‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 181 sur 322 · XVII OCTOBRE. P. DANIEL KIRCHNER · texte numérisé non relu

XVII OCTOBRE. P. DANIEL KIRCHNER

habitants de Jutlenburg- et de Leoben, avec celui de sa très sainte

épouse et du divin Enfant Jésus. Le P. Eder mourut dans la

soixante-et-onziènie année de son âge et la cinquante-troisième depuis son entrée dans la Compagnie.

Summnr. vitse clefunctor. Provinc. Austr. {Archiv. Rom.). — P.\ti\ign.\ni, MenoL, 17 ottob., p. 129.

* Dans la nuit du dix-septième au dix-huitième jour d'octobre de l'an 1640, mourut à Briinn le P. Daniel Kirchner, Recteur du collège et du noviciat de cette ville, religieux véritablement insigne, dit riiistorien de la Province de Bohême, en qui s'unissaient les dons de la nature et de la grâce. Il occupa successivement les chaires de littérature, de philosophie et de théologie, et remplit les plus hautes charges de sa Province. La terrible guerre de Trente ans désolait alors la Bohème et toute l'Allemagne. Le P. Kirchner, dans ces tristes conjonctures, fit paraître, comme Recteur et Provincial, d'admirables vertus de prudence, de courage et de dévouement ; il fonda môme un nouveau collège, celui de Kremsier et la mission de Breslau.

11 n'avait garde aussi de négliger l'oeuvre de sa perfection. L'humilité semble avoir été sa vertu dominante. Il prenait occasion de tout pour s'abaisser ; il ne faisait nul fonds sur luimême et sur sa propre industrie ; depuis longtemps, disait-il quelquefois, il se serait perdu dans l'abîme de sa misère, s'il n'avait appris à se jeter dans l'océan de la divine miséricorde. Les plus belles vertus faisaient cortège à cette humilité : une cha-

rite ardente et magnanime envers ses frères, comme lorsqu'il reçut à Olmutz presque tous les Pères de Prague, chassés par l'invasion saxonne; une continuelle union de cœur avec Dieu; une dévotion toute filiale envers la très sainte Vierge, dont il s'était déclaré le fils et le serviteur dans un écrit signé de son sang ; enfin un amour également tendre et fort pour la Compagnie, à laquelle il était prêt à donner sa vie et dont il défendait les règles et la discipline avec une inébranlable constance : « Je ne voudrais pas, disait-il, de tous les trésors du monde pour venir en aide à nos collèges, s'il fallait enchaîner à ce prix la liberté du gouvernement religieux et dispenser de la seule règle du silence ». Le P. Kirchner mourut à l'âge de cinquante-sept ans, dont il avait passé quarante dans la Compagnie.

ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem., t. 4, lib. 3, n. 114, p. 687. — Pa- TRiGNANi, Menol., 18 oltob., p. 144. — Sommervogel, Biblioth., t. 4, p. 1079.

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