XIX OCTOBRE
* Le dix-neuvième jour d'octobre de l'an 1607, mourut à Goblentz le F. Henri Duisdorf, Coadjuteur temporel, terminant par le martyre de la charité une vie de travail, de dévouement et d'abnégation. Le fléau de la peste qui ravageait les villes du Rhin s'étant déchaîné sur Goblentz, le bon religieux s'ofîrit le premier de tous, à l'âge de soixante ans, pour servir de compagnon au Père chargé du soii> spirituel des malades ; et lui-même selon son degré, tout en prodiguant aux malheureuses victimes de la contagion les secours matériels, n'oubliait point les intérêts de leurs âmes. 11 avait une grâce spéciale pour les consoler, les exciter au repentir de leurs^ fautes, et préparer leur réconciliation avec Dieu. La plus précieuse conquête du F. Duisdorf fut celle d'un anabaptiste, vieilkird endurci, qui avait résisté jusque là à toutes les sollicitations. 11 eut. le bonheur de le voir mourir dans le sein de l'Église romaine, et le suivit bientôt lui-même au tombeau. 11 avait passé vingt-quatre^ ans dans la Compagnie.
Litter. annuae Societ. Jesu, anno 1607, p. 714. — Alegambe, Heroes...,. p. 162. — Reiffenbebg, Histor. Provinc. R/ieni In/'erior., p. 429.
* Le dix-neuvième jour d'octobre de l'an 1812, mourut à Opotschka en Russie-Blanche le P. Joseph Powolny, hongrois, dont toute la vie ne fut cju'une lutte héroïque contre les puissances infernales. Jusqu'à l'âge de quarante ans, il avait exercé le saint ministère en Hongrie, en proie à d'étranges tentations qui ne lui laissaient pour ainsi dire aucun repos. Loin de se laisser abattre, il résolut de faire à Dieu un sacrifice plus complet de lui-même, et abandonnant toutes choses, se mit en route, à pied et presque sans viatique, pour Polotsk, où il fut admis au noviciat. La tempête intérieure qui s'était apaisée pendant quelque temps ne tarda pas à se déchaîner de nouveau ; mais par la miséricorde de Dieu, elle n'eut plus la même violence ; et le P. Powolny, portant vaillamment le poids de ces douloureuses épreuves, dont il ne dévoilait le secret qu'à ses supérieurs, se livra tout entier aux œuvres de sa vocation.
Il occupa tour à tour la chaire d'allemand au collège de Saint- Pétersbourg, puis à Polotsk celles de mathématiques, de philosophie et de droit canon. A l'époque de l'invasion de la Russie par les armées de Napoléon, il fut envoyé à Opotschka porter secours aux nombreux malades allemands et français qui encombraient les hôpitaux de la ville. Mais pendant qu'il se prodiguait à ces malheureux, les consolant dans leurs souffrances, les instruisant des vérités et des devoirs de la religion, trop oubliés dans les camps, les préparant à la mort, il fut frappé à son tour et en peu de temps réduit à l'extrémité. 11 plut alors à Notre-Seigneur de consoler pleinement son fidèle serviteur, de dissiper les orages qui l'avaient si