II OCTOBRE. — P. JOSSE JAGEMAN
concours du clergé et du peuple, qui le vénéraient à l'envi comme un saint.
Nadasi, Ann. clier. memor., 2» octob., p. 199. — Socherus, Histor. Provinc. Austr., lib. 8, nn. 27 seqq., p. 321, et passim. — Schmidl, Histor. Provinc. Bohem., t. 1, lib. 3, nn. 264 seqq., p. 333; lib. 4, n. 22, p. 34.5; /. 2, lib. 5, n. 137, p. 646. — Kropf, Histor. Provinc. German. Super., t. 4, n. 17, p. 8. — Litler. ann. Societ., ann. 1611, p. 492.
* Le deuxième jour d'octobre de l'an 1678, mourut au collège de Haguenau le P. Josse Jageman, parfait modèle d'obéissance, de régularité religieuse et d'humilité. Très dur à lui-même, toujours armé d'un rude ciliée, il était rempli pour ses frères d'une tendre charité, et se chargeait volontiers des plus humbles travaux pour leur venir en aide. La dernière année de sa vie, il demanda et obtint comme une faveur de joindre à ses occupations ordinaires celles de réfectorier et de sacristain. Il aurait continué longtemps ce double emploi, si le triste spectacle des maux qu'entraîne la guerre n'était venu hâter sa fin. La ville de Haguenau, prise par les troupes françaises, avait été livrée au pillage ; on n'entendait de toutes parts que lamentations et cris de détresse. Le P. Jageman fut si douloureusement frappé de ces scènes de désordre, qu'il en tomba malade et peu de temps après rendit le dernier soupir à l'âge de soixante-six ans, dont il avait passé quarante-huit dans la Compagnie.
Summar. vitœ def'unclor. Provinc. Wieni Super. (Archiv, Rom).
* Le deuxième jour d'octobre de l'an 1728, mourut à Gratz le P. Pierre IIehel, çir consuinmatcC virtiitis, comme l'appelle l'auteur de son éloge. Six semaines après sa naissance, sa pieuse mère l'avait offert, revêtu de l'habit de la Compagnie, à la très sainte Vierge, en demandant à Dieu, si c'était son bon plaisir, qu'au moment de la mort, ce fils bien aimé fût paré des mêmes livrées. Pierre réalisa le vœu maternel. A seize ans, il entra au noviciat de Trentschin, dans la Province d'Autriche. Il y apportait une vertu déjà mûre et les plus belles qualités de l'esprit et du cœur. Après avoir occupé avec une g-rande distinction les chaires de grammaire, de rhétorique et de philosophie, il entra dans la carrière apostolique. La prédication, l'assistance des malades et des moribonds, le soin des pauvres, des prisonniers, des condamnés à mort, remplirent tous les jours de sa vie. Ce qu'il a fait et souffert à Gratz, dit son biographe, dépasse toute croyance. A toute heure du jour et de la nuit, on le trouvait prêt ; et non content de ses propres travaux, il se chargeait, au moindre signe, de ceux des autres. On l'appelait le suppléant universel, l'homme qui s'est fait tout à tous.
Répandre son sang dans les missions lointaines pour le nom de Jésus-Christ lui paraissait la suprême félicité ; ce vœu de son cœur n'a^'ant pas été entendu, il ambitionna du moins la gloire du martyre de la charité. On le vit plus d'une fois, dans des temps de contagion, se dévouer, avec un héroïque courage, au service des malades. De malheureux soldats, la plupart luthériens ou calvinistes, décimés par la dyssenterie, étaient entassés pêle-mêle dans un étroit espace. Il n'en fallait pas tant pour exciter le zèle et la