‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 167 sur 322 · IX OCTOBRE. P. JOSEPH FRANCK · texte numérisé non relu

IX OCTOBRE. P. JOSEPH FRANCK

tenir. Comme on l'engageait à se tenir en repos : « Tout mon repos, dit-il, mon unique repos, c'est Jésus et Marie ».

Summar. vitse defunct. Provinc. Bohem. (Arch. Rom.}. — Nadasi, Ann. dier. niemor., 9^ octob., p. 213. — Duews, Fasti..., 9* octob., p. 395. — Patrignani, Menol., 9 oltob., p. G3. — Grugerius, Pulveres sacri, 9» octob., p. 40.

* Le neuvième jour d'octobre de l'an. 1683, mourut à Presbourg le P. Joseph Franck, tyrolien. Trois vertus brillèrent en lui d'un éclat particulier et le rendirent également cher à Dieu et aux hommes, une prière continuelle, une admirable promptitude d'obéissance, même dans les choses les plus difficiles, et une franchise et simplicité qui ne connaissaient ni feinte ni dissimulation. 11 était depuis trois ans Recteur du collège de Lucerne, lorsqu'il fut nommé supérieur du petit groupe d'aumôniers militaires de la Compagnie, que le duc Maximilien de Bavière avait demandés pour accompagner les troupes, qu'il conduisait au secours de la ville de Vienne assiégée par l'armée ottomane. Cette distinction, qu'il ne put éviter, lui fut une occasion d'exercer son humilité et sa charité. Pendant qu'il pourvoyait libéralement ses compagnons de tout ce qui pouvait leur alléger les fatigues de l'expédition, il refusa d'accepter pour luimême aucun adoucissement, jaloux de goûter quelques-unes des délices de la pauvreté.

La veille du jour où devait se livrer la grande bataille contre les Turcs, le P. Franck célébra le saint Sacrifice, que le roi de Pologne, Jean Sobiewski, servit lui-même avec son fils. La messe

terminée, le pieux monarque se mit à genoux devant l'homme de Dieu, lui demanda sa bénédiction, et voulut ensuite qu'il la donnât à toute l'armée. On sait qu'elle fut l'issue de la glorieuse lutte engagée le lendemain. Pendant que l'armée victorieuse pillait les riches dépouilles laissées par l'ennemi en fuite, le P. Franck était en quête d'âmes à sauver. Grande fut sa joie de trouver quelques pauvres esclaves chrétiennes qu'il rendit à la liberté, et un petit enfant qui venait de naître au milieu de ce tumulte des armes. Il le baptisa solennellement peu après devant toute la cour de l'électeur de Bavière et, en l'honneur de ce prince, l'appela du nom de Maximilien.

Le P. Franck survécut peu de jours à ce grand triomphe de l'Europe chrétienne contre l'Islamisme. Atteint d'une grave maladie, suite de ses privations et de ses fatigues, il fut averti par la vierge sainte Barbe, à laquelle il avait une particulière dévotion, qu'il ne lui restait plus que trois jours à vivre. Il reçut avec de grands sentiments de piété les derniers sacrements ; et pour être plus semblable à Notre-Seigneur mourant sur la croix, il demanda qu'on lui tînt les bras étendus et levés vers le ciel ; c'est ainsi qu'il rendit le dernier soupir à l'âge de quarante-sept ans, dont il avait passé vingt-neuf dans la Compagnie.

Patrignani, Blenolog., 9 ottob., p. 65. — Sommeryogel, Bibliotli., t. 3, p. 929.

* Le neuvième jour d'octobre de l'an 1686, près de Saint-Georges, grosse bourgade des confins militaires de Warasdin en Hon-

Page 1