IV OCTOBRE. P. THÉODORE ATCHE
mi les gens de guerre, il a gagné de pécheurs et d'hérétiques, soutenu de pauvres, consolé d'affligés et de malheureux tombés dans le désespoir. Il avait dans tout le camp la réputation d'un saint ; on admirait son esprit de prière, son mépris de lui-même et du monde, son inépuisable charité. Sa pureté était angélique; il avouait lui-même qu'il n'avait plus de luttes à soutenir. Envoyé dans la Hongrie, désolée par les armées musulmanes, l'espérance de verser son sang pour le nom de Jésus-Christ le fit tressaillir de joie. Un autre martyre, celui de la charité, l'attendait. En prodiguant ses soins à de pauvres soldats malades, il épuisa rapidement ses forces. Il essaya quelque temps de lutter contre sa faiblesse ; mais à la fin il dut céder et se retira sous sa tente.
On lui demandait s'il n'éprouvait pas quelque regret de mourir loin de la présence et de la consolation de ses frères : « Eh quoi, répondit-il, quelle mort plus belle que d'expirer dans l'exercice de la charité, dans une expédition contre les ennemis du nom chrétien » ? Peu de moments avant de rendre le dernier soupir, il invita son compagnon à prendre quelque repos ; car il ne devait, disait-il, mourir que dans une heure; et en effet, ce terme écoulé, après avoir répété avec amour les noms de Jésus, Marie, Joseph, Ignace et François Xavier, le P. Atche remit son âme entre les mains de Dieu. Il était âgé de quarante ans à peine, et en avait passé seize dans la Compagnie.
Summar. vitae defunctor. Provinc. Rheni Inferior. [Archiv. Rom.).
* Le quatrième jour d'octobre de l'an 1738, mourut à Karistadt, victime de sa charité, le P. Ignace Waz, directeur de la congrégation du Sauveur Agonisant. La peste s'étant déclarée dans la ville, il s'offrit sur-le-champ pour assister les malades. Mais afin que son sacrifice fût plus méritoire et plus semblable à celui de Notre-Seigneur, il pria le Père Provincial de le lui commander en vertu de la sainte obéissance. Il fit ensuite sa confession générale comme pour mourir et, rempli d'une joie surhumaine, s'élança dans la lugubre carrière. Il y déploya tant d'ardeur et d'intrépidité, qu'on le désignait sous le nom du Père qui semble non pas courir, mais voler au secours des malades. Il ne tarda pas à être atteint lui-même ; et au bout de trois jours seulement, il remit saintement son âme à Dieu. Le P. Waz n'était âgé que de trentequatre ans, et en avait passé dix-sept dans la Compagnie.
Litterse annuœ Provinc. Austr., ann. 1738 [Archiv. Rom.).