans cette ville. Resté sans appui, il erra longtemps comme un vagabond à travers l'Allemagne. Tout en demeurant attaché aux erreurs dans lesquelles il avait été élevé, Mathieu Hantsch ne laissait pas de fréquenter les églises catholiques et d'entendre avec plaisir la parole de Dieu. Une grave maladie décida sa conversion : et par un nouveau bienfait d'en haut, il recouvra subitement la santé en recevant pour la première fois le corps de Notre-Seigneur. Ce fut encore dans la sainte communion, qu'il entendit, quelques années plus tard, la voix divine qui l'invitait à entrer dans la Compagnie. Toujours miséricordieuse à son égard, la providence de Dieu l'entoura d'une protection spéciale dans sa nouvelle carrière. Le F. Mathieu Hantsch était dangereusement malade au noviciat de Brûnn, lorsque le P. Martin Stredonius, provincial de Bohême, arriva dans la maison pour y faire sa visite annuelle. Suivant sa coutume constante, le serviteur de Dieu, après avoir adoré le Saint Sacrement, alla directement à l'infirmerie, et trouvant le F. Mathieu, il le consola doucement; puis lui mettant la main sur la tête, il pria quelque temps en silence : « Ayez bon courage, lui dit-il ensuite ; bientôt vous serez guéri » ; et il ajouta : « Si vous voulez ne jamais être ébranlé dans votre vocation, remerciez Notre-Seigneur dans tous vos examens de conscience de vous avoir appelé à la Compagnie ». Le F. Mathieu revint en effet sur-le-champ à la san-

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