I" OCTOBRE
* Le premier jour d'octobre de l'an 1655, mourut à Cologne le P. Adrien Horn ; il était âgé de soixante-treize ans et en avait passé cinquante-trois dans la Compagnie. Parmi les vertus dont il avait donné le constant exemple, l'union à Dieu, la délicatesse de conscience, une aimable égalité d'humeur, l'habitude des pieux entretiens, il faut signaler encore la charité et la largeur de cœur qu'il fit paraître dans le gouvernement des Nôtres. Pauvre lui-même, il accueillit à bras ouverts dans son collège de Cologne les exilés que la guerre y faisait affluer de toute part.
Les dépenses faites à cette occasion allèrent si loin, qu'il ne put se défendre un jour d'une certaine inquiétude. Mais aussitôt il entendit au fond de son cœur une voix qui lui disait d'avoir con- A. G. I. — T. II. — 33.
fiance; et en effet, peu de moments après, une aumône considérable lui fut remise et para à toutes les difficultés. Le P. llorn joignait à cette générosité d'àme un tendre amour pour la pauvreté. S'il voyait quelque religieux, par oubli ou négligence, manquer à la délicatesse de cette vertu : a Je vous en prie, disait-il, ne blessons pas la sainte pauvreté ».
Summar. vitre defunctor. Provinc. Rheni Infer. (Archiv. Rom.]. — Na.- DAsi, Annus dier. meinor., l^ octob., p. 198. — Drews, Fasti Soc, la octobr., p. 383.
* Le premier jour d'octobre de l'an 1759, mourut à Zsolna, sa patrie, le P. Gabriel Job, hongrois, religieux d'un zèle ardent et infatigable. Quand il ouvrit ses missions parmi les populations hérétiques de la Hongrie septentrionale, il y trouva les esprits si étrangement prévenus et irrités, qu'il dut se cacher parfois, et que dans plusieurs villages on le chercha pour le mettre à mort. Mais sa douceur, sa prudence, son inépuisable charité triomphèrent de toutes les contradictions et de toutes les haines ; et dans l'espace de quelques années, il eut la gloire d'arracher à l'erreur jusqu'à dix mille personnes. Ce grand chasseur d'âmes mourut à l'âge de soixante-six ans, dont il avait passé quarante-six dans la Compagnie,
Stôger, Scriptores Provinc. Aiistr., p. 164. — Sommervogel, Biblioth.., t. 4, p. 802.