‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 150 sur 322 · XXIX SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

XXIX SEPTEMBRE

Le vingt-neuvième jour de septembre de l'an 1800, mourut à Vienne le P. Michel Denis, si célèbre en yVllemagne, et comme savant et comme poète, que vers la fin de sa vie, pas un étranger de distinction, disent ses biographes, ne passait quelques jours dans cette grande capitale sans le visiter. Dans ses nombreux ouvrages, l'amour de la religion, de la patrie, de la science, et particulièrement de la jeunesse, l'inspire à chaque page. Par ses travaux d'histoire littéraire et de bibliographie, le P. Denis s'efforce d'initier les jeunes gens à la connaissance de tous les trésors intellectuels, et de leur tracer le plan d'études sans lequel ils ne peuvent prétendre, parmi les hommes, à l'influence souveraine du talent; et par ses chants, il les anime à tout ce qui est beau, noble et saint. Les plus illustres protestants eux-mêmes n'hésitèrent pas à lui rendre hommage, malgré sa profession de Jésuite.

Après la suppression de la Compagnie, au milieu des distinctions les plus flatteuses dont il fut honoré, le P. Denis demeura toujours le véritable enfant de saint Ignace ; il voulut que son épitaphe rappelât qu'il avait vécu sous sa règle. On connaît aussi sa touchante élégie en l'honneur de la Compagnie, tombée sous les coups redoublés des ennemis de Dieu et de l'Église, et dont la chute fut

suivie de tant de ruines. A l'âge de soixante-dix ans, neuf mois seulement avant sa mort, il composait le chant séculaire du xviii® siècle, dont la beauté a fait dire aux éditeurs de la Biographie universelle : « Il n'a été donné à aucun poëte lyrique, ancien ou moderne, de terminer sa carrière d'une manière aussi solennelle ». Pour tout résumer en un mot, le P. Denis ne sépara jamais ce que ses vingt-six ans de vie religieuse lui avaient appris, dès sa jeunesse, à réunir dans une affection indissoluble, la science, le zèle et la piété.

Stôgeb, Scriptor. Provinc. Austr., p. 55. — Caballero, Biblioth. Scriptor. S. J., supplem. 1"™, p. 124. — Sommervogel, Biblioth., t. 2, p. 1914. — DuHR, Jesiiiten-Fabeln, ch. 17, p. 338 ; ch. 23, p. 536. — Biographie univers., t. 11, p. 83. — Feller, Dictionn. histor., t. 2, p. 530. — L'abbé Maynahd, Des Etudes et de V enseignement des Je'suites à l'époque de leur suppression, Paris, 1853, ch. 2, p. 95. — Zalenski, Les Je'suites de la Russie-Blanche, traduct. du P. Vivier, t. 2, p. 360.

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