XXVIII SEPTEMBRE. — P. JEAN BEIRLE
de ce ministère, disait-il, lui faisaient oublier par leur douceur, et le poids de l'âge et la longueur du chemin.
Quand la peste se déclara parmi les habitants d'Oetting, l'homme de Dieu trouva dans son zèle de nouvelles forces pour se dévouer au secours des mourants ; il eut le bonheur d'ouvrir le ciel à un grand nombre de ces malheureux, avant de consommer luimême, dans ce glorieux apostolat, le sacrifice de sa vie, à l'âge de soixante-douze ans, dont il avait passé cinquante-trois dans la Compagnie.
Alegambe, Heroes et Victim. charit., p. 374. — Tanner, Societ. Jesu apostolor. imitatr., p. 641. — Kropf, Histor. Provinc. German. Superior., t. 5, n. 579, p. 302. — Patrignani, Menol, 28 sett., p. 248. — Sommervogel, Biblioth., t. 5, p. 804.
Le vingt-huitième jour de septembre de l'an 1700, au collège de Mindelheim, dans la Province de Haute-Allemagne, mourut le P. Jean Beirle, religieux d'une très haute contemplation.
Il avait puisé dès son noviciat, dans la méditation fondamentale de saint Ignace, cet esprit de vie surnaturelle qui, durant les cinquante-huit années qu'il passa dans la Compagnie, ne s'affaiblit jamais. Dans ses prières, ses études, son enseignement, dans l'exercice du saint ministère, l'amour et le bon plaisir de Dieu furent constamment son unique fin ; mais jaloux de s'unir sans cesse plus étroitement d'esprit et de cœur à Jésus-Christ, il supplia la très sainte Vierge, avec une ferveur extraordinaire, de lui obtenir A. G. I. — T. II. — 32.
cette grâce de s'oublier lui-même sans retour pour être tout entier à son Seigneur.
Il fut pleinement exaucé; son cœur s'embrasa d'une telle flamme de charité, qu'il le sentait battre dans sa poitrine et prêt à éclater. De fréquentes extases accompagnaient son oraison. Il reçut l'ordre, comme autrefois le P. Balthasar Alvarez, de rendre par écrit au Père Général un compte exact de tout ce qui se passait dans son âme. Après le plus sérieux examen, la décision des supérieurs fut qu'il pouvait suivre sans crainte la voie intérieure dans laquelle le conduisait l'Esprit-Saint. Le P. Beirle mourut à l'âge de soixante-seize ans.
Patrignani, MenoL, 28 sett., p. 249. — Sommervogel, Biblioth., t. 1, p. 1131.