XXIV SEPTEMBRE. — P. JEAN FALCO
vil, demeurait souvent à jeun jusqu'à neuf ou dix heures du soir, aimant mieux passer la nuit sur la terre nue ou en plein air, que d'accepter un asile dans les .maisons des riches et des grands. On devine au prix de quelles austérités le missionnaire avait dû, pour ainsi dire, façonner son corps à tant de fatigues. Toutes les nuits il se flagellait rigoureusement ; partout, à l'autel, au confessionnal, en chaire, hors de la maison dans ses courses de charité ou de zèle, il portait une chaîne de fer étroitement serrée autour de ses reins. Quant aux humiliations et aux opprobres, il s'y dévouait chaque matin par cette courte prière : « Il ne tiendra pas à moi, je vous le promets, ô mon Dieu, qu'aujourd'hui même, je ne sois foulé aux pieds de tous les hommes pour l'amour de vous ». Aussi était-ce vraiment un spectacle digne des anges, que de voir avec quelle générosité il acceptait les reproches et les mépris.
Au plus fort d'une de ses maladies, un de nos Pères, encore retenu dans les flammes du purgatoire, lui apparut, sollicitant de lui l'aumône d'une messe comme l'unique condition de sa délivrance et de son entrée au ciel. Le P. Falco demanda aussitôt à son supérieur la permission de monter à l'autel et, après l'avoir obtenue, il célébra le saint Sacrifice, en se faisant soutenir par l'un des Nôtres. A peine avait-il achevé le dernier évangile, que le défunt lui apparut de nouveau, montant dans la gloire. Lorsque la nouvelle se répandit dans Ma3'ence que le saint missionnaire était désespéré des médecins, les enfants de ses catéchismes se réunirent d'eux-mêmes, et parcoururent la ville en procession, chantant les litanies des saints et les cantiques allemands du P. Falco, s'arrêtant devant toutes les images de la sainte Vierge, pour de-
mander la guérison de leur père, dont la mort allait les laisser orphelins.
Summar. vitas Defunctor. Provinc. Rheni Super. (Archiv. Rom.). — Vita P. Joannis Falconis defuncti Moguntise ann. 1626, die 14 Ç!) sept. [Arc/i. Rom., ib.j. — Cordara, Histor. Societ. Jesu, part. 6", lib. 7, n. 78, p. 367; lib. 9, n. 72, p. 494; lib. 11, n. 58, p. 20. — Sotuellus, Bibliot/i., p. 445. — Tanker, Societ. Jesu Apostolor. imitatrix, p. 572. — Nadasi, Ann. dier. memor., 14'' sept., p. 164. — Drews, Fasti Soc, 24^ sept., p. 373. — Reiffenberg, Histor. Prov. Rheni Infer., p. 636-642. — Nieremberg, Varones ilustres, 2"^ e'dit., t. 6, p. 60. — Patrignani, Menol., 24 sett., p. 201. — Guidée, Me'nologe, p. 304. — Sommervogel, Biblioth., t. 3, p. 534.
* Le vingt-quatrième jour de septembre de l'an 16S1, mourut à Olmutz le P. Louis Clemius, né à Erfurt, religieux d'une admirable douceur, jointe à une extrême sévérité pour lui-même et à un zèle ardent pour le salut des âmes. Bien qu'il fût d'une santé délicate, il était perpétuellement au chevet des malades dans les hôpitaux ou près des captifs dans les prisons.
Quand le vice-roi de Bohême, comte Bernard de Martinitz, entreprit de ramener à l'Eglise les hérétiques de ses domaines, il fit appel à son dévouement. Ces pauvres gens étaient si étrangement hostiles et obstinés dans leur erreur, qu'il fallut d'abord faire protéger le missionnaire par la force armée et qu'il y eut même des rixes sanglantes entre les soldats et la population. Mais à la fin la douceur, l'affabilité, la charité de l'homme de Dieu eurent raison des préventions et des haines et après six mois seulement d'apostolat, près de quatre cent cinquante dissidents rentrèrent dans