‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 173 sur 322 · XIII OCTOBRE · texte numérisé non relu

XIII OCTOBRE

Le treizième jour d'octobre nous rappelle la mémoire de deux Frères Coadjuteurs de la Province de Bohême, les Frères Gall Die- TRiCH et Philippe Berg, morts très saintement, le premier à Prague en 1649, et le second à Olmutz en 1653.

Le F. Gall Dietrich était toujours prêt à rendre service et ne s'inquiétait jamais de ce qu'il lui en coûterait de peine ; après avoir travaillé tout le jour, souvent il s'offrait encore à veiller les malades pendant la nuit. La prière et la charité lui rendaient douce toute fatigue ; il y joignait, particulièrement en l'honneur de la très sainte Vierge, de rigoureuses austérités. On reconnaissait, dit l'auteur de son éloge, les jours où il avait eu le bonheur de communier, à son recueillement plus profond et à la sainte joie qui brillait sur son visage, comme un reflet de la présence de Jésus-Christ. Il puisait à la même source divine cette patience inaltérable, qui lui faisait endurer sans une plainte des plaies cruelles et incurables, aussi bien que les remèdes plus cruels encore du fer et du feu.

Le F. Philippe Berg, à peine âgé de trente-huit ans, et portier du collège d'Olmutz, avait mérité le beau nom d'avocat des pauvres, tant il mettait de foi, d'amour et de dévouement à les ser-

vir. 11 se faisait surtout une joie de venir en aide, autant que le lui permettait l'obéissance, aux écoliers indigents ; il lui semblait véritablement, dit l'historien de la Province, que c'était Jésus-Christ lui-même, souffrant de la faim et de la soif, qu'il avait sous les jeux et secourait en leurs personnes.

ScHMiDL, Histur. Provinc. Bohcm., l. 5, lib. 5, n. 140, p. 572; lib. 6, n. 115, p. 926.

* Le treizième jour d'octobre de l'an 1621, mourut le P. Alexandre DoBOKAY, en grande réputation de sainteté. 11 était né à Doboka en Transylvanie, de parents hérétiques. Mais pendant qu'il fréquentait les classes du collège de la Compagnie à Klausenburg, il se convertit et peu après entra dans la congrégation de la très sainte Vierge. C'étaient les premiers pas vers une perfection plus haute. Nous savons par lui-même comment il fut appelé à s'engager sous le drapeau de saint Ignace.

« J'avais entendu, raconte-t-il, le Père directeur de la congrégation nous dire qu'il est extrêmement utile, lorsqu'on fait la sainte communion, de s'offrir à Dieu et de s'abandonner sans réserve à son bon plaisir. Or un jour que j'avais communié au grand autel de l'église de la Compagnie à Klausenburg, et que je venais de me conformer à cette pratique, ô bonté admirable de Dieu ! j'entendis très distinctement ces paroles prononcées à mon oreille : « Entre dans la Compagnie. » Le P. Dobokai ajoute que cet ordre le troubla vivement ; il essaya d'y résister et, pendant une année entière, se raidit contre la volonté de Dieu. Mais enfin il dut cour-

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