‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 151 sur 322 · XXX SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

XXX SEPTEMBRE

* Le trentième jour de septembre de l'an 1680, dans la résidence de Patak en Hongrie, mourut le P. Jean Grueber, né à Lintz, « homme, dit l'auteur de son éloge, né pour les travaux apostoliques, et qui faisait ses délices des privations ». II aspirait à se dépenser parmi les peuples de la Transylvanie ; mais ses rares connaissances en mathématiques jointes à son éminente vertu le firent choisir pour les missions de l'extrême orient. Arrivé à Pékin, il fut associé pendant trois ans aux travaux du célèbre P. Adam Schall, de la Province du Bas-Rhin.

Sur ces entrefaites, le Père Général de la Compagnie, pour éviter les dangers et les interminables longueurs de la traversée d'Europe en Chine, avait recommandé aux missionnaires de cher cher une route par terre à la fois plus sure et plus rapide. Le P. Grueber et le P. Albert de Dorville, jésuite belge, furent chargés de cette tentative ; et le P. Adam Schall obtint pour eux de& sauf-conduits de l'empereur. Les deux missionnaires partirent au mois de juin 1661, traversèrent la Tartarie Kalmouke et le Thibet, s'arrêtèrent à Lhassa, puis franchissant les monts Himalaya, passèrent au Népaul, au Bengale, et atteignirent Bénares et Agra, où le P. de Dorville, épuisé par les fatigues de ce long voyage de

sept mois, rendit le dernier soupir. Après une courte halte, le P. Grueber continua sa route en compagnie du P. Henri Roth, de la résidence d'Agra, et après avoir traversé le reste des Indes, la Perse et la Turquie, s'embarqua à Smyrne, d'où il arriva à Messine, et bientôt après à Rome.

Sa mission terminée auprès du Père Général, il reprit son bâton de voyageur, décidé à regagner la Chine par le nord de l'Europe et les possessions moscovites. Mais il fut arrêté à la frontière de Russie et dut rebrousser chemin. Il essaya une autre voie plus au sud. L'ambassadeur d'Autriche allait à Constantinople ; il se joignit à lui. Il n'eut pas le temps d'exécuter ce nouveau projet. La maladie l'arrêta en Hongrie ; là, dans la petite résidence de Patak, l'intrépide missionnaire, après de cruelles souffrances héroïquement supportées, trouva le terme de ses courses et de ses fatigues, à l'âge de cinquante-neuf ans, dont il avait passé trenteneuf dans la Compagnie.

Summar. vitse defunct. Provinc. Austr. {Archù>. Rom.}. — Pfister, Notices biograph. et bibliogr., n. 111 (Arch. dom.). — Sommervogel, Biblioth., t. 3, p. 1884. — Stôgeb, Scriptor. Provinc. Austr., p. 110. — Biographie univers.

* Le trentième jour de septembre de l'an 1703, le P. Balthazar Selegovich mourut saintement à Warasdin, sa patrie. Il avait passé la plus grande partie de sa vie religieuse dans les ministères apostoliques, tour à tour catéchiste, directeur de la congrégation de la Sainte-Agonie, prédicateur à Fiume, Agram et Warasdin. Il

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