‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 171 sur 322 · XII OCTOBRE · texte numérisé non relu

XII OCTOBRE

Le douzième jour d'octobre de l'an 1G18, mourut au collège d'Ingolstadt, en grande réputation de sainteté, le P. Jacques Rhem, si célèbre par son zèle à propager le culte de la très sainte Vierge dans les collèges de la Compagnie en Allemagne. Entré au noviciat de Rome en 15G6, il y vit bientôt arriver saint Stanislas, dont il fut regardé comme l'émule en innocence et en générosité. Pendant sa première probation, un oubli du Père Ministre l'ayant laissé trois jours sans nourriture, il considéra cette épreuve comme une disposition particulière de la Providence pour le bien de son àme, et reçut en récompense un don très rare d'abstinence et de mortification. Les lectures qu'il entendait au réfectoire, et en particulier celle du martyrologe, l'enflammaient d'un ardent désir de travailler et de souffrir pour Jésus-Christ.

De retour en Allemagne, le P. Rliem n'eut d'autre emploi, pendant quarante-neuf ans, que celui de préfet des pensionnaires ou des externes clans les différents collèges de sa Province. Les premières congrégations de la sainte Vierge en Allemagne furent son ouvrage et son plus puissant moyen d'apostolat. Rien n'a jamais surpassé, ni peut-être même égalé la réunion qu'il forma au collège d'Ingolstadt, de l'élite des congréganistes, sous le titre de

Collocutorium Marianum, et les règles qu'il leur donna pour vivre en dignes enfants de Marie. Il ne parvint d'abord à réunir que six écoliers en état de répondre à ses désirs ; mais, comme il disait, le nombre était pour lui peu de chose, la ferveur et l'influence chrétienne étaient tout. Le P. Rhem était saintement jaloux de connaître cjuel titre plaisait davantage à l'auguste Mère de Dieu. Or un jour, le 6 avril 1604, qu'il chantait les litanies de Lorette avec ses congréganistes, au moment où l'on entonnait le verset : Mater admirabilis, ora pro iiobis, la Reine du ciel apparut à son dévoué serviteur, et lui fît entendre que c'était sous ce titre qu'elle voulait être spécialement honorée.

Les grâces de guérison du corps et de l'àme, de vocation et de sainteté, dues à l'image de la Mère trois fois admirable, rendirent son nom célèbre dans tout le monde catholique ; on vit bientôt les enfants même des familles princières venir étudier à l'université d'Ingolstadt, uniquement pour être admis dans la congrégation. Quant au serviteur de Dieu, il menait une vie plus digne des anges que des hommes. Notre-Seigneur, sa très-sainte Mère et les bienheureux habitants du ciel l'honoraient de leurs visites ; une lumière divine lui faisait connaître l'état et la mort de ses congréganistes qui expiraient au loin ; les âmes du purgatoire venaient se recommander à ses prières, et on les entendait répéter d'une voix suppliante : a Pater Jacobe^ ora pro uobis. Pendant le saint Sacrifice, il n'était pas rare de le voir élevé de terre et éclatant de lumière. Les plus grands ennemis de la Compagnie avouaient hautement ne rien découvrir en lui qui ne fût admirable ; enfin les démons euxmêmes furent contraints en frémissant, par la toute-puissance divine, de rendre publiquement hommage à sa sainteté. Le P. Rhem

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