XI OCTOBRE
Le onzième jour d'octobre de l'an 1626, mourut à Vienne le P. Christophe Mayer, d'Augsbourg-, très habile controversiste et professeur de philosophie et de théologie pendant trente ans à Padoue, Brescia, Gratz et Vienne. Ses opuscules sur les huit principaux sujets de dispute entre les catholiques et les protestants jetèrent une telle frayeur dans le camp des luthériens, que l'électeur de Saxe et l'université de Leipzig chargèrent un de leurs plu& habiles ministres, Jean Hofer, de les réfuter îi tout prix. Maisl'événement fut tout autre qu'ils ne l'attendaient. Le champion qu'ils avaient choisi fut si pleinement convaincu par la force irrésistible des arguments du P. Mayer, qu'il ne tarda pas à se déclarer catholique et entra môme dans la Compagnie, oii il travailla beaucoup pour la gloire de Dieu.
Honoré par les plus hauts personnages de son temps, et en paticulier par l'empereur Ferdinand II, le P. Mayer n'en recherchait qu'avec plus d'ardeur les occasions de s'humilier. Craignant unjour d'avoir blessé involontairement en paroles un de ses frères^ il lui en demanda sur-le-champ pardon à genoux. Peu de moments avant d'expirer, comme on le priait de laisser un dernier mot d'édification : « Mes chers frères, répondit-il, il n'y a que les
humbles et les chastes qui persévèrent jus(iu'à la mort clans la Compagnie de Jésus ». Le P. Christophe Ma3'er était âgé de cinquante-huit ans, et en avait passé quarante-quatre en religion.
CoRDARA, Histor. Societ. Jesu, pari. G^ , Ub. 11, n. 10.^, p. 34. — So- TUELLus, Bibliolh., p. 142. — Stôgkh, Scriptor. Provinc. Austr., /?. 222. — SoMMEuvoGEL, BibUot/i., t. 5, p. 799.