‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 178 sur 322 · XV OCTOBRE. F. GEORGES TOMPAI · texte numérisé non relu

XV OCTOBRE. F. GEORGES TOMPAI

donner asile. Il dut se retirer dans une cabane dont tous les habitants étaient morts, et parvint à peine, durant un temps assez long-, à trouver pour vivre un morceau de pain. Vainement criaitil au milieu des rues : « Si vous ne voulez pas de moi pour Père, acceptez-moi du moins pour serviteur et esclave. A toutes les heures du jour et de la nuit je suis à vous ». Beaucoup d'entre eux aimaient mieux mourir sans sacrements que de s'adresser à lui.

Sa charité finit cependant par amollir peu à peu le cœur de ces endurcis ; mais sa joie de gag-ner leurs âmes ne fut pas de longue durée. II fut bientôt atteint par la contag-ion et expira en offrant avec joie sa mort pour le salut de ceux qu'il avait si héroïquement aimés ; il était âg-é de trente-deux ans et en avait passé sept

Summar. vitofi defunctor. Provinc. Austr. Epistola P. Hkrmxnni Houst ad P. Vincent. Caraffa, « Gn-Ecii, 29 octob. 1646 ». (Archiv. Rom.). — Ale- GAMBE, Heroes et Victini. charit., p. 430. — Tanner, Societ. Jesu milit., p. 732. — P.vTniGN.vNi, iMenoL, 15 olloh., p. 108. — Drews, Fasti Soc,

i ;') octob. , p. 403.

* Le quinzième jour d'octobre de l'an 1741, le Frère Goadjuteur Georges Tompai, hongrois, mourut au collège de Klausenburg, où il avait passé quarante-et-un ans comme dépensier, compagnon du Père Procureur, économe ou .gérant des biens du collège. II s'était distingué par un si admirable dévouement et avait rendu de si nombreux et si importants services, qu'après sa mort on lui décerna les honneurs réservés d'ordinaire aux bienfaiteurs insignes. Ainsi

on célébra solennellement le saint Sacrifice au maître-autel, pendant que des religieux de la ville l'ofTraient aux petits autels, et on fit aux pauvres de larges distributions d'aumônes pour le repos de son Ame.

Le F. Tompai, dit l'auteur de son éloge, méritait ces hommages par ses grandes vertus. C'était le modèle accompli de tous ceux qui sont occupés aux offices domestiques. Etroitement uni à Dieu, il donnait à la prière tous les moments dont il pouvait disposer ; quelles que fussent ses occupations, à la ville ou à la campagne, jamais il n'abrégeait ses exercices de piété ; souvent même il assistait à deux messes. Par ses exemples et de bonnes paroles dites à propos, il était au milieu de ses frères, surtout parmi les plus jeunes, l'apôtre de la régularité et de la ferveur. Son expérience des affaires, l'habitude de traiter avec les personnes du dehors, ses longs et importants travaux ne lui avaient rien fait perdre de sa simplicité, de son humilité, de sa promptitude d'obéissance. Nul événement, si fâcheux ou imprévu qu'il put être, n'altérait sa sérénité ; aux plus tristes nouvelles, il se contentait de répondre : « Fiat voluntas Dei ! La volonté de Dieu soit faite » ! Le F. Tompai mourut à l'âge de soixante-dix ans ; il en avait passé quarante-sept

Litterx ann. Provinc. Austr., ann. 1741, p. 146 {Archiv. Rom.}.

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