XVIII OCTOBRE
* Le dix-huitième jour d'octobre de l'an 1641, mourut à Tyrnau en Hongrie le P. Georges Forro, d'une noble famille de Transylvanie. II fut successivement professeur de philosophie et de théologie, missionnaire en Transylvanie, Instructeur des Pères de troisième probation, Recteur de plusieurs collèges et Provincial. Il était né pour le gouvernement, dit le P. Nadasi. Gardien attentif de la discipline religieuse, il savait, sans faiblesse et sans respect humain, rappeler au devoir ceux qui s'en étaient écartés ; mais il reprenait ou corrigeait les coupables avec une telle mesure et une telle expression de bonté, qu'au lieu de les aigrir il les gagnait pour jamais.
Dans l'oraison et au saint Sacrifice de la messe, le P. Forro était d'ordinaire comblé des plus douces consolations et versait des larmes abondantes. Il vit un jour, pendant les grâces qui se disent à la fin du repas, un novice faire le signe de la croix avec une précipitation peu respectueuse. 11 l'en reprit comme d'une chose dont il avait été péniblement affecté, pour lui donner à entendre que rien de ce qui se rapporte au service de Dieu n'est petit et ne doit être fait avec négligence. Il avait une dévotion très tendre à son ange gardien. Les auteurs de son éloge racontent qu'il s'en-
tretenait fréquemment avec lui dans ses voyages, et fut plus d'une fois favorisé de sa présence sensible et arraché par lui à des périls manifestes de mort. Le P. Forro s'endormit doucement dans le Seigneur à l'âge de soixante-dix ans, dont il avait passé cinquantetrois dans la Compagnie.
Nadasi, Ann. dier. mcmor., IS» octob., p. 2,31. — 1d., Pretiosœ occupationes..., c. 17, n. M, p. 149. — Kazy, Histor. iiniversit. Tyrtiav.^ part. .3" , lib. 2, p. 274. — Sotuellus, Biblioth., p. 288. — Stôger, Scriptor. Provinc. Austr., p. 84. — Sommervogel, Biblioth., t. 3, p. 893,
* Le dix-huitième jour d'octobre de l'an 1683, mourut dans la forteresse de Hrusso en Hongrie le P. Gaspar Szarka, appelé l'ange de la Province d'Autriche. Il était né dans le comté d'Eisenburg en Hongrie d'une noble famille qui avait fondé sur lui de brillantes espérances. Pour embrasser l'humilité et la pauvreté de Jésus-Christ dans la Compagnie, Gaspard Szarka dut s'enfuir en secret de la maison paternelle. yVprès avoir enseigné les belleslettres et les hautes sciences avec une grande réputation de doctrine, il fut nommé chancelier de l'université de Tyrnau ; il prêchait en même temps dans l'église cathédrale de la ville. Sa vue seule, dit l'auteur de sa notice, attirait et gagnait les Ames à Dieu; la modestie et la sainteté, dit-il encore, éclataient dans les traits de son visage. Le feu céleste dont il était embrasé et dont il aurait voulu répandre la flamme dans les missions des Indes ou celles de la Transylvanie, échauffait sa parole et lui donnait une puissance de persuasion extraordinaire.