V OCTOBRE
* Le cinquième jour d'octobre de l'an 1647, le P. Benoit Pole- Nius couronna glorieusement à Brùnn par le martyre de la charité une vie sanctifiée tout entière par l'abnégation et l'humilité. Dès son noviciat, il avait pris pour règle de conduite de travailler beaucoup et de faire peu de bruit. Il était le consolateur et le père de tous les affligés, des prisonniers, des malades, des condamnés à mort. Pendant le siège de Briinn par le général suédois Torstenson, il se glissa plus d'une fois, à la faveur des ombres de la nuit, jusqu'aux tranchées ennemies, pour y chercher des blessés et leur porter les secours de la religion. Sa parole était si douce, pénétrée d'un tel accent de tendresse et de bonté, qu'il dissipait les plus furieuses colères, rétablissait la paix et l'union entre les esprits divisés, arrachait au vice et ramenait au bien les pécheurs les plus endurcis. Ce vrai fils de saint Ignace mourut à l'âge de quarante-deux ans, dont il avait passé vingt-deux dans la Compagnie.
ScHMiDL, Histor. Provinc. Boheni.^ t. 5, lib. 5, n. 29, p. 358.
* Le cinquième jour d'octobre de l'an 1692, mourut à Tyrnau le P. MicHEL Landsgrôner, né à Schomberg en Moravie. Ses études et sa régence terminées et couronnées par la profession solennelle,- il se livra tout entier à l'évangélisation des villages situés autour de Leopoldstadt, place forte de Hongrie. Il faisait ses délices de vivre au milieu de ces pauvres gens, de s'abaisser à leur niveau, de balbutier avec eux les premiers éléments de la foi catholique. Son supérieur lui demandait un jour s'il n'éprouvait pas quelque ennui ou quelque révolte de la nature à se trouver perpétuellement en contact avec des esprits si incultes : « Mon Père, répondit-il, quand je vois mon Seigneur et mon Dieu, sous les voiles du pain eucharistique, demeurer nuit et jour pour eux et pour moi dans de misérables églises à demi-ruinées, comment hésiterais-je à suivre son exemple et à me mêler à ces villageois, pour leur apprendre à l'aimer et à le servir de tout leur cœur » ? Le P. Landsgrôner mourut à l'âge de quarante ans, il en avait passé dix-huit dans la Compagnie.
Frid. Weiser, s. J., Vùie Patrum... in Hungaria..., Coloczœ, 1886, p. 22.