‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 162 sur 322 · VI OCTOBRE · texte numérisé non relu

VI OCTOBRE

* Le sixième jour d'octobre de l'an 1602, mourut à Inspruck le P. Barthélémy Welsperg, tyrolien. Il appartenait à une noble famille, et avait été élevé à la cour de Vienne parmi les pages du pieux archiduc Maximilien. Mais dès lors tous ses goûts le portaient vers Dieu et les choses de Dieu ; il lisait et relisait sans cesse la vie des saints et assistait chaque jour à trois messes. Des pensées d'une perfection plus haute se firent bientôt jour dans son àme. Sous prétexte d'un voyage dans sa famille, il quitte la cour, distribue ses biens, partie aux églises, partie aux pauvres, et vêtu d'un habit de pèlerin se dirige vers Rome. Là, il fait sa confession générale à un Père de la Compagnie, et demande à être reçu parmi les Frères Coadjuteurs. Le religieux, frappé d'un si magnifique exemple de mépris du monde et ravi des belles qualités de son pénitent, l'engage plutôt à retourner dans son pays, pour y reprendre et y compléter ses études, l'assurant qu'il rendra ainsi plus de gloire à Dieu. Barthélémy Welsperg se laisse persuader. Mais quand il reparaît en Tyrol, amaigri, couvert de haillons comme un mendiant, les siens, pleins de honte et de colère, refusent d'abord de le reconnaître et le chassent honteusement de la maison paternelle ; et c'est à grand'peine s'ils consen-

tent ensuite, vaincus par sa modestie, sa douceur et son humilité, à lui donner en aumône l'argent nécessaire pour s'entretenir aux écoles.

Trois ans plus tard, l'étudiant terminait sa rhétorique et, à l'âge de vingt-huit ans, allait frapper à la porte du noviciat de la Compagnie à Landsberg. Sa vertu, depuis longtemps formée à ce rude apprentissage de l'humiliation et de la pauvreté, ne fit que grandir chaque jour; et quand il eut achevé les épreuves ordinaires du noviciat et des études, personne ne fut surpris de le voir placé par le Père Général Claude Aquaviva à la tête du grand collège d'Inspruck. Mais il ne fit pour ainsi dire que s'y montrer. Presque aussitôt après, le P. Welsperg fut assailli d'un mal inconnu, qui du bras gauche s'étendit peu à peu à tout son corps et le réduisit à une complète immobilité. Les remèdes les plus énergiques furent vainement mis en œuvre ; le mal ne fit qu'empirer chaque jour. Les chairs du bras se corrompirent et nécessitèrent l'emploi du fer et du feu. Au milieu des plus violentes tortures, la patience du P. Welsperg ne se démentit pas un instant ; il se réjouissait de souffrir en union avec le Sauveur. Enfin il consomma son long et cruel mart^^re à l'âge de quarante-et-un ans, dont il avait passé treize dans la Compagnie.

Litterœ annuœ Societ. Jesu^ anno 1602, p. 463. — Histor. Proi'inc, German. Super., t. 3, decad. 7, n. 248 seqq., p. 114.

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