‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 183 sur 322 · XVIII OCTOBRE. P. GASPARD SZARKA · texte numérisé non relu

XVIII OCTOBRE. P. GASPARD SZARKA

Il ne montra pas de moins belles qualités dans le gouvernement de ses frères, comme Maître des novices à Trentschin , et comme Recteur et chancelier de l'université de Tyrnau. Sa première sollicitude était de maintenir dans son intégrité la discipline religieuse. Plutôt que de se prêter par faiblesse à la violation d'une seule règle, il était prêt, disait-il, à subir tous les aifronts et même la mutilation de ses membres. Un de ses biographes relève à sa louange la sollicitude avec laquelle il veillait sur les jeunes religieux qui venaient du noviciat dans les collèges, pour les aider à conserver leur première ferveur. L'un d'eux, son ancien novice, s'était plaint à lui d'avoir été l'objet d'une réprimande publique trop sévère, à son avis, et dont il ne pouvait se consoler : « Mon cher frère, lui répondit l'homme de Dieu: sachez bien ceci. Je vous le déclare, appuyé non certes sur mes propres forces, mais sur la grâce de Dieu j si en punition d'une très légère faute commise dans l'exercice de ma charge, j'étais renvoyé au noviciat, et pour le reste de mes jours appliqué aux plus bas offices de la cuisine, je partirais aujourd'hui môme par amour pour ma vocation et ma perfection ; et je subirais ma peine de grand cœur, sans souci des discours et des vains jugements des hommes ».

La vie du P. Szarka fut un martyre continuel ; aux souffrances de la pierre et d'autres cruelles infirmités, il ajoutait des mortifications volontaires très rigoureuses, le sommeil sur la dure, le cilice, les disciplines sanglantes. Dans la tempête soulevée contre l'empire par le comte Tékély, allié aux musulmans, le P. Szarka fut condamné à la déportation parmi les Turcs avec tous les jésuites de Tyrnau. Il était alors malade, et le Père gardien des religieux de saint François voulait le retenir dans son couvent. Mais

il préféra suivre la glorieuse fortune de ses frères persécutés à cause du nom de Jésus-Christ. Après un long et douloureux voyage, il fut enfermé dans la forteresse de Hrusso, et c'est là qu'il mourut d'épuisement et de misère à l'âge de quarante-huit ans, dont il avait passé trente dans la Compagnie.

Summar. vitx defunctor. Provinc. Austr. (Archù>. Rom.]. — K.vzy, ^tstor. universit. Tyrnaviens., part. 2^, lib. 2, p. 148 seqq. ; part. 3' , lib. 2, p. 287. — Stôger, Scriptor. Provinc. Austr., p. 346. — Sommervogel, Biblioth., t. 7, p. 1743.

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